La prière, service du cœur après l'étude
Le Talmud distingue servir Dieu par l'intellect et par le cœur ; la prière forme le cœur, après l'étude qui forme l'esprit.
Rav David Partouche
Ensuite : La tefila : changer sa volonté, non celle de Hachem, 18 min
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Shalom à tous. Aujourd'hui nous allons parler de la tefila, de la prière, Avodah Shebalev, le service divin par l'intermédiaire de notre cœur. En effet, lorsqu'on récite le Chema, la Torah nous demande d'aimer Hachem, de l'aimer, Kadosh Baroukh Hou, et de le servir de tout notre cœur. Les Hakhamim nous disent que servir Kadosh Baroukh Hou, c'est Avodah, ce qui veut dire faire le culte, servir Hachem, servir Dieu.
Mais il y a deux façons de servir Kadosh Baroukh Hou: le servir avec son sekhel, c'est-à-dire son intellect, ou le servir avec son cœur. La Guémara pose la question suivante: servir Kadosh Baroukh Hou avec son sekhel, je comprends. Mais servir Kadosh Baroukh Hou avec son cœur, qu'est-ce que c'est ? Réponse de la Guémara, réponse du Talmud: servir Hachem avec son cœur, c'est la prière. La Tefila, la prière, c'est Avodah Shebalev, le service divin avec son cœur.
Qu'est-ce que cela veut dire, servir Kadosh Baroukh Hou avec son cœur ? D'abord, on peut comprendre cela une fois qu'on aura compris ce que veut dire servir Kadosh Baroukh Hou avec son intellect. Pourquoi ? Parce qu'il est plus facile de comprendre ce que signifie servir Kadosh Baroukh Hou avec son intellect, pour la seule et bonne raison que, lorsqu'on rencontre la Torah, la première chose, c'est le limoud, l'étude de la Torah. On va ouvrir un livre, on va commencer à étudier, à essayer de comprendre, on va lire, on va traduire, on va se poser des questions. On va rencontrer la Torah grâce à notre intellect, et on va en sortir avec beaucoup de compréhension. Servir Kadosh Baroukh Hou avec notre intellect, c'est étudier la Torah.
Mais en étudiant la Torah, il va se passer quelque chose d'exceptionnel. Non seulement je sers Hachem parce que j'étudie sa Torah et qu'il nous a ordonné d'étudier sa Torah, mais plus j'étudie la Torah, plus je forme mon esprit à la Torah de Kadosh Baroukh Hou.
Lorsqu'on parle de l'étude de la Torah, on met en avant, par exemple, l'étude du Talmud, l'étude de la Guémara. Certaines personnes disent: « Attends, la Guémara, c'est ardu, c'est difficile... » On se pose des questions: pourquoi ceux qui ont écrit la Guémara, Ravina et Rav Ashi, ont-ils compilé ce qu'on a appelé la Guémara ? Ce ne sont pas eux les auteurs de tout ce qui est écrit dans la Guémara. Eux ont rassemblé et compilé la Torah orale dans ce qu'on appelle le Talmud. Nous savons qu'ils ont écrit de façon compliquée, entre guillemets. Qu'est-ce que cela veut dire, de façon compliquée ? Ils n'ont pas écrit un livre de lois où l'on nous explique très clairement ce qu'il faut faire lorsqu'on se lève le matin, ou ce qu'il faut faire dans telle ou telle situation. Ce sera fait mille ans plus tard, avec le Choulhan Arou'h.
Qu'est-ce que le Choulhan Arou'h ? La traduction du mot, c'est une table dressée. Pourquoi est-elle dressée ? Parce qu'elle est prête: tu peux venir t'installer, manger et te nourrir. Pourquoi ? Parce que tout est sur cette table. Que veut dire « tout est sur cette table » ? On t'a tout préparé. En d'autres termes, on t'a facilité le travail. Tu n'as pas besoin de plonger dans l'océan talmudique pour en tirer toutes les halakhot, toutes les lois, toutes les marches à suivre, afin de savoir quoi faire et quoi ne pas faire. Tout est déjà prêt. Tu n'as qu'à ouvrir le livre et lire, et tu as la conclusion de la halakha, de la loi, de la manière dont tu dois te comporter.
Par contre, lorsque tu te trouves avant le Choulhan Arou'h, lorsque tu pénètres le monde du Talmud, tu vois des discussions à droite et à gauche. Parfois, tu as l'impression qu'on sort du sujet. Parfois, on pose une question, puis une réponse, une réponse par rapport à la question qui était posée avant, et tu vois un monde compliqué.
Comment se fait-il que la Guémara, le Talmud, ait été écrit d'une façon si compliquée ? Réponse des Hakhamim: lorsque tu étudies la Guémara, tu n'étudies pas seulement le Talmud, le Talmud te forme, toi. Qu'est-ce que cela veut dire ? Ce n'est pas seulement toi qui viens découvrir le monde de la Torah, qui viens servir Kadosh Baroukh Hou en étudiant la Torah. Là, Kadosh Baroukh Hou, grâce à l'étude de la Torah, va permettre de changer ton intellect. Il va permettre de transformer ton cerveau en cerveau de Torah.
Comment cela se fait-il ? C'est très simple. Nous savons que, pour devenir mathématicien, il ne suffit pas de connaître tous les théorèmes, toutes les lois, tous les principes, toutes les formules. Pour devenir un grand mathématicien, il faut affronter les problèmes. Résoudre un problème permet à l'homme de forger son esprit, de façon à acquérir un esprit mathématique. Lorsqu'une personne aura résolu de plus en plus de problèmes, elle aura aiguisé son esprit mathématique. Il en est de même pour la Torah. Plus une personne étudiera la Torah, se cassera la tête dans la Torah, ne se contentera pas de recevoir les choses faciles, comme on l'a dit avec le Choulhan Arou'h, mais approfondira, se posera des questions, cherchera des réponses à droite et à gauche, plus elle formera petit à petit son esprit de Torah.
En résumé, on étudie la Torah, et, en même temps qu'on l'étudie, on transforme, on change, on crée un cerveau de Torah. Il en est de même pour la Tefila. Nous avons dit que la Tefila, c'est Avodah Shebalev, le service du cœur. On sert Kadosh Baroukh Hou avec notre cœur, c'est la prière, la Tefila. Mais en même temps que nous nous tournons avec notre cœur vers Kadosh Baroukh Hou, que nous prions Kadosh Baroukh Hou, de la même façon que dans le limoud de la Torah, où Hachem forge notre cerveau pour que nous ayons un cerveau de Torah, lorsqu'on prie, on forge un cœur de Torah.
C'est là la nouveauté de la tefila au sein du peuple d'Israël. La tefila dans le peuple d'Israël, il faut le voir: c'est vrai, c'est servir Hachem, mais grâce à la tefila, l'homme change. L'homme change ses sensations.
Pourquoi doit-on faire cela ? Pourquoi Kadosh Baroukh Hou décide-t-Il de changer notre cœur ? Parce que Kadosh Baroukh Hou ne veut pas seulement qu'on connaisse Ses idées, qu'on connaisse les volontés divines, mais Il veut qu'on puisse vivre les volontés divines. Vivre les volontés divines, c'est grâce à la tefila. La tefila est un moyen, un cadeau de Kadosh Baroukh Hou, qui nous permet, lorsque nous prions, non pas dans le but de « je veux ça, donne-moi ça, je veux la santé, je veux l'argent, je veux la paix », mais avant tout pour changer, m'élever, changer mes sensations, changer mon cœur, changer mes émotions, changer toute la partie émotionnelle de mon être.
La Torah, l'étude de la Torah, va me permettre de connaître les idéaux, de réfléchir comme la Torah veut que je réfléchisse. La tefila va me permettre de vivre et d'intérioriser les idéaux que j'ai rencontrés dans mon étude. À tel …
Cours de Machon Meir
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