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Rav Kook : la force réelle de la prière

Pourquoi les mots de la tefila, prononcés avec pureté intérieure, agissent réellement sur l'existence.

53 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Torah et art : la prière selon le Rav Kook, 53 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

[00:00] Alors, on est donc à l'Ipéreq Dalet. Dans le Perek, Afila Amatmedet Shel Nefech HaChaya, qui veut dire la prière constante de l'âme. Paragraphe Dalet: Afila emotsia el ha-poal ha-tahor el ha-chayim agmurim et anichmas betuhomot ha-neshama. Donc ça, on va dire, c'est une conclusion de ce qu'on vient d'étudier jusqu'à présent.

[00:39] Que la tefila met à l'œuvre tout ce qui est enfoui au plus profond de l'âme, tout ce qui est caché dans les profondeurs de l'âme. Ça veut dire que l'âme, de manière constante, aspire à la proximité divine et ne rêve que de ça. Et voilà: quand je me tiens debout et que je commence à dire la tefila, je ne fais qu'exprimer en mots ce à quoi mon âme aspire de manière constante.

[01:23] Et selon la pureté interne de l'homme, c'est-à-dire plus il est pur, plus grande est l'action de la tefila. C'est-à-dire que plus le priant est pur, plus ces mots ont une influence réelle, agissent dans l'existence. Car à ce moment-là, quand il prie, ressortent du plus profond de son être ses volontés, au moment où il s'adresse à la source de la vie de toutes les âmes, de tous les mondes, qui est HaKadosh Baroukh Hou.

[02:27] L'influence des mots est très grande sur la vie. Ces mots de la prière effectuent des changements réels dans l'existence. Le mot qui est dit, qui est découpé par les lèvres, fait véhiculer une lumière intense. Mais au-dessus de ce que nous avons vécu, nous avons vécu,

[03:41] Les mots pénètrent notre existence, c'est-à-dire qu'on ne les dit pas seulement de manière machinale, mais ils expriment vraiment une véhémence interne de notre personnalité. Kachak gadola yeta'ufa or yemagala. Ainsi sera grande l'élévation lumineuse qu'elle dévoile, mehava oumrida, qu'elle fait apparaître et qu'elle engendre. Top, je crois qu'on va arrêter là, parce que c'est déjà assez compliqué comme cela. De quoi le Rav parle ?

[04:14] En disant un mila, un ixéret. Le mot qui est découpé par les lèvres. Car, comme on le sait, selon la halakha, il ne suffit pas seulement de lire le texte, il faut aussi prononcer les mots. Pas à voix haute, c'est interdit, dans le Mouna Israël, mais il faut prononcer les mots. Pourquoi c'est si important ? Pourquoi lire l'essentiel ? C'est de penser à toutes sortes de pensées nobles, etc.

[04:46] Quelle importance de dire les mots ? Eh bien, ceci est fondé sur la compréhension profonde de ce qu'est la Lashon HaKodesh, la langue sainte. Plus exactement, si on veut traduire comme il faut, c'est la langue du saint. Tu veux fermer pour qu'il y ait un peu moins de bruit ? Si on veut traduire comme il le faut: Lashon HaKodesh, c'est Lashon SheHakodesh, la langue de la sainteté, Kodesh, HaKadosh Baroukh Hou, Kochah Béréchou. En d'autres termes, c'est la langue de Dieu.

[05:18] Mais quelle différence y a-t-il entre la langue de Dieu, qui est l'hébreu, et le français, ou l'anglais, ou l'italien ? Eh bien, toutes les autres langues sont des langues conventionnelles. Ça veut dire que le fait que ceci s'appelle un verre et ceci une table est totalement fortuit. On aurait pu décider autrement. Mais pour qu'on puisse comprendre les uns les autres, et quand je te demande de m'apporter une assiette, tu ne m'apportes pas un marteau. Donc on a décidé que ça, ça s'appelle une assiette, ça s'appelle un marteau.

[05:50] Mais il n'y a aucun rapport entre le mot assiette et ce cercle en argile. C'est accidentel, c'est hasardeux. Comme le fait qu'on s'arrête au feu rouge et qu'on continue de rouler au feu vert: il n'y a aucun rapport entre la couleur rouge et le fait de s'arrêter, ni entre la couleur verte et le fait de rouler. Il fallait bien qu'on fixe quelque chose, sinon on va se rentrer les uns dans les autres en voiture. Donc c'est totalement conventionnel. Il en est ainsi concernant toutes les langues. Toutes les langues sont le fruit d'une convention humaine.

[06:23] C'est la qualité qui compte. Ce qui n'est pas le cas de la langue de Dieu, la langue sainte. La langue sainte vient décrire l'existence dans son essence la plus profonde. Qu'est-ce que ça veut dire ?

[06:59] Les lettres saintes sont les atomes premiers de l'existence. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous voyez par exemple ce verre d'eau. Il y a dedans de l'eau fraîche. Mais cette eau est composée de molécules. Vous vous rappelez ? Très bien. Tu n'as pas fait le bac juste pour l'examen, tu te rappelles de quelque chose: deux fois H et O. C'est quoi H ? Hydrogène. Je fais une faute. Mon élève, celui-là. C'est quoi O ? Oxygène. Donc deux molécules d'hydrogène et une molécule d'oxygène donnent de l'eau. Sympa, non ?

[07:34] Alors qu'une molécule, elle ne gèle pas, parce que tu peux en faire, et deux gèlent encore moins. Hop, tu les mets ensemble, ça fait de l'eau. Mais la molécule elle-même n'est pas un élément premier. Elle est elle-même composée d'éléments plus premiers: d'atomes, de protons, d'électrons, et d'un noyau qui lui-même est une addition de toutes sortes de petites particules.

[08:11] Et en fait, tout est énergie qui se cristallise d'une manière ou d'une autre, ce qui donne différentes existences. À la base, tout est énergie. À la base elle-même de l'énergie, il y a ce qui s'appelle la vie, Chayim. C'est quoi la vie ? Ça se dit au pluriel en hébreu, Chayim. En fait, il y a une seule vie. Il y a un générateur de vie. HaKadosh Baroukh Hou est la source de toute vie, Maayan HaChayim, la source de vie.

[08:46] Et cette source de vie donne existence à toute existence. C'est-à-dire que si Dieu retirait Son existence de ce verre, il disparaîtrait. Comme si j'arrivais, de manière totalement théorique, à retirer l'énergie de ce verre: il ne resterait rien. D'accord ? Le néant total. Plus profondément que l'énergie, il y a la vie divine. Ça, c'est la première ligne du livre du Rambam: tout existe par l'existence divine qui s'y trouve. Et si Dieu en retirait Son existence, alors cette existence n'existerait plus.

[09:19] Maintenant, il y a différentes apparences, différentes facettes de cette vie si riche, si infinie, divine. Et ces apparences différentes, ces facettes différentes, sont véhiculées dans ce monde. Ça veut dire que, dans la lettre même, il y a une certaine lumière divine, qui est différente de la lumière divine qui se trouve dans la lettre Youd, et qui est différente de la lumière divine qui se trouve dans la lettre Souffit. Et quand on compose ces trois lumières ensemble, ça fait apparaître de l'eau dans ce monde. C'est comme ça que Dieu a créé le monde. Ce sont les éléments premiers qui constituent l'existence, bien avant l'énergie même.

[10:28] D'ailleurs, il est écrit que Dieu a demandé à Adam Harichon de donner des noms aux créatures. Et le verset dit: les noms qu'Adam a donnés, ainsi est-il. Qu'est-ce que veut dire ainsi est-il ? Attestation divine que c'est …

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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».

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