Le juif, l'hébreu et la Torah, un enseignement pour l'humanité
Pourquoi la Torah d'Israël n'est pas une religion mais un projet moral confié à Abraham après l'échec de l'humanité.
Rav Rony Akrich
Ensuite : L'homme, l'arbre fruitier et la terre d'Israël, 18 min
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Aujourd'hui, je voudrais vous parler de, non pas du juif et de l'hébreu, bien que nous l'ayons fait en quelques minutes et que ça devrait prendre plus de temps. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de ce que beaucoup d'entre nous, d'une même manière, dans l'appellation, dans la relation que nous avons au terme, nous voyons bien souvent: « Je suis religieux ? Suis-je religieux ? D'où vient ce mot de religieux ? Est-ce que le mot date en hébreu ? »
… a pu vouloir dire un jour, un temps, religion, religion de cet homme Cicéron à l'époque romaine qui, dans le latin religio, voulait nous faire entendre la reconnaissance d'un créateur unique et du culte que nous devrions vouer à ce créateur unique. Mais ce n'est pas l'hébraïsme, et j'emploie à bon escient le mot hébraïsme pour ne pas employer le mot judaïsme, puisque dernièrement vous nous avez expliqué la différence entre le juif et l'hébreu. Et je dis que la religion, en tout cas celle d'Israël, n'est pas une religion. Elle n'a jamais été, elle n'est pas et elle ne le sera jamais. Parce que oui, nous reconnaissons le créateur unique de cette création. Mais est-ce que nous sommes là pour vouer un culte à l'Éternel ?
Est-ce là le projet divin engagé dès le premier livre des vingt-quatre livres du Tanakh, dans le Sefer Béréchit, le livre de la Genèse, ou bien est-ce qu'il y a un projet divin concernant sa création ? Et si je ne suis pas un homme de religion, parce que je ne suis pas un clerc, je suis un homme de Torah.
C'est-à-dire un homme de l'enseignement qui m'a été donné, offert et octroyé par l'Éternel concernant le projet qui est le sien. Quel est-il ? Dès le livre de Béréchit, Abraham l'Hébreu n'est toujours pas présent, mais l'humanité est présente: Adam, Ève, Caïn, Abel, Noé, avant lui Hanokh, Metouchélah, après lui Sem, Cham, Yéfet.
La tour de Babel, nous l'avons vue, nous la voyons: c'est l'échec de l'humanité. Il y a eu échec de l'humanité dans le projet que l'Éternel attendait de cette humanité, c'est-à-dire la révélation, la réalisation de l'identité morale, de la manière d'être homme. Oui, de l'identité, du projet identitaire, pouvant se révéler à travers l'appréciation de la morale, de la manière d'être homme.
Et c'est là, dans cet échec de l'humanité, qu'Abraham lève le doigt et dit: « Moi, je serai l'homme de la Torah, l'homme de l'enseignement, l'homme de cet enseignement du projet divin, je relève le défi. » Et c'est la raison pour laquelle le texte législatif ne commence pas dans le livre de Béréchit. Il commence dans le livre de Chemot.
Comment est-ce qu'on l'appelle dans cette langue étrangère qu'est le français ? On appelle ça l'Exode. L'Exode. Dans la paracha de Bo, Rachi dira: 26 générations ont précédé le don de la Torah. Qu'est-ce qui a précédé 26 générations le don de la Torah ? Oui, l'identité morale.
Lorsque l'on vient me parler dans le livre de Béréchit de Caïn, d'Abel, de Noé, de ses enfants, d'Abraham, Sarah, Yitzhak, Rivka, Jacob, Rachel et Léa, les personnages ici sont importants, parce que ces personnages — et non pas l'événementiel des personnages, mais les personnages eux-mêmes — sont importants parce qu'ils sont capables de m'apporter, à travers leur comportement, à travers leur manière d'être,
la preuve ineffable qu'il fallait être capable de faire entendre cette identité morale comme contenant d'une histoire où l'Éternel révélerait sa Torah comme contenu de cette histoire-là.
Oui, il n'y a pas de loi dans Béréchit. Les lois commencent lorsque cela concerne le peuple. Alors, vous voyez, ne soyons pas de ces appartenants d'un clergé quelconque. Nous ne sommes pas des hommes de religion, que Dieu nous préserve. Nous sommes des hommes de Torah.
À l'écoute de ta demande éternelle, pour toujours et à jamais: nous essayons de réaliser, à travers le peuple, la terre et la Torah d'Israël, cette identité morale à laquelle tu aspires, grâce à Israël, pour toute ton humanité. Toda Rabba !
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