L'esprit, la vie et la liberté selon le Rav Kook
Le lien entre conscience et vie, et la quête de soi comme chemin vers la liberté.
Rav Rony Akrich
Ensuite : L'aurore et la lumière agréable selon le Rav Kook, 56 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
L'ensemble de notre étude, chers amis, et nous sommes heureux de vous retrouver sur la télévision du Machon Meir, porte sur l'enseignement du Rav Kook de manière générale, et à travers cet enseignement, les propos tenus par le professeur Binyamin Gross, Zikhro Tsadik Livrakha. Quel lien unit ici profondément, dit le Rav, l'esprit et la vie, qui, cet esprit et cette vie sont associés dans une psychologie humaine elle-même, insérée dans le processus dont nous parlions précédemment, c'est-à-dire ce processus cosmique, c'est-à-dire à la recherche, non pas tendancieuse, mais volontaire, volontariste, de cette harmonie.
Lorsque la vie se dénue de sa conscience, c'est-à-dire de son esprit, de sa réflexion, eh bien ce vécu-là atteint des degrés inférieurs. Lorsqu'il y a cette graduation entre le minéral, le végétal, l'animal, l'homme de parole, ou selon Rabbi Yehouda HaLevi, l'homme prophétique, et bien il est évident que lorsque l'homme perd de sa prophétie, c'est-à-dire d'être de la parole de l'Éternel dans ce monde, parole elle aussi en quête et en recherche de cette harmonie, eh bien il redevient simplement l'homme de parole.
Non pas qu'il n'y ait point chez l'homme de parole d'esprit, de réflexion; bien entendu qu'il y en a. Mais le degré de sainteté et de savoir, en tout cas pour nous les Hébreux, c'est que la morale à laquelle nous aspirons, c'est-à-dire cette volonté idéale d'un monde capable d'autant plus de moussar, c'est-à-dire moussar, c'est non seulement la morale, mais aussi cette transmission de la parole divine, du Verbe divin, du Logos, comme disaient nos philosophes, où dans le Logos nous entendons le Verbe et la raison, parce que l'Éternel non seulement s'exprime, mais lorsqu'il s'exprime, eh bien c'est toute l'expression du raisonnable. C'est vers ce raisonnable-là que l'Éternel nous emmène.
Et où l'esprit doit être l'esprit roi, Adam, l'esprit de l'homme, la conscience de l'homme serait l'aboutissement de cette vitalité, c'est-à-dire de cette vie véritablement existante. Parce que c'est là, dans cet esprit, dans cet esprit réfléchi, dans cet esprit capable de voir le reflet de lui-même, combien d'entre nous sont capables véritablement de comprendre que si le corps est le contenant, l'ustensile de nos sentiments et de nos passions, l'ustensile de notre pensée, de notre réflexion, l'ustensile de notre imagination, de notre imaginaire, l'ustensile de notre volonté, il est clair, bien entendu, que l'esprit est ici cette conscience de soi.
Et bien, elle prend conscience véritablement d'elle-même dans cette réflexion, qui ne veut dire que le reflet, comme si je me regardais. Je dis souvent à mes étudiants que les nouveaux appareils, iPhone, téléphone, je ne sais quoi, possèdent un élément qui leur permet de marquer les rendez-vous, etc. Peu d'entre nous — je dis peu, je suis très optimiste, je dis pratiquement personne — n'a osé marquer sur ce calendrier, qui est capable de sonner, de nous interpeller, qu'il a pris rendez-vous avec lui-même, c'est-à-dire qu'il accepte foncièrement, à travers cette conscience qui est la sienne, la réflexion.
La réflexion, ce regard face à face de l'un avec lui-même, de pouvoir engager non pas le dialogue dans la rencontre avec l'autre, mais le dialogue, c'est-à-dire ce verbe et cette raison dans le diable double qui est celui de l'homme avec lui-même. Bien avant de pouvoir offrir de cet esprit, de cette conscience, de cette connaissance, de ce savoir, il est clair qu'il faut que cela soit transmis à l'homme lui-même d'abord, à la suite de ce dialogue de l'homme avec lui-même.
Pourquoi avoir si peur de se rencontrer ? Pourquoi accepter, comme dans l'histoire chassidique chez le rabbi de Rofschitz, d'avoir des fenêtres et d'y avoir mis des rideaux ? Des rideaux qui, d'un côté comme de l'autre, nous empêchent de regarder véritablement à l'intérieur de ce que nous sommes. Qui parmi nous sera capable d'ouvrir ce rideau pour permettre à la lueur de pénétrer, et d'y regarder plus à l'intérieur, et d'y découvrir tous les trésors qui se cachent ici ? C'est ce dialogue-là qui est capable de le permettre.
Mais le dialogue n'est possible, bien évidemment, que lorsque l'homme a décidé de comprendre que les rideaux qu'il a déposés sur sa fenêtre ne sont là que pour lui cacher ces vérités essentielles auxquelles il ne veut pas se mesurer.
Oui, le lien profond, comme dit le Rav, qui unit l'esprit à la vie, c'est la rencontre du Verbe dans sa dimension sensible, raisonnable. Cette rencontre permet à notre homme ici, bien entendu, plus elle sera possible, plus elle permettra à l'homme de révéler quelque chose d'essentiel, auquel vous comme moi avons une aspiration profonde.
La liberté. En hébreu, elle s'écrit avec les mêmes lettres que ḥofesh, et avec ce ripus, c'est-à-dire cette recherche de la liberté. La liberté n'est pas un don, elle a une acquisition, quelque chose qui, à la suite de l'œuvre de l'homme, se trouve acquis dans l'être profond qui est le mien. C'est parce que je suis tel que je suis que je ne peux offrir seulement ce que je possède.
Alors, souvenons-nous: l'esprit et la vie, comme le Rav nous le dit, ont un lien profond, et entre le lien qui unit l'esprit et la vie se trouve bien entendu cette conscience, cette connaissance, ce savoir, cette recherche, cette quête de soi avant d'être en quête de qui que ce soit.
Eh bien, cette première quête de soi, c'est votre, c'est ma, c'est notre liberté vers laquelle nous continuons de marcher. Et je vous rappelle pourquoi ? Pour trouver cette harmonie qui est tellement agréable aux oreilles du petit homme que nous restons. Shalom, à très bientôt.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Orot, Chemonè Kevatsim et la pensée du Rav Kook : identité nationale, âme et cosmos.
- 4
Une échelle entre ciel et terre selon le Rav KookLe chapitre 9 des Orot HaKodech : pourquoi la peur freine l'étude de la Torah d'Erets Israël et des secrets de la Torah. - 5
Orot : les trois forces de la nation, Kodesh, Uma, EnoshihutLe Rav Kook y montre comment religion, état-nation et humanisme doivent se compléter dans la vie du peuple revenu sur sa terre. - 6
Le Rav Kook et la place de l'homme dans le cosmosComment l'esprit relie l'homme au processus d'amélioration du monde, à travers la volonté et le choix. - 7
L'homme, partie du cosmos selon le Rav KookLe devoir d'être : la volonté, le choix du bien et le processus perfectible de l'homme. - 8
L'esprit, la vie et la liberté selon le Rav KookLe lien entre conscience et vie, et la quête de soi comme chemin vers la liberté. - 9
L'aurore et la lumière agréable selon le Rav KookLe Rav Kook montre comment une âme enracinée peut faire briller une lueur dans l'épreuve et l'obscurité.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav