L'âme, la tefila et le besoin de Dieu selon Rav Kook
Pourquoi la tefila comble le besoin de l'âme, comme un repas comble la faim, et pourquoi la prière seule ne suffit pas.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : La prière de Mincha selon Rav Kook, page 3, 53 min
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C'est pas sérieux ça. Hein, on lance. Hein ? On y va. Donc Piskavav. Atefila, Ilanu, Velarolam, Kulo, Ehrach, Gamur. Les gammes Taranoug, Ayeter, Kasher, Shebet, Taranougim. Vous avez le texte ? Il y en a là. Piskavav. Première page. Comment ça va ? On est encore à la première. C'est bon ?
Tout, tu l'as, c'est bon ? On m'a dit qu'il y en a un qui est sérieux. Le faillot. La tefila est pour nous et pour le monde entier, écrache, amour, et aussi amour qui est plus fort que les amours. Le vent de notre esprit est venu et nous l'a conduit. Voici des choses de nous-mêmes et du monde entier, de cette qualité, merci beaucoup, qu'il n'y a pas de réalité complète qui puisse nous donner.
Et ainsi nous nous trouvons …
La tefila est pour nous et pour le monde entier un besoin intense. Echrach, une nécessité, un besoin.
Et avec cela, Taranoube Eta Kacher, le délice le plus kacher parmi tous les délices. Alors comment est-il possible qu'un besoin, qu'une nécessité soit un délice ? Un besoin, c'est qu'on craint de manière générale. Et là il dit: c'est le plaisir, le plus grand des plaisirs, le plus kacher qui puisse exister. Et bien, c'est en relation avec ce qu'on a dit au début.
Qu'en fait, yeshtvila matmedet shalaneshama. On l'a étudié dans le premier paragraphe: que l'âme prie de manière constante. C'est-à-dire, l'âme se languit de Dieu. Ce qui intéresse l'âme, ce sont les idéaux divins, et c'est à cela qu'elle aspire de manière constante. Mais nous, dans notre conscience, on n'est pas exactement à ce niveau. Notre conscience est prise par toutes sortes de choses banales, toutes sortes de sottises qui…
…qui nous prennent la tête la plupart de la journée. Et l'âme se sent très frustrée, très triste de ne pouvoir s'exprimer. Ce à quoi elle aspire, c'est d'inonder notre conscience de ce qui l'intéresse. Elle n'y arrive pas, parce qu'on a des choses bien plus importantes à nos yeux: aller manger, dormir, nous amuser, gagner de l'argent. Ça, ça nous intéresse, ça nous fait flipper, comme on dit.
Et Jérusalem, la reconstruction de Jérusalem, la réunion des exilés: bon, c'est un beau discours, mais ce n'est pas exactement ce qui m'enthousiasme. Et l'âme, c'est ce qui l'enthousiasme. Non qu'elle soit en stress constant de ne pouvoir s'exprimer. Et voilà qu'arrive le moment de la tefila. Alors ce bon juif religieux se tient debout dans la synagogue, avec un sidour devant les yeux, et commence à dire avec des mots ce que l'âme espère devenir.
Constante. Donc, au moins trois fois par jour, on lui enlève le bâillon qu'elle a devant la bouche, on lui permet de s'exprimer. Alors elle est en extase. Elle est en délice, le plus grand délice qu'elle puisse avoir. C'est un besoin intense qu'elle ressent. Et comme tout besoin qu'on satisfait, ça nous amène au plaisir. Par exemple, tu as un besoin intense de manger, tu es affamé, c'est un besoin.
C'est même une contrainte. C'est le casse-pied que tous les jours on doit manger, tu comprends ? Tous les jours, trois fois par jour, toutes les six heures tu as faim. Ce sont des contraintes. C'est un besoin, c'est une nécessité. C'est vrai. Mais d'un autre côté, quand tu combles ce besoin, quand tu satisfais ce besoin, ça t'amène un plaisir. Tu as savouré, ça, c'est le plaisir. Tu comprends ? De même, l'âme est assoiffée de ces idéaux, de les dire, de les exprimer, de s'en enthousiasmer, etc.
Et le bon monsieur avec lequel elle vit, ce bonhomme, lui, il est extasié par d'autres choses. Et donc elle se sent frustrée. Encore heureux que trois fois par jour il se tienne debout avec son sidour et dise ses mots. Et tant bien que mal, il essaie d'y penser aussi. Alors dans ces moments-là, l'âme arrive finalement à s'exprimer. C'est un besoin auquel elle aspirait toute la journée. Et voilà qu'arrive le moment du repas.
Cette métaphore, ce n'est pas moi qui l'ai inventée, c'est marqué dans le Kouzari. Le Kouzari dit pareil. Tu viens de manger, tu es rassasié. Un quart d'heure après, un peu moins rassasié. Une demi-heure après, un peu moins. Deux heures après, ça commence à gratouiller l'estomac, tu commences à avoir faim. Quatre heures après, tu as encore plus faim. Six heures après, tu crèves de faim. Tu n'en peux plus. Ouf, un bon repas. Rassasié. Et rebelote.
Et c'est comme ça que tu vis toute la journée. D'un repas à l'autre, tu arrives au paroxysme de ton plaisir, et juste après le repas, ce plaisir commence à se dissoudre et le besoin recommence, la mousse recommence à grimper. Et bien c'est exactement pareil. L'âme est affamée et assoiffée d'idéal divin. Arrive le moment de la tefila, elle comble ce besoin. Et plus elle s'écarte de la tefila, plus elle s'affaiblit,
ne pouvant exprimer ce besoin. Oui. Elle est toujours en prière. C'est pour ça que Razal dit: Oul vayit palen adam kolayon koulon. La tefila, on l'a expliqué, c'est kéchér, un lien. Elle est toujours en lien avec Dieu, elle ne pense qu'à ça. Alors il demande la tefila, il le dit avec des mots, mais en fait c'est une pensée constante.
Tout être humain, du fait même qu'il a en lui Tselem Elokim, aspire au divin. Mais il ne sait pas y arriver. Donc, voulant tellement atteindre la divinité et ne pouvant y parvenir, il s'invente des divinités. Et c'est comme ça qu'il tombe dans l'idolâtrie et toutes sortes de -ismes, comme on dit: socialisme, etc., cherchant en cela quelque chose de plus haut que le bas de sa ceinture, qui puisse le satisfaire.
Le besoin de son âme. Toute l'humanité est en quête de divinité. Le moyen: pas seulement pour satisfaire un besoin et une extase, mais pour gérer le monde selon la morale divine. C'est-à-dire ? Donc, la tefila est pour nous, et pour le monde entier d'ailleurs, une nécessité absolue. Et d'un autre côté,
le plaisir le plus kacher de tous les désirs, de tous les plaisirs. Galéan, Neshama, Chanan, Lourkhim, Vichotfim. Les vagues de notre âme vont en flot courant, constant. Nous désirons, pour nous-mêmes et pour le monde, une telle perfection que l'existence limitée ne peut donner. C'est-à-dire qu'on espère un monde bon,
etc., etc. Et le monde a ses limites, et surtout une vitesse de croisière très, très lente. Il ne va donc pas exactement à la vitesse qu'on pourrait espérer. Limité. Gvoul, gvoul, c'est une limite. Ou mitorkach, et de ce fait même, il est le moti metatsvenu chourim et tsaragdola: on est tout le temps dans le malheur, dans le désespoir, parce qu'on aspire à une
très haute sphère d'idéal, et le monde se trouve dans une situation très basse. Donc on est toujours attristé, toujours souffrant et douloureux de la situation. On nous trouve, on se trouve. Chez Déhavona: cette existence, la tristesse, le malheur de cette existence pourraient nous faire …
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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».
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