La prière de Hanna : élever sa volonté jusqu'à celle de D.ieu
Comment Hanna prie à Shiloh, et pourquoi la prière consiste à aligner sa volonté sur celle du Créateur.
Rav David Partouche
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Nous continuons notre série au sujet de la tefila, de la prière. Nous voulons comprendre quelle est l'essence de la prière, de quelle façon faut-il prier. Pour pouvoir approfondir et continuer notre étude, nous allons donner l'exemple de Hanna. La tefila de Hanna, la tefila de la prophétesse Hanna, nous donne un exemple de ce qu'est la tefila et de la manière dont elle se déroule.
Nous savons qu'au début du livre de Chmouel, de Samuel, au premier chapitre, on nous raconte les difficultés que Hanna avait rencontrées lors de son mariage avec Elkana. La Bible, le Tanakh, nous raconte la chose suivante. Nous allons lire ici le livre de Chmouel au chapitre 1: « Il était une fois un homme qui s'appelait Elkana. Elkana, nous dirons les Rahamim, était d'une famille de Lévi. Il appartenait à l'aristocratie d'Israël, il était un prince d'Israël. »
Et nous voyons qu'il avait une femme qui s'appelait Hanna et une autre femme qui s'appelait Penina. La première femme, c'était Hanna. Il s'était marié avec elle et, n'ayant pas eu d'enfant, elle lui avait proposé, en souvenir de ce que Abraham, lorsqu'il avait épousé Sarah, n'avait pas eu d'enfant, de la même façon qu'Abraham avait épousé une autre femme, Agar, pour pouvoir avoir une descendance. Alors Hanna a demandé à Elkana de se marier avec une autre femme pour pouvoir lui aussi avoir une descendance. Et c'est ce qu'il a fait. Il a écouté et il a décidé de se marier avec Penina.
Avec Penina, il eut des enfants. Mais le texte nous dit: Oulé Hanna en yeladim, mais à Hanna, il n'y avait pas d'enfants. Vela ish, ala ish oumiro miyami miyami. Et cet homme montait chaque fois qu'une fête se présentait, Pessah, Chavouot ou Souccot, ils montaient au Mishkan à Chilo. On n'avait pas de temple, on n'avait pas de Mishkan ailleurs que dans la ville de Chilo. La ville de Chilo était là-bas. Héli, le Cohen, le prêtre, s'occupait d'une espèce de tabernacle qui n'était pas encore fixe, puisque ce n'est que bien plus tard que nous allons nous installer à Jérusalem pour y construire le Temple, à l'endroit où Yitzhak a été porté en Akéda auprès de son père Abraham.
Là-bas, à Chilo, se concentraient tous les Juifs d'Israël lors des fêtes de pèlerinage, c'est-à-dire à Pessah, à Chavouot et à Souccot. Elkana, lui aussi, et sa famille, avec Hanna et avec les enfants de Penina, montaient pour faire le sacrifice de la fête à Pessah, à Chavouot et à Souccot. Or, lorsqu'ils montaient, le scénario se répétait: Hanna pleurait. Pourquoi ? Parce qu'elle ne recevait qu'une part de Corban, parce qu'elle n'avait pas d'enfant. Et elle se rappelait le fait qu'Elkana était son mari et qu'avec elle, ils n'avaient pas de descendance. Vient Penina, et par contre, elle, lorsqu'elle reçoit d'Elkana son mari, elle reçoit beaucoup de parts de sacrifice. Pourquoi ?
Parce que pour Hachem, elle a des enfants. Elle a réussi, elle a eu le mérite d'avoir des enfants avec son mari Elkana. La Guemara nous dit qu'à chaque fois qu'Elkana lui présentait les plats, Hanna était triste, vraiment très triste, à tel point qu'elle n'arrivait même pas à manger.
Un beau jour, Elkana s'est présenté devant elle et lui dit, écoutez bien. On est au premier chapitre de Chmouel, au verset 8. Elkana, son mari, lui dit: « Pourquoi tu pleures ? Pourquoi tu ne manges pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? » Regardez la suite du verset: « Ne suis-je pas mieux pour toi que dix enfants ? » Pas que les dix enfants de Penina: que dix enfants. « Ne suis-je pas mieux pour toi que dix enfants ? »
Il voit sa femme triste, parce qu'elle n'a pas de descendance, parce qu'elle n'a pas enfanté. Et il vient, par un mot, et lui dit: « Hanna, ne suis-je pas mieux pour toi que dix enfants ? » Alors on ne peut que s'étonner. Comment un mari peut-il dire une chose comme ça à sa femme ? En tout cas, il est clair que, après avoir dit cette phrase, quelque chose se passe.
Hanna se dresse après avoir entendu ces paroles, cette phrase, qui paraît assez étonnante de la part de son mari Elkana. Après avoir entendu cette phrase, « ne suis-je pas mieux pour toi que dix enfants ? », elle se dresse, Hanna va aller prier. Rachi nous ajoute que c'est la première fois que Hanna va prier, alors qu'on a fait plusieurs tentatives.
Le Midrash nous raconte plein de tentatives, comme par exemple la tentative de Penina pour entraîner Hanna à pleurer et à souffrir à tel point qu'elle désire prier. Penina disait à Hanna, à chaque rentrée des classes: « Qu'as-tu préparé pour tes enfants ? Quel cartable as-tu acheté à tes enfants ? » Et puis, de façon étonnée, elle faisait: « Ah, j'ai complètement oublié, toi tu n'as pas d'enfant. » Elle la faisait souffrir dans le but de l'entraîner à prier: « Demande au Saint, béni soit-Il, beaucoup d'enfants. Demande-Lui qu'Il te donne des enfants. Prie. »
Mais Elkana n'a jamais prié. Peut-être pensait-elle que si elle méritait d'avoir des enfants, Elkana ne pouvait pas lui en donner sans qu'elle ait besoin de prier. Or, son mari a réussi à la faire prier. Pourquoi ? Parce qu'il a dit une seule phrase: « Ne suis-je pas mieux pour toi que dix enfants ? » On s'étonne: comment Elkana peut-il parler d'une phrase comme ça ? Est-ce qu'Elkana pense à lui, pense à l'importance de sa personne ? Est-il gaavan ?
Le Midrash ne nous dit pas du tout cela. Il faut faire attention de qui nous parlons. Elkana, c'était un grand tsadik. Oui, mais il y a des tsadikim, malheureusement. Non, il n'y a pas de tsadikim, malheureusement: un tsadik, c'est un tsadik, et tout ce qu'il fait, c'est selon la justice, tsedek, c'est selon la justice. Alors, quelle est la particularité d'Elkana ? Quelle est sa personnalité ?
Le Yalkout Chimeoni nous raconte la chose suivante. Elkana partait avec toute sa famille. Il arrivait dans une ville, en chemin vers Chilo. Et depuis très longtemps, les hommes d'Israël ne vont plus à Chilo. Pourquoi ? Parce que là-bas, c'est la corruption. Lorsqu'ils arrivent là-bas, les fils d'Héli le Cohen, Hophni et Pinhas, volent le peuple, trompent le peuple. Alors le peuple ne veut plus retourner vers le Mishkan. Plus personne ne veut aller chercher la présence du Saint, béni soit-Il, à Chilo. Ils restent chez eux, parce qu'ils ne veulent pas se faire prendre par les gens qui dirigent là-bas, au Mishkan, au temple.
Mais Elkana a un but: réveiller le peuple d'Israël, pour pouvoir lui montrer l'importance de retourner à Chilo et de faire les sacrifices pour s'approcher du Saint, béni soit-Il, indépendamment des gens qui y habitent. Elkana arrive dans une ville, et le Midrash nous raconte qu'au lieu de descendre dans le plus bel hôtel de la ville, alors qu'il en avait les moyens, il dort en pleine place, dans la ville. Et toutes les …
Cours de Machon Meir
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