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La prière, une relation vivante entre l'homme et D.ieu

Pourquoi D.ieu n'a pas besoin de nous, mais a voulu avoir besoin de nous, et ce que la tefila y change.

17 min

Rav David Partouche

Ensuite : La prière, un lien qui relie l'homme à Hachem, 19 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Nous allons continuer notre étude sur la prière, sur la téfila. Mais avant tout, il va falloir expliquer plusieurs notions de base qui vont nous permettre d'approfondir ce sujet. Nous savons que certaines personnes pensent, lorsqu'on parle de la émouna, de la croyance en Akadosh Baruch Hou, que toute cette croyance se résume ainsi: moi, je suis là, ici, un homme sur cette terre, sur le globe terrestre, et je pense qu'il y a une créature, je ne sais pas où elle se trouve, ou peut-être que

je n'ai pas le droit de dire que c'est une créature, en tout cas un être divin, qui est là, qui dirige le monde, qui me nourrit, qui me fait vivre, qui me fait naître, mourir, etc. Et qui s'occupe de moi, et qui me punit s'il faut me punir, qui dirige le monde entier. Ça s'appelle Dieu. Ce Dieu, je dois le respecter, je dois assouvir ses besoins, respecter ses commandements, il veut mon bien, etc. Et je dois, pour pouvoir recevoir ce même bien, le servir. Or, on

voit que la émouna est plus difficile, plus compliquée que ce qu'on pense.

La émouna est quelque chose qu'il faut d'abord étudier, quelque chose qu'il faut approfondir. Mais un point est essentiel. Lorsqu'on parle de émouna, ce mot intraduisible en français pour l'instant, il ne veut pas dire « moi, je me tourne vers Akadosh Baruch Hou ». Le mot émouna désigne la relation, le yachas, ce qui existe entre moi et lui. Entre moi et cet être qui me dépasse, cet être divin, cet être infini. L'infini qui est en moi est en rapport, en relation sans arrêt avec moi. Et cette

relation n'a pas commencé de moi, c'est de lui qu'elle a commencé. Depuis quel moment cette relation existe-t-elle ? Tout simplement depuis le moment où je suis venu sur cette terre. À partir du moment où je suis né, je suis conscient de cette relation avec quelque chose, une volonté toute particulière qui me veut. On me veut. Pourquoi ? Parce que si on ne me voulait pas, je ne serais pas ici. Je ressens au fond de moi une volonté qui se traduit par ma volonté de vivre, par

ma volonté de survivre, par des actions qui me permettent de vivre. En tout cas, cette volonté qui est en moi et qui dit on me veut, je ne me la suis pas donnée à moi-même.

Je ne me suis pas fait moi-même, comme le pensait Pharaon en Égypte. Je ne me suis pas fait Dieu. Ce n'est pas moi qui ai fait le monde, ce n'est pas moi qui me suis construit. Dans la Torah, la première chose, lorsqu'on se lève le matin, on dit Modeh ani, on vient de se réveiller, et on reconnaît que la vie nous a été donnée. Par qui, pourquoi, etc. ? Ce sont des choses qu'il faut découvrir durant toute notre vie. Mais le premier axiome de base est de savoir que l'on me veut.

Qui me veut, comme on l'a dit, c'est une étude. Cherchez. Qu'est-ce que veut celui qui me veut ? Ça aussi, c'est une étude qu'il faut chercher, qu'il faut découvrir. Le monde s'est divisé en plusieurs créatures. Lorsque ce on me veut me désire, il faut savoir qu'il me désire, qu'il me donne la vie, et que dans cette vie elle-même est inscrit

ce qu'il veut. Qu'est-ce que veut cet être qui me désire ? Qu'est-ce qu'il veut de ma vie ? C'est inscrit à l'intérieur de nous. Or, on sait très bien que l'homme est totalement inconscient de sa mission sur terre. L'homme a totalement oublié ce que l'être qui me désire désire en moi. Contrairement aux animaux, contrairement aux minéraux, qui réalisent cette volonté de façon la plus naturelle, l'homme doit analyser cette volonté et la réaliser. De quelle façon puis-je me rattacher à cette véritable vie ? Nous l'avons expliqué plusieurs fois: c'est grâce à la téfila. Grâce à la téfila, je fais sortir du potentiel, je fais sortir de ce sommeil qui est en moi, ma vie, et je la réalise pleinement, dans tous les domaines, dans toute sa puissance.

Une personne peut se poser la question: où dois-je me tourner lorsque je me tourne vers cette source-là, ce divin, cette source divine ? C'est très simple. Ce n'est pas nous qui nous tournons vers lui, nous qui posons nos questions vers lui, nous qui levons la tête et disons « Où es-tu, Hachem ? » Ce sera un mouvement inverse. Le mouvement du haut vers le bas, et non du bas vers le haut. C'est là le principe de la téfila.

Le principe de la téfila est d'être capable de ramener le divin qui est Sham. Sham veut dire « là-bas ». Quand c'est « là-bas » au pluriel, cela se dit Chamaïm, traduit en français par « les cieux ». Lorsqu'on pense en hébreu, on comprend la véritable signification du mot Sham: l'au-delà, ce qui n'est pas ici, ce qui est là-bas, au-delà d'ici. L'être, le divin qui est au-delà, qui n'est pas ici, le but est de le ramener dans un monde fini, dans un monde sur cette terre, dans cet endroit qui est humain, qui est une créature bien définie. La possibilité de ramener le divin sur cette terre a été donnée à l'homme, au moyen qui s'appelle la téfila. Comment puis-je, moi, ramener le divin sur cette terre ? Et qui suis-je pour cela ?

La réponse de nos sages est très claire. On s'est posé la question: est-ce que Akadosh Baruch Hou, est-ce que Dieu a besoin de nous ? Akadosh Baruch Hou est l'être le plus parfait, l'infini. Aurait-il besoin de nous ? Les philosophes ont décidé de dire qu'Akadosh Baruch Hou est l'absolu, qu'il est le divin, qu'il est Dieu, l'être suprême, et qu'il n'a aucunement besoin de nous. À partir du moment où il n'a aucunement besoin de nous, il ne s'intéresse ni à tes mitsvot, ni au commandement que tu

réalises, ni à ta volonté; il n'a pas de volonté envers toi. Il n'écoute pas tes prières, il ne sert à rien de prier. De toute façon, même si tu pries et essayes de l'influencer, il est influent, tu ne peux pas l'influencer. Par conséquent, Akadosh Baruch Hou existe, mais indépendamment de toi, il n'a pas besoin de toi. À quoi cela ressemble ? À une lumière claire qui éclaire la pièce, et qui ne pense pas à éclairer, ni à ce qu'elle est en train de t'éclairer, ni aux

parties qu'elle éclaire. Elle éclaire, et de cette lumière émane une lumière. Ainsi, l'être divin émane de lui une vérité, une lumière, un absolu, et il ne s'intéresse pas du tout aux créatures qui en sont émanées, aux créatures qui ont été réalisées à partir de lui. Ça, c'est la position des philosophes: Hachem, Dieu, n'a aucunement besoin de l'être humain.

À l'opposé, à l'extrême, on trouve les idolâtres, le paganisme, l'idolâtrie. Ces mêmes personnes ont affirmé que les dieux ont besoin de nous. Il faut assouvir leur désir, apaiser la colère des dieux, …

Cours de Machon Meir

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