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Les deux dimensions de la téfila selon Rav Kook

Deux récits de Rabbi Eliezer : la prière longue qui transforme, la prière brève qui exprime ce qui est déjà acquis.

50 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Les deux prières de Rabbi Akiva, 59 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Dachke, poulat hatzvina, l'hachim, la tzimouk, yiskei gimel. Tanu rabanan, maasei be-talmid echad, shi yarad nifnei hateva, nifnei Rabi Eli'ezer. V'ayam ma'arich yoter miday, amou lo talmidav, kamah ochkan uze, amar lahem, klum ma'arich yoter me Moshe Rabbénou, yechtiv be, arba'im yom ha'yom, arba'im yom ha'layla, mechoule.

Alors, nous enseignons, c'est l'histoire d'un élève qui s'est mis devant la téva, l'endroit où le fidèle prie, en présence de Rabbi Eliézer.

Et il allongeait sa prière, un petit peu trop, ou beaucoup trop. Alors les élèves, qui étaient un petit peu mécontents, disent au rabbin: « Ouf, qu'est-ce qu'il allonge, celui-là, dans sa prière ! » Et le rabbin leur répond: « Est-ce qu'il allonge plus que Moshé Rabbénou, à propos duquel il est dit: "les quarante jours et les quarante nuits que j'ai prié" ? » Donc Moshé Rabbénou a fait une prière bien plus longue que cet élève.

Je crois que vous êtes mécontents. Deuxième histoire. C'est l'histoire d'un élève qui, encore une fois, s'est tenu devant la téva pour prier en présence de Rabbi Eliézer. Et il a écourté sa prière. Trop écourté, cette prière. Alors cette fois-ci, les élèves aussi étaient mécontents, mais inversement. Ils ont dit: « Ouf ! Combien il raccourcit, celui-là ! » Alors Rabbi Eliézer aurait rétorqué: « Est-ce qu'il raccourcit plus que Moshé Rabbénou ? » À propos duquel il est dit…

Ennara fennala, « Dieu, guéris-la ». Une prière de cinq mots. Alors, qu'est-ce qu'il veut révéler ? C'est l'avocat du diable: quand l'élève prie trop long, il dit: « Il n'est pas plus long que Moshé Rabbénou. » Quand l'élève prie trop court, il dit: « Il n'est pas plus court que Moshé Rabbénou. » Donc, ça demande une explication. Une fois, il légitime la longueur, et une fois, il légitime la brièveté. On va regarder.

La valeur de la téfila apparaît dans deux dimensions différentes. Une, un des objectifs de la téfila est d'élever notre conception…

Donc, quand la prière…

Eh bien, évidemment que ça prend du temps, car ça prend du temps de changer. Et ça s'explique. Pourquoi la téfila de Moshé Rabbénou était-elle si longue ? Elle a duré quarante jours. Parce qu'il fallait élever le peuple d'Israël du plus bas de l'échelle, lui qui en était arrivé au point d'être des idolâtres autour d'un veau d'or, et l'amener à un niveau adéquat pour recevoir la Torah. Donc ça prend énormément de temps: quarante jours, du plus grand prieur du monde, qui est Moshé Rabbénou. Keneged yemei yetsirat avalad. Quarante jours, ça fait allusion au temps de la création d'un… d'un fétus.

Non, pas fétus. Balad, c'est le bébé, déjà, dans le ventre de sa mère. Fétus, si vous voulez. Donc il fallait… comme s'il fallait les reconstruire à nouveau, de zéro. Ke-letina, tsuha, balev hadash, le-mishmeret balev. Comme si on s'en venait à donner une nouvelle forme à un cœur, pour celui pour qui on prie. Donc ça, c'est un des objectifs de la prière. Mais il y a un autre objectif, une autre manière de prier.

Une fois que tout a déjà été effectué dans l'élévation de notre âme, c'est-à-dire que j'ai œuvré durement à progresser, à me lever, à me transformer, et voilà, maintenant tout est prêt, j'y suis déjà, à ce niveau. Donc la prière ne sert plus qu'à exprimer en mots ce que, de toute manière, j'ai déjà accompli dans ma personnalité.

C'est-à-dire, si je suis déjà, disons, amoureux fou de Jérusalem, et que je ne rêve que de Jérusalem et de sa reconstruction, vous n'avez pas besoin de vous préparer pendant cent ans pour le dire. Ceux qui disent: « Hachem, oleh mi-Yerouchalayim », ils ne font qu'exprimer le niveau d'amour envers Jérusalem qu'ils ont déjà. Donc ça ne prend pas de temps, juste quelques mots. Reste à savoir où tu en es.

Ça veut dire que Rabbi Eliézer nous enseigne là qu'il ne s'agit pas de deux manières, mais de deux stades. Le premier stade, c'est la réalisation de ces transformations internes, et celle-ci prend beaucoup de temps. Le deuxième stade n'est que l'expression de ta réalisation, et ça, ça ne prend pas de temps. Il n'y a qu'à le dire en quelques mots. D'accord ? Hacheni.

Et pour ce faire, cela ne demande pas de longueur. Tu peux dire énormément de mots, comme tu dois, parfois, œuvrer très longtemps pour aimer quelque chose, aimer quelqu'un que tu ne connais pas, par exemple: il faut investir.

Connaître, développer le sentiment. Une fois que tu as un sentiment ardent envers quelqu'un, eh bien, tu n'as qu'à dire un seul mot: « Je t'aime. » Et ce mot-là exprime en un clin d'œil toutes les tonnes d'amour ardent que tu as en toi. Pas besoin de beaucoup d'autre chose. C'est-à-dire ?

Donc, quand on est déjà à ce niveau, aucun intérêt à allonger, on peut raccourcir. Chalotza, la pe'ola est un moukhan pour mettre à l'œuvre ce qui existe déjà. Afgan, l'ichpani, l'yesh, le yadachim. Et c'est pour ça que les deux manières de prier sont légitimes. Ou-bilva, le-chikhaven, l'igour, le-chamaïm, évidemment, à condition qu'on le fasse de manière sincère, pour les Cieux. Le-fi atrouna, l'ivcharit, le-kvitzor, le-racha: selon tes possibilités et selon tes besoins.

Ça veut dire qu'il n'y a aucun idéal à prier longuement, et il n'y a aucun idéal à prier brièvement. Tout dépend où tu en es. Si tu as déjà atteint le niveau spirituel auquel tu devais arriver, eh bien, tu peux dire ça rapidement. Sinon, ne te mens pas à toi-même: qu'avec quelques mots tu y es déjà alors que tu n'y es pas. Un messie plus de temps. Vous savez qu'il y a des gens qui prient rapidement pour se débarrasser de la prière, parce qu'ils n'aiment pas prier.

Et ils s'inventent une certaine légitimité en fonction de ce qui est écrit dans la prière. Outfilatam mehera tekabel: ce qui veut dire, la téfila du peuple d'Israël, Dieu la recevra rapidement. Mais eux, ils disent ça d'une autre manière: « Outfilatam mehera: lorsque la prière est rapide, tu la recevras. » C'est une blague. Mais malheureusement, ce n'est pas seulement une blague.

Il y a pas mal de gens qui font une course contre la montre quand ils prient. Ils pensent que c'est une machine, comme… le tibet. Ils tournent la manivelle, hop, ça dit des mots, et magiquement, ça opère. La prière, c'est quelque chose de sincère, de profond, une expression, un épanchement de ses aspirations. Et donc ça, c'est chacun à sa vitesse. Il n'est pas possible que tout un tsibour soit à la même…

…rapidité, vitesse de croisière, de digestion émotionnelle. Donc évidemment que c'est un mensonge. C'est-à-dire, dans cette synagogue, n'ayez crainte: vingt-cinq minutes après, vous serez dehors. Vous venez faire Cha'harit chez nous, ça commence à six heures, six heures vingt-cinq, vous êtes tous déjà dehors. Ce n'est pas une prière, c'est une course contre la montre. Les gens n'ont même pas le temps, pas seulement …

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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».

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