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L'homme, l'arbre fruitier et la terre d'Israël

Tou BiChevat : le fruit comme réparation de la faute d'Adam et signe du retour.

18 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Pourquoi certains anciens d'Israël veulent-ils ressembler aux nations, 7 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, nous sommes heureux de vous retrouver sur la chaîne de Meilleur TV. Chaque semaine, nous sommes prêts à vous rencontrer et à nous rencontrer, le Rav Yoël Benaroche et moi-même, René Acriche, pour une série de leçons qui aujourd'hui nous entrouvriront les questions qui touchent à la notion du fruit, de l'arbre et de son rapport intrinsèque avec la terre d'Israël. L'homme et la terre sera donc notre sujet.

Je suis heureux de te recevoir, et ensemble nous allons essayer d'entendre véritablement quel est le sens que nous pouvons donner, autant toi que moi, à ce que le Rav appelle l'implantation de l'arbre fruitier sur la Terre Sainte, et quelque chose qui permettra la floraison de l'espoir des générations à venir. Qu'est-ce à dire pour toi ?

Rav Yoël Benaroche: Tu sais très bien, mon cher ami Roni, que la première des actions d'Akadosh Baroukh Hou dans ce monde, dès le début de sa création, c'est de s'être occupé lui-même de planter un verger. Ça veut dire que si nous voulons imiter, autant que nous puissions le faire, l'action divine, il faut d'abord commencer à implanter, ou à nous implanter, à l'endroit qui est naturel au peuple d'Israël pour la révélation des valeurs divines dans ce monde, c'est-à-dire la terre d'Israël.

C'est intéressant, parce que dans l'implant, il y a cette racine de plant. En fin de compte, c'est cette graine que nous allons mettre. Et nous ne parlons pas de n'importe quelle graine, mais en général de graine de l'arbre fruitier: pas de l'arbre simplement capable de donner sa branche, son bourgeon et sa feuille, mais de l'arbre capable de fructifier, c'est-à-dire d'apporter quelque chose de comestible.

Ce qui est intéressant, c'est que ce fruit est, comme la plupart des fruits, composé de ce noyau où nous retrouvons des terres en agronomie qui sont significatives, l'ovaire, l'ovule, qui sont, à travers ce pistil, capables d'être fécondés pour pouvoir générer et engendrer. Il y a donc, dans la phrase du Rav ici présentée, quelque chose qui va au-delà, à savoir que ce geste de mettre en place un plant et de s'implanter est porteur d'un message très fort.

Mais avant cela, il s'agit tout simplement de revenir au jardin duquel nous avons été renvoyés. L'Éternel a renvoyé le premier homme du jardin d'Éden. Notre retour en tant que peuple sur notre terre d'Israël, c'est tout simplement revenir au jardin. Ça veut dire que nous sommes en train de réaliser la réparation du monde, la réparation de la faute du premier homme, pour laquelle le monde est descendu de son niveau premier.

C'est-à-dire que le premier homme a fauté par une consommation qui n'était pas adéquate aux valeurs divines. Et aujourd'hui, on nous demande, le soir de Tou Bichvat, de consommer un fruit; en réalité, par cette consommation du fruit, nous réparons la faute du premier homme. Or, la faute du premier homme a fait venir la mort dans ce monde. Ça veut dire que si nous savons consommer ce fruit d'une manière normale, nous devrions revenir à l'état de vie éternelle, c'est-à-dire à la retrouvaille avec l'éternité dans ce monde.

Alors, permets-moi de dire quelque chose qui va certainement t'intéresser, parce que nous l'avons enseigné ensemble: lorsque nous parlons de Rocha Chanal et Ilanot, et que nous puissions dire à l'arbre, en quelque sorte, Chanatova, il est question de chinouï, en fin de compte. Un chinouï généré non pas par l'arbre lui-même, mais par l'intervention foncière de l'homme dans l'histoire de la nature. Cela nous ramène à un aspect un peu écologique de l'événement, mais la Torah ne l'est pas; moi, tu seras d'accord avec moi, que cette pensée écologique, c'est-à-dire le respect de la nature créée, mais donc l'homme est ici celui qui est à même de provoquer cette régénération, ce renouveau-là.

Alors, quand les enfants d'Israël reviennent aujourd'hui, et bien sûr toutes les lois concernant les fruits, que ce soit orla ou que ce soit netta révaï, ou que ce soient les fruits que nous avions à Jérusalem, et la chmita dans laquelle nous sommes cette année, cela concerne essentiellement la terre d'Erets Israël. Ça aussi, il faut le rappeler, dans une période où Tou Bichvat est omniprésent parmi nous. D'une manière profonde, effectivement, ça concerne les fruits. Mais je voudrais aller un tout petit peu plus loin.

Les fruits ne sont pas des fruits au niveau seulement du monde végétal: ce sont les enfants d'Israël eux-mêmes. C'est-à-dire que les fruits que nous consommons sont tout simplement une manière d'intégrer, car manger, c'est intégrer, et qu'en réalité nous sommes dans une phase nouvelle du monde. Ça veut dire que les fruits, comme disait le Rav Kook, ce sont en réalité les lettres que nous avions l'habitude d'étudier dans des textes, les lettres de la Torah, qui sont sorties des livres pour s'habiller dans les arbres et dans la terre d'Israël.

Ça, c'est un renouveau. Ce n'est pas quelque chose qui vient juste nous dire que nous sommes passés d'un territoire à un nouveau territoire. Nous avons quitté l'exil pour venir sur la terre d'Israël. Il y a ici une élévation. Ce n'est pas par hasard que ce mouvement de retour sur la terre d'Israël s'appelle Alyah, c'est-à-dire une montée. On monte d'un degré et on arrive à voir et à entrevoir l'unicité de Dieu dans tous les éléments de ce monde, pas seulement au niveau intellectuel, tel que nous l'avions l'habitude de le faire pendant 2000 ans.

René Acriche: C'est-à-dire, si je te comprends bien, nous pouvons rapprocher ce que tu viens de dire de quelque chose qui nous a été enseigné dans le Talmud, où, lorsque ces deux Amoraïm s'interrogent, ou plutôt l'un interroge l'autre, sur le moment important auquel pourra survenir le Machiah, c'est-à-dire le Sauveur d'Israël, la réponse du second est une citation du livre de Yehezkel, au chapitre 36, et tout cela ramené dans le Sanhédrin, le traité de Sanhédrin, page 98 recto, où il est dit là-bas:

— « Vous, montagnes d'Israël, donnez vos branches, portez vos fruits, car mon peuple d'Israël est proche de revenir. »

Il y a peut-être là aussi, bien sûr, à prendre les choses au premier degré, dans la réalité de la fructification de la terre, comme signe évident du retour, comme le dit Rachi, mais il y a peut-être aussi cette métaphore dont tu parlais à l'instant, où ce retour est, en fin de compte, la sève que nous retrouvons à l'intérieur de l'arbre, et qui elle aussi n'est capable de générer le bourgeonnement, le feuillage et le fruit par la suite que parce que la sève s'insère de plus en plus au sein de ce tronc qu'elle accueille. Et en cela, dans cette conjugalité-là, il y a la possibilité de voir l'arbre donner le fruit. C'est une métaphore que l'on peut considérer de cette manière également.

— Bien sûr, mon ami, puisque la conclusion de cette Guemara, de ce Talmud, c'est qu'il n'y a pas de fin des temps aussi claire que celle qui est, en réalité, le fait que la terre d'Israël donne ses fruits avec un bon œil. Je …

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