Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Les chemins de la téfila selon Rav Kook

Pourquoi la halakha oriente la prière vers Erets Israël, et ce que le cœur gagne à passer par le peuple d'Israël.

50 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Les deux dimensions de la téfila selon Rav Kook, 50 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, Darkei Poula, Tefila, la Yechi de la Tzibour, Pisca Yudbet. Talou Rabbanan, Souma, ou Michenot, Yahol, Yechaven et Taroukhot, Yechaven et Libor, Leaviv, Yevashamayim. Shalem. Ce qui veut dire: celui qui est aveugle, ou bien qui ne sait pas exactement comment s'orienter parce qu'il est dans le désert, donc il ne sait pas où se trouve Israël ou Jérusalem, eh bien, au lieu de s'orienter vers Erets Israël,

comme la halakha le préconise, lekhatchila, il concentre son cœur vers Dieu qui est dans les cieux. C'est clair ? Normalement, la halakha veut qu'on oriente son corps, son visage, vers Erets Israël, et si l'on est en Erets Israël, vers Jérusalem, à condition, évidemment, de savoir où se trouvent les quatre points cardinaux. Et si l'on est dans le désert et qu'il n'y a pas de boussole, on ne sait pas comment faire.

Alors on ferme les yeux, ou on les ouvre, peu importe, et on pense s'orienter directement vers Dieu. Ça, c'est la halakha. Qu'est-ce que cette halakha vient nous enseigner ? Regardez. Hachem… C'est seulement s'il ne sait pas faire ça tout seul… Évidemment. Mais on peut voir que c'est une halakha, et qu'il y a aussi une pensée profonde derrière, si bien que, de manière métaphorique, on comprendra autre chose.

Kavanat ha-lev la-Avi she-ba-shamayim, lé'asot ratsono. C'est-à-dire que le but final est d'orienter notre cœur vers Dieu, notre Père qui est dans les cieux, pour être proche de Lui, pour appliquer Sa volonté. C'est la finalité de toutes nos entreprises dans notre service de Dieu. Cependant, il s'avère qu'il y a énormément de chemins, et longs, qui doivent servir d'introductions, de préparations, pour nous amener à parfaire la volonté de notre Dieu dans les cieux.

Tu peux fermer la fenêtre pour qu'il y ait un peu moins de bruit ? Merci.

Cela veut dire qu'il est vrai que l'objectif final est de se rapprocher de Dieu. Cependant, il y a des moyens de se rapprocher de Dieu. Il y a des cheminements spécifiques que Dieu a dessinés par avance, et la perfection de l'homme est d'arriver à Dieu, mais par ces cheminements. Ne pas chercher d'autres moyens. Et surtout ne pas penser que, puisque l'essentiel est de se rapprocher de Dieu, peu importent les moyens. Tous les moyens ne sont pas bons pour se rapprocher de Dieu: ni les moyens bizarres, ni les combines, ni les astuces, ni les choses pas propres. Nous, nous savons que la fin ne justifie pas les moyens. Elle ne justifie pas les moyens. Mitsva, bah bara, avera.

C'est en cela, c'est la raison pour laquelle la halakha dit de nous orienter vers Erets Israël, vers le Beit Hamikdash. Quelle raison ? Il s'avère que les sentiments… Shalom. Prenez une page, la page 8, 8 de Beth. Il s'avère que les sentiments nationaux pour le peuple d'Israël eux-mêmes nous préparent, préparent notre cœur au service de Dieu, et élèvent notre compréhension, notre connaissance, pour reconnaître la valeur des mitsvot, de la Torah, et les accomplir par amour.

Qu'est-ce que Chazal veut nous enseigner par cela ? Quand tu pries Dieu, il est bien évident que ce qui t'intéresse, c'est d'arriver à Dieu, mais encore faut-il orienter ton corps, ton visage, vers Erets Israël, vers Yerouchalaïm. C'est vrai qu'il faut arriver à Dieu, mais il faut passer par Erets Israël, vers Yerouchalaïm. Le moyen optimal d'arriver à Dieu, c'est par l'intermédiaire d'Erets Israël, qui symbolise le nationalisme israélien. En t'agrippant à la naissance d'Israël, c'est ainsi que tu arrives à Dieu. Et si tu te déconnectes de la naissance d'Israël, il y a de fortes chances que tu te déconnectes de Dieu.

C'est ça ce que la halakha vient, euh, insinuer par là.

Aval. Et là commence le grand aval. Il y était marqué: celui qui est aveugle, celui qui a perdu la boussole, qui ne se retrouve pas, qu'il s'oriente directement vers Dieu. Il oriente son cœur vers Dieu. Pas son corps vers Jérusalem, mais son cœur vers Dieu. Qu'est-ce que cela vient insinuer ? Mi-she-lo yourah ha-akif kol malah Hachem outzé. Il y a des gens pour qui c'est trop compliqué: tout cet itinéraire complexe, pour arriver à Dieu, il faut d'abord passer par ton adhérence au peuple d'Israël, à la nation d'Israël, au nationalisme, à Erets Israël.

Et on a peur que, si on lui annonce trop le chemin, il reste finalement coincé à mi-chemin. Il peut arriver à une conception erronée: dire que le nationalisme, tel qu'il le conçoit dans le peuple d'Israël, est la fin de tout, l'objectif ultime, la sainteté parfaite. Cela veut dire qu'on a rendu l'existence tellement compliquée en lui disant: tu es obligé d'arriver à Dieu, mais en passant par le nationalisme. C'est ce que Chazal a dit, en tout cas. Donc il commence son cheminement à travers le nationalisme.

Il comprend le nationalisme à sa manière, de façon erronée et petite, telle qu'elle existe chez les Goyim, c'est-à-dire comme une appartenance à un groupe. Et ensuite il se dit: moi, je suis assez bien positionné, le nationalisme, c'est bon. C'est bon, pas besoin de plus. Et il n'arrivera donc jamais à l'objectif final, qui est d'arriver à Dieu. Alors que préconise le Rav dans une telle situation ?

Car en fait le nationalisme lui-même n'est pas un objectif, n'est pas une valeur en tant que telle, mais un moyen de nous amener à l'objectif. Bei shamra al kol darkhei ha-hayim, al-pi Torat Hachem nomar. Lorsque le nationalisme est bien protégé selon tous les ordonnements de Dieu, de la Torah, alors… Il faut faire attention qu'il ne perde pas l'objectif essentiel. Et au contraire, s'il se concentre et se dirige vers l'objectif final, rétroactivement, il complétera tous les moyens et tous les cheminements qui mènent à cet objectif.

Donc, on va répéter ça. Qu'est-ce qu'il dit, en d'autres termes ?

Si tu habites en Erets Israël, vers Jérusalem, et que tu es à Jérusalem, vers le Beit Hamikdash, ou bien tu es aveugle, donc tu ne sais pas t'y retrouver tout seul, ou bien tu as perdu le sens de l'orientation, tu es dans le désert, tu ne sais pas où se trouve Erets Israël. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Eh bien, pense directement à Dieu. Oublie cette histoire de te diriger vers Erets Israël, de toute manière tu ne sais pas où ça se trouve. Ça, c'est la halakha. Qu'est-ce que cette halakha vient nous enseigner ?

Que, évidemment, la finalité de tout, c'est de se rapprocher de Dieu, d'arriver à être en communion avec Dieu. Cela veut dire que toutes tes volontés soient totalement identiques à la volonté de Dieu, toutes tes aspirations, tous tes traits de caractère, etc. Ça, c'est la finalité. Mais comment parvenir à cet idéal ? Cela doit passer par le biais du nationalisme. Cela veut dire: par l'intermédiaire de ton approche intime, inconditionnelle, du peuple d'Israël, c'est comme ça que tu arriveras à Dieu.

Dans la même série

27 cours du Rav Yossef Benshoushan, classés par sujet.

  1. 18
    La prière de Mincha selon Rav Kook, page 3
    Pourquoi Mincha est la prière décisive, l'histoire d'Eliyahou au Carmel et le sens de la Ketoret.
    53 min
  2. 19
    Prier avec joie : la tefila, expression de l'âme
    Le rav Kook montre que la prière doit naître de la joie de la mitsva et de l'élévation vers la grandeur de Dieu.
    57 min
  3. 20
    La préparation à la téfila selon Rav Kook
    Pourquoi écarter la tristesse, la légèreté et les discussions vaines avant de prier, et comment la joie naît d'un manque comblé.
    56 min
  4. 21
    Pourquoi la téfila l'emporte sur les bonnes actions
    Moshé, le décret de Erets Israël et la prière, selon Rav Kook : l'âme du tsadik et ses effets.
    59 min
  5. 22
    Les chemins de la téfila selon Rav Kook
    Pourquoi la halakha oriente la prière vers Erets Israël, et ce que le cœur gagne à passer par le peuple d'Israël.
    En cours de lecture
  6. 23
    Les deux dimensions de la téfila selon Rav Kook
    Deux récits de Rabbi Eliezer : la prière longue qui transforme, la prière brève qui exprime ce qui est déjà acquis.
    50 min
  7. 24
    Les deux prières de Rabbi Akiva
    Pourquoi Rabbi Akiva priait autrement seul qu'en public, et ce que la kavana apporte à la tefila.
    59 min
  8. 25
    Le fruit de la terre et l'ordre des bénédictions
    Pourquoi le Talmud fait bénir la datte avant la grenade : la place du mot « Erets » dans le verset.
    57 min
  9. 26
    La prière et l'étude de la Torah selon Rav Kook
    Pourquoi l'étude fournit les idéaux, et la prière les enracine dans le cœur et la volonté.
    51 min
  10. 27
    Une prière sans réponse : le manque qui fait grandir
    Pourquoi Rav Kook explique qu'une prière restée sans réponse fait pourtant progresser l'âme vers sa perfection.
    53 min

Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav