Les trois prières des patriarches selon le Rav Kook
Amida, Siha et Pegia : les trois termes de la Torah qui désignent la prière, et les trois effets qu'elle produit.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : L'âme, la tefila et le besoin de Dieu selon Rav Kook, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, Vav. Taniya ki-vateter Rabbi Yossef et Rabbi Hanina: « Avraham a instauré la prière du matin, comme il est dit: Vayashkem Avraham baboker, el ha-makom asher amad sham et penei Hachem, et ve-nidah elav tefila. » Tu as trouvé ? Pashtou, paragraphe Vav. Chazar lehem...
Alors ça, c'est ce qui est marqué dans la Guemara. Traduction déjà, c'est ce qui est marqué, pour les francophones. Il y a une Tanya, un enchaînement, qui va dans le sens de Rabbi Yossef et Rabbi Hanina, qui disent qu'Avraham
C'est lui qui a innové, on va dire, qui a instauré la prière du matin, Cha'harit. Nous, on le sait, comme il est dit: Vayashkem. Regarde dans le texte: « Avraham se leva le matin, el ha-makom asher amad sham et penei Hachem », à l'endroit où il s'était tenu devant Dieu. Dans ce passage, on apprend qu'Avraham a instauré la tefila de Cha'harit.
A priori, on ne voit pas le mot « prière » dans le passouk. Suit la Guemara: Amida, et la tefila. Le mot Amida, qui veut dire « se tenir debout », fait allusion à la tefila. C'est clair ? Donc ça, c'est la première source. La suite: « Vayaamod Pinhas vayefalel ». D'où l'on sait que le mot vayaamod, qui veut dire « se tenir debout », fait allusion à la prière. On a donc recours à un autre passouk, qui dit que Pinhas s'est tenu debout et a prié.
Donc, se tenir debout, ça fait allusion à la prière. Prenons une feuille. Page 3, paragraphe 20. Continuons. Donc Yitzhak a instauré la prière de Mincha, qui est celle de l'après-midi, depuis Hatsot jusqu'au coucher du soleil. C'est cela, du passouk: « Vayetsé Yitzhak lassoua ba-sadé lifnot arev ». Yitzhak est sorti
Pour parler dans le champ. Lifnot arev, dans l'après-midi, vers le soir. Où, dans ce passouk, voit-on qu'il s'agit de prière ? La Sikha, qui veut dire discussion, parole, fait allusion à la tefila, à la prière, comme il est dit dans un autre passouk: « Al tissa ba'adam rina utfila ». Non, je souhaitais quelque chose d'autre.
« Tefila la'ani ki yaatof, velifnei Hachem yishpokh siho »: « Prière d'un pauvre qui s'épuise, et devant Dieu il versera sa parole. » Donc, parallélisme entre prière et parole. Quand il est dit, à propos de Yitzhak, qu'il est sorti dans le champ pour parler, cela veut dire qu'il a prié. Et comme cela a eu lieu lifnot arev, à l'approche de la nuit, c'est-à-dire dans l'après-midi, on apprend de là que Yitzhak a instauré la tefila de Mincha.
Troisième source: Yaakov a instauré la tefila de Arvit, de la nuit. Comme il est dit: « Vayifga bamakom vayalen sham ». Vayifga, cela veut dire « il a rencontré ». Il a rencontré l'endroit, il a dormi là-bas. Vehi Pegia, la tefila. Et le mot Pegia ne veut dire que tefila. Comme il est dit: « Ve-ani tefilati lakh ». « Vaani tefila... Vaal tiga bi », ne porte pas pour eux de prière
Et ne vient pas un mot de rencontre. Le mot « rencontre » et le mot « prière » sont donc proches l'un de l'autre. Tout cela est très intéressant, mais on n'a rien compris. Heureusement que le Rav Kook est là pour nous éclairer, sans quoi on n'aurait rien compris à ce que Chazal ont bien voulu nous dire à travers leurs passouqim. Chalosh ha-nitnotelou: ces trois formulations, ces trois termes, Amida, Sikha et Pegia, qui font tous trois allusion à la prière,
Mekhavanot hen, kenegged shlosha inyanim shel to'elet ha-tefila, bavot atfim barach: ils sont orientés, chacun des termes, face à trois aspects de l'utilité de la prière dans le service de Dieu. C'est-à-dire que la prière nous aide à acquérir trois aspects différents du service de Dieu, et chaque prière nous aide dans un sens. Ha-turah pou lat atfilai.
C'est-à-dire, l'effet premier de la tefila. Cela veut dire un début de la tefila, et le premier, dans son importance, est que toutes les valeurs saintes, les compréhensions,
les conceptions les plus hautes sur les fondements de la crainte de Dieu et de la morale que l'homme a acquises, la tefila vient et les enracine profondément dans le cœur de l'homme, de manière qu'il ne titube pas, qu'il ne tremble pas à cause de toutes les tempêtes et des vents négatifs qui viennent pour le détruire.
La morale est le service de Dieu face à toutes les tendances humaines et les envies du moment. Qu'est-ce que cela veut dire ? Eh bien, on n'évolue pas dans une zone stérile. Nous vivons dans un monde dans lequel l'environnement n'est pas très pur, pour le moins qu'on puisse dire. On est donc tiraillé çà et là par toutes sortes de choses qui pourraient nous faire trébucher
vers les aspects les plus vils et les plus sales de la vie: toutes sortes de tentations. Donc, pour te protéger de cette possibilité de trébucher, il faut que la tefila vienne et enracine profondément dans ton cœur, dans ta conscience, dans ton âme, les valeurs morales que tu y acquiers. Il ne suffit pas de passer par le Beit ha-Mikdach et de comprendre toutes sortes de choses grandioses,
parce que ce n'est qu'au niveau de la compréhension intellectuelle, et encore, étrangère à ma personnalité. C'est emmagasiné dans ma mémoire, mais cela ne fait pas encore partie intégrante de ma personnalité. C'est dans la tour suprême de mon corps, dans mon crâne. Cela ne s'est pas encore enraciné profondément dans ma personnalité. Et donc je suis en danger constant d'être balloté çà et là par les vents
de l'hérésie, les vents, des tentations sales, évidemment. Donc vient la tefila et la fait pénétrer très profondément dans ton être. Voilà le premier aspect, la première utilité, on va dire, de la tefila. Quel est le moment le plus adéquat pour cette démarche de la tefila ?
Ce qui est le plus adéquat à ce travail, on va dire, de la tefila, c'est Cha'harit, le matin. Qu'y a-t-il de spécial le matin ? Bien avant que l'homme commence à se tourner vers toutes les occupations de la vie quotidienne, c'est-à-dire tout ce qu'il doit faire pour survivre: travailler, se nourrir, etc.
Et aussi la satisfaction de ses besoins corporels et de ses envies corporelles. Avant de te mettre à manger le matin et de satisfaire tes besoins corporels, c'est le temps le plus adéquat. C'est le moment de te préparer des fondations morales fortes et stables, avant de commencer, de te lancer dans la vie active.
Et d'abord, avant tout, avant de t'adonner à la satisfaction de tes besoins corporels, prépare des fondations solides pour ne pas trébucher. Donc, le matin, avant toute chose, on prie. Interdit de manger avant de prier, interdit de dire bonjour à son ami avant de prier, interdit de tout faire avant de prier. Tout ce que tu vas faire risquerait de mal tourner si auparavant tu n'as pas prié. Oui, cela pourrait être plus …
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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».
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