Le rôle de la prière : exprimer ce qui est au fond de l'âme
Rav Kook explique que la prière révèle les aspirations sacrées de l'âme, sans se substituer à l'étude de la Torah.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : La tefila, lien de l'âme avec les idéaux divins, 1 h 05
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Paragraphe daled, vous allez le prouver. Rabbi Zera, … Rabbi Zera, …
Donc, Rabbi Rumiya était assis face à Rabbi Zera et il étudiait la Torah. Et voilà qu'arrive l'heure de la prière. Alors Rabbi Rumiya manifeste son impatience: Rabbi, l'heure, c'est l'heure, le temps de prier est arrivé.
Il se lève, il fait toutes sortes de signes pour montrer que le temps est venu de terminer le cours et de commencer à prier. Rabbi Zera lui répond: Mesir ozno mishmoa Torah, gam tefilato to'eva. Celui qui écarte son oreille d'écouter la Torah, sa prière aussi est abominable. Vous avez compris ? Cela demande explication. Car ces rabbins, évidemment, sont comme des anges, tous des anges.
Ce n'est pas qu'il s'est énervé et qu'il lui a répondu pour le blesser ou le vexer. C'est pour lui enseigner quelque chose de très important. Regardez.
Adam poné mi-teva nafcho el HaKodesh, l'homme tend, de par la nature même de son âme, vers les sentiments de la sainteté, et pour les parfaire et les mettre en œuvre, à l'état latent, une mise en œuvre véridique. Eh bien, cela exige que l'on prie. Le rôle de la prière, comme on l'a dit à plusieurs reprises, c'est d'exprimer ce qui se trouve au plus profond de notre âme. Notre âme aspire de toute manière à tous ces idéaux divins: la reconstruction de Jérusalem, le rassemblement des exilés, etc. Les dix livres à croître qui sont dans la téfila*. Donc, quand on prie, on ne fait que mettre en évidence ce qui se trouve au plus profond de notre âme.
Cependant, il y a une chose essentielle dans laquelle on risquerait de se tromper. La manière dont l'homme a des aspirations, des tendances spirituelles, du fait même qu'il a une âme intelligente…
Et parallèlement à cela, n'oublions pas qu'il a aussi beaucoup de sentiments, d'attirances et de volonté pour faire des choses matérielles, ou même sales. Cela, tout le monde le comprend.
… Il faut être vigilant: l'homme ne doit pas se laisser aller à ses aspirations matérielles sans la Torah, sinon il se perd. [Fin de passage douteux.]
… Tichgué, be-avad tsournamim, titgagah, tichsov, tiranen, mikirot lev… Il faut penser qu'il n'y a pas besoin d'une méthode théorique. Dans la méthode théorique, il est rapide d'arrêter l'étude théorique pour la guémoula de la prière.
Nous avons appris la sagesse de tous les hommes: pas seulement pour l'apprentissage des ressources de l'humain, qui est d'un côté le plus élevé, mais aussi pour l'apprentissage des niveaux spirituels, qui sont, d'une part, les fondements de la prière et de l'amida, et aussi pour l'apprentissage et l'évaluation de la Torah. Donc, celui qui écarte son oreille de la Torah…
Il n'est pas possible à l'homme d'arrêter rapidement le travail de la Torah à cause de la prière. Pour qu'il y ait un droit de sa part, qu'à côté de son Créateur, à côté de la prière qui est sainte et miséricordieuse, la prière soit son résultat, il est nécessaire d'éteindre avec les yeux de la Torah son enseignement et ses préoccupations, dans la connaissance et dans son discours, pour les éteindre dans les bonnes voies, vers le haut comme vers le bas. Merci.
Parfait ? Suivant. On reprend depuis le début. De quoi s'agit-il ? C'est l'histoire de Rabbi Rumiya, qui était assis face à Rabbi Zera, et il étudiait la Torah. Voilà qu'arrive l'heure de la prière, et Rabbi Rumiya montre des gestes d'impatience, faisant allusion au fait que le temps est arrivé de prier, et qu'il faut dire au rabbin de terminer d'urgence son cours.
On ne peut pas dire s'il s'agit d'un minyan ou non, mais il se peut qu'ils étaient déjà vingt personnes en train d'étudier, donc le minyan dépendait de toute manière de la fin du cours. Ce n'est pas un problème technique, de halakha. Il lui répond de manière assez virulente: Mesir ozno mishmoa Torah, gam tefilato to'eva. Celui qui écarte son oreille d'écouter la Torah, sa prière aussi est une to'eva.
D'abord, analysons le verset. Mesir ozno mishmoa Torah, gam tefilato to'eva. Je traduis mot à mot: celui qui écarte son oreille d'écouter la Torah, sa prière aussi est une abomination. D'abord, il y a une incorrection grammaticale dans cette phrase. On ne dit jamais le mot « aussi » une seule fois. On ne dit pas: « J'aime aussi les patates. » On peut dire: « J'aime aussi bien les navets que les patates. » On ne dit jamais « aussi » seul. Gam.
Il n'y a pas ani gam ohev… … Donc, quand on dit « aussi », cela veut dire qu'il y a une phrase sous-entendue, comprise d'elle-même, que l'on ne dit pas. Donc, celui qui écarte sa Torah… évidemment… mais aussi sa prière est… C'est clair ? C'est ce qu'il m'a expliqué. Regardez.
L'homme, de par sa nature, de par la nature de son âme, tend vers le Saint, béni soit-Il. Et dans ces sentiments de languissement pour Dieu… pour les parfaire et les mettre en œuvre, eh bien, cela exige de prier. C'est exactement le rôle de la prière: dire avec des mots clairs ce qui est gravé dans ton âme, ce à quoi ton âme aspire.
C'est ce que l'on avait appris dans le premier chapitre de notre étude, le premier paragraphe: Ha-néchama mit-palelet tamid, l'âme prie de manière constante. Et quand vient l'heure de la prière, on ne fait que dire par des mots ce à quoi notre âme aspire. Donc, cela, c'est le rôle de la prière. Cependant, il y a quelque chose de fondamental dans lequel l'homme risquerait de se tromper: n'oublions pas que, de la même manière que l'homme a des tendances spirituelles,
les aspirations spirituelles, du fait même de la nature de son âme spirituelle, il a aussi énormément de sentiments, de désirs et de volontés matérielles. Il a bien envie de manger, de dormir, de s'amuser, et toutes sortes de choses corporelles. Cela, tout le monde le comprend.
Les sensations, les sentiments tumultueux qu'il y a dans l'âme, et les inyanim ha-chomriyim, qui sont tournés vers les aspects matériels et tout ce que cela comprend… Il est nécessaire pour l'homme que la Torah dirige, contrôle, analyse ces tendances par la connaissance de la Torah.
C'est-à-dire que tu ne peux pas te laisser aller de manière aveugle selon tes tendances naturelles, sans quoi tu en arriverais à être un vampire, une crapule, un salaud, parce qu'au fond de toi il y a pas mal de tendances pas très propres. La Torah régularise, remet sur les rails les tendances matérielles. Tout le monde comprend que, sans la Torah, on est totalement perdu quant à nos tendances.
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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».
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