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La prière, un lien qui relie l'homme à Hachem

Pourquoi prier alors que Hachem est absolu, et comment la tefila relie notre volonté à la sienne.

19 min

Rav David Partouche

Ensuite : La tefila, combler le manque de présence divine, 18 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous, nous continuons l'étude sur la tefila, sur la compréhension de ce qu'est la prière. Nous allons rappeler plusieurs difficultés, ou plusieurs questions, que les personnes ont l'habitude de poser lorsqu'il s'agit de comprendre la tefila. Qu'est-ce que veut dire prier ? On a souvent, malheureusement, tendance à parler surtout de comment prier et de ce qu'il faut dire dans la prière. Mais on n'a pas assez d'interrogation et d'approfondissement sur la question: qu'est-ce que ça veut dire prier ? De quelle façon dois-je me présenter au moment de ma prière ? C'est ce que nous traitons dans nos sujets.

La première question que nous allons poser, et qui naît d'une incompréhension de la prière, est la suivante. Certaines personnes diront, de façon tout à fait respectable: vers qui dois-je me diriger lorsque je prie ? Lorsqu'on me dit de me tourner dans une certaine direction, à l'est, à l'ouest, etc., on m'oblige à me focaliser sur un endroit. Alors que lorsque je veux prier vers Hachem, on sait que Hachem est partout, Il remplit le monde entier. Alors pourquoi devrais-je me diriger plus vers cet endroit que vers un autre ?

D'autres questions diront: si Hachem veut me donner la part d'Assa, c'est-à-dire le salaire que je mérite, pourquoi dois-je le Lui demander ? Il sait que je mérite cette parnassa, que je mérite ce salaire, et Il devrait me le donner sans que j'aie besoin de Le Lui demander.

Une autre question: lorsque nos sages parlent de la tefila, ils parlent du service du cœur, de l'élan du cœur, de ce qui vient de mon cœur. Alors comment se fait-il que nos sages nous aient donné une formulation de la tefila, des mots précis, des bénédictions précises, des sujets précis sur lesquels je dois réciter ma tefila, ma prière ? Si l'on parle de l'élan du cœur, comment se fait-il que ce ne soit pas plutôt une tefila personnelle, une prière personnelle, et uniquement une prière personnelle ?

Une autre question qu'on peut avoir: pourquoi doit-on répéter la tefila trois fois par jour ? On répète la même tefila, la même prière, trois fois par jour. Une fois pourrait suffire, une fois par jour. Mais pourquoi, dans cette même journée, la répéter trois fois ? Quelle est l'utilité ?

Mais toutes ces questions ne sont rien à côté de la plus grande question, celle qui faisait la difficulté des Raghav, des grands philosophes. C'est à cause d'elle qu'on a dit que prier n'était pas une chose à faire. Quelle est leur difficulté ? Ils ont dit la chose suivante: Dieu est absolu, et nous sommes incapables. Il ne vient pas une seule seconde à l'esprit de pouvoir se présenter devant Lui dans le but de changer Sa volonté. Hachem est absolu, infini et inchangeable. Donc toute tefila est obsolète. Toute tefila, toute prière dans le but de changer Sa volonté, n'a pas sa place, parce qu'Il est infini, Il est vérité pure, etc.

À cette question, les Hakhamim ont énormément pris sur eux d'expliquer au peuple d'Israël et au monde tout entier ce que veut dire la tefila, ce que nous faisons lorsque nous faisons la tefila. Pour pouvoir comprendre, nous allons commencer par une histoire qui concerne le Rabbi Lévi-Yitzchak de Berditchev.

Le Rabbi Lévi-Yitzchak de Berditchev est un rav très connu pour tous ses sipourim, toutes ses histoires, qui montrent l'amour de ce rav pour le peuple d'Israël. Et de là, on peut comprendre l'amour entre nous, le peuple d'Israël, et HaKadosh Baroukh Hou, Hachem, Dieu.

Quelle est l'histoire ? Il était une fois le Rabbi Lévi-Yitzchak, le chef, qui se balade avec ses élèves. Qu'est-ce que ça veut dire, il se balade ? Il voyage d'un endroit à l'autre, d'une ville à l'autre. Il est parti avec toute sa compagnie, ses nombreux élèves, sa femme, ses enfants, et ils arrivent dans une auberge juive.

Lorsqu'ils arrivent dans cette auberge juive, vous savez qu'on a une halakha qui dit: lorsqu'on quitte la ville, on doit mettre les téfilin, c'est sûr, mais surtout on doit porter avec soi ses téfilin, de peur d'arriver dans un endroit où il n'y a pas de téfilin. C'est ce que le Rabbi avait fait. Mais ses élèves, ses autres talmidim, les autres étudiants qui accompagnaient le maître, n'avaient pas porté leurs téfilin. À ce moment-là, les élèves ont trouvé une paire de téfilin pour tous les élèves, et le Rabbi, lui, mettait sa paire de téfilin, faisait la tefila, et il voyait ses élèves se passer les uns après les autres la paire de téfilin.

Et ils priaient d'une manière très rapide, très vite, de façon à faire le Chema, à faire la mitsva, à finir vite, à enlever les téfilin, à ce que l'autre les mette, etc., de façon à ne pas faire attendre le rav. Lorsque le rav a vu que ses propres élèves priaient d'une façon active, et dans le mauvais sens du terme, c'est-à-dire trop rapidement, sans se concentrer, sans concentration, de façon rapide et pressée, il voulait leur faire une remarque.

Mais il ne l'a pas fait. À ce moment-là, il voulait faire la remarque, mais la remarque n'aurait pas eu sa force, n'aurait pas eu toute sa force. Personne n'aurait été prêt à accepter cette remarque. Donc il ne dit rien. Il se tait et continue leur route. Et à un moment donné, il voit que deux élèves, eux, sont prêts à recevoir cette remarque, cette critique, et là, il les appelle, les deux élèves.

Après avoir vu que le rav les appelle, les deux élèves accourent vers le Rabbi, et le Rabbi Lévi-Yitzchak de Berditchev se tourne vers eux et leur dit: plop, plop, plop, plop, plop, plop, plop. Les élèves ne comprennent pas, ils disent: ça doit être des choses très profondes que le rav est en train de dire. Et ils disent au rav: rav, on ne comprend pas ce que vous dites, on ne comprend pas du tout ce que vous dites.

À ce moment-là, le Rabbi Lévi-Yitzchak de Berditchev se tourne de nouveau vers les élèves et leur dit: plop, plop, plop, plop, plop, plop, plop. Et les élèves disent: « Ah, ça doit être des choses très profondes, mais on ne comprend pas. » Là, le Rabbi Lévi-Yitzchak de Berditchev se tourne vers ses élèves et leur dit: « Et Lui, HaKadosh Baroukh Hou, Il comprend quand on Lui dit blablabla ? »

Et là, on a compris. Sa remarque, sa critique était la suivante: tout à l'heure, lorsque vous priez devant HaKadosh Baroukh Hou, vous mettez les téfilin, vous faites votre tefila devant Lui, blablabla, vous Lui parlez, comme si, quand je vous parlais, c'était blablabla, rapidement, sans compréhension, sans même comprendre ce que vous dites.

Un des deux élèves dit alors au Rabbi: « Rabbi, ce n'est pas comme ça. Lorsque la mère tient son enfant qui vient de naître dans ses bras, et que l'enfant lui dit blablabla, elle comprend tout. » Et là, le Rabbi se réveille, il se …

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