Osée, le prophète qui ne renonce pas à Israël
Comment Dieu reste le père d'Israël malgré ses fautes, et le retour promis par le prophète Osée.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Abraham, Josué, David, Mordekhaï : les quatre monnaies, 7 min
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## Osée et l'épreuve du peuple
Tov, chers amis, bonjour. Nous sommes à la veille de Chavouot, mais aussi à la veille du jour qui le précède, c'est-à-dire Chabbat, Parachat Bamidbar. Nous lirons un passage du Tanakh qui concerne le prophète Osée, en hébreu Hochéa. Désespéré par l'immoralité du peuple, le prophète Osée devait traverser une expérience surprenante qui lui fit comprendre que la nation juive reviendrait malgré tout à son Dieu.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, celui qui dit du peuple juif « Vous n'êtes plus mon peuple » n'est autre que le prophète lui-même, c'est-à-dire Osée. Ayant vécu une des époques les plus tristes et les plus noires de notre histoire, ce prophète avait du mal à percevoir la nature pure et noble du peuple juif à travers le déluge des désordres moraux dans lequel il était enlisé. Le prophète avait donc perdu tout espoir de le voir se réhabiliter un jour.
Nos sages nous racontent dans la Guemara que lorsque Dieu s'adressa au prophète Osée en lui disant « Tes enfants ont péché », au lieu d'implorer la miséricorde divine et de faire valoir qu'il s'agit des enfants bien-aimés de l'Éternel, les descendants d'Abraham, d'Ithra et encore, voici que le prophète se porta implacablement du côté de l'accusation et s'exclama: « Seigneur Dieu, le monde entier t'appartient, remplace-le par une autre nation. »
Et c'est alors que Dieu va lui ordonner: « Va et unis-toi à une femme prostituée afin qu'elle te donne des enfants de prostitution, car ce pays se prostitue vraiment en délaissant l'Éternel. » Cet ordre, pour le moins étrange et fort troublant, fut cependant accompli par notre prophète qui, malgré son âme délicate, se devait d'agir en bon soldat discipliné. Effectivement, elle conçut et enfanta un fils. Plus tard, elle conçut encore et enfanta une fille. Et de nouveau, elle conçut et enfanta un autre fils.
Après avoir engendré donc ses deux fils et cette fille, Osée reçut l'ordre de l'Éternel de se séparer de sa femme, ainsi qu'il s'y est un prophète, lui dit-il, et ainsi que le fit manger également sous l'ordre de l'Éternel. Évidemment, il fut très difficile pour lui d'accepter d'emblée cet ordre de répudier la femme à laquelle il était lié par les enfants qu'elle lui avait donnés. Mais Dieu lui dit: « Vois donc, ta femme est une prostituée et tes enfants sont des enfants de prostitution. Tu n'es même pas certain qu'ils soient réellement des tiens. » Et on comprend pourquoi.
De même, les enfants d'Israël sont mes enfants, bien-aimés, et sont les enfants d'Abraham, d'Israël et de Jacob, et tu me demandes de les remplacer par une autre nation. » À ce moment-là, le prophète comprit son erreur et commença à implorer la miséricorde de Dieu. Il se mit également à bénir le peuple: il arrivera que la multitude des enfants d'Israël égalera le sable de la mer. « Vous êtes les enfants du Seigneur votre Dieu. »
La suprême qualification pour le peuple d'Israël est-elle dépendante de nos mérites ? D'après Rabbi Meïr, quelle que soit notre conduite, nous sommes appelés fils de Dieu. Et oui, en effet, il est écrit: ce sont des enfants bêtes. Même lorsque nous commettons des erreurs graves, par bêtise ou par ignorance, nous restons les enfants de Dieu. Il est également écrit: des enfants sans émouna. Même si nos fautes ne sont pas des erreurs involontaires, mais des actes marquant une hérésie ouvertement déclarée, eh bien, entendez bien, nous restons malgré nous les enfants de l'Éternel.
Qui plus est, il est écrit: « race de malfaiteurs, enfants dégénérés ». Bien que nous soyons des enfants idolâtres, moralement dégénérés, nous sommes toujours les enfants de Dieu. En fin de compte, l'on pourrait prétendre que nous sommes des enfants de moindre qualité. Pour éviter cette méprise, le prophète Osée précise dans sa bénédiction qu'au lieu de s'entendre dire « Vous n'êtes pas mon peuple », ils seront dénommés les fils du Dieu vivant. Ainsi, la valeur des enfants d'Israël en tant qu'enfants de Dieu est inconditionnelle et inaltérable.
La colère et le profond désespoir du prophète ont disparu. Il s'écria pourtant: « Prenez-vous-en à votre mère, prenez-vous-en à elle, si elle n'est plus ma compagne, si je ne suis plus son époux. » Osée reconnaît enfin que ce problème n'existe que dans l'ordre du présent, que l'avenir se présente déjà sous un aspect beaucoup plus optimiste et que la nation d'Israël reviendra à Dieu.
Ce retour final est inévitable, et il ne se produira pas sous l'effet d'une sévère répression divine, mais sera le résultat, dit-il, ou pense-t-il, d'une conviction intérieure profonde.
Le peuple d'Israël comprendra enfin que toutes ces cultures étrangères où il s'est prostitué, tellement captivantes et séduisantes, étaient en fin de compte mensongères à son égard, que leur plaisir est vain et passager, et que le véritable bonheur réside dans notre fidélité à l'Éternel et à nous-mêmes. Nos sages perçoivent ce dernier verset comme un prototype de l'éducation. Ils nous enseignent que la véritable éducation se réalise par la douceur, la compréhension et la conviction, et certainement pas par la violence.
Et l'amour entre l'Éternel et son peuple reviendra. Ces trois expressions que le verset cite: « Alors je te fiancerai à moi pour l'éternité; tu seras ma fiancée par la droiture et la justice, et par la tendresse et la bienveillance; ma fiancée en toute loyauté, et alors tu connaîtras le Seigneur. »
Ces trois expressions de fiançailles sont prononcées par chacun de nous chaque matin lorsque nous mettons nos tefilines et lorsque nous enroulons autour de notre majeur les trois tours de lanière, évoquant ainsi les trois bagues de fiançailles. Chabbat Chalom ou-Mevorakh.
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