La préparation à la téfila selon Rav Kook
Pourquoi écarter la tristesse, la légèreté et les discussions vaines avant de prier, et comment la joie naît d'un manque comblé.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Pourquoi la téfila l'emporte sur les bonnes actions, 59 min
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Donc, on ne peut pas se mettre à prier ni dans un état d'âme de tristesse, ni dans la fainéantise. C'est-à-dire que si tu es dans cette situation, tu ne peux pas prier. Organise-toi en conséquence avant de commencer à prier.
Ni dans la tristesse, ni dans la fainéantise. Alors, pourquoi spécialement la tristesse et la fainéantise ? On continue avec ce qui est écrit dans la Guemara, dans la Michna d'après: Vé lo mitor Shehok, ni en rigolant; Vé lo mitor Sihá, ni en discutant; Vé lo mitor Kalout Rosh, légèreté d'esprit; Vé lo mitor Devarim Betelim, et encore moins avec des discussions vaines.
Ça, c'est en train de dire n'importe quoi. Donc, ces situations de comportement ou d'état d'âme, et la dernière piste qu'il y a au-delà, c'est de faire la mitsva avec tristesse. Bien au contraire, il faut rentrer dans la prière, dans l'état de joie de la mitsva. Tout ça va être expliqué.
C'est caractéristique. Tout est Téfila. La Téfila, par excellence, c'est le jour du. Ce qui est avant et après, ce sont des introductions et des conclusions. Il vaut mieux être prêt déjà, même dans la préparation, mais à plus forte raison dans la Amida. Téfila, c'est la Amida. Ce qu'on appelle avant, c'est l'échauffement du canon avant de tirer le boulet. Tout ce qu'il y a, tout ce qu'il y a avant.
La Téfila, c'est la Amida. Alors, on reprend dans le texte. Le rôle de la prière, d'abord et avant tout, c'est d'avoir une influence sur nos forces d'âme, de manière à s'occuper de concepts purs,
et sur les forces du corps, de manière à effectuer, à réaliser de bonnes actions. C'est ce qu'on a expliqué tout le long de notre étude. Le fait de parler de ces thèmes, de les concevoir, de les comprendre, de les interroger, d'en être ému, c'est ce qu'on fait pendant la Téfila.
L'objectif, c'est que finalement tu œuvres dans ce sens. La Téfila, ce n'est pas de la méditation. C'est un moyen de t'amener finalement à agir pour concrétiser les idéaux divins. Donc tu les étudies une fois avec ton midrash, et après, de manière constante, tu les réanimes, réanimes, réanimes, tu les rafraîchis dans ta conscience, dans ton sentiment, dans tes émotions,
pour déclencher ta volonté et finalement œuvrer dans ce sens. C'est le rôle de la Téfila. Hachem, c'est la raison pour laquelle il faut faire en sorte de bien mettre en ordre les forces mentales, psychiques, spirituelles, et les forces corporelles, de manière qu'elles soient aptes
à cela. C'est pour ça qu'il faut écarter la tristesse, pour ne pas qu'elle alourdisse, qu'elle représente un fardeau sur nos forces d'âme, et qu'elle les empêche de s'élever
vers les compréhensions les plus pures, les plus claires. C'est-à-dire que si tu es triste, tu n'es pas fonctionnel. Tu pourrais me dire: « Qu'est-ce que je peux bien faire ? Je suis triste, ça me vient comme ça, un état de tristesse. » Eh bien, c'est une erreur de croire que les états d'âme gèrent ta personnalité. C'est toi qui dois être capable de gérer tes états d'âme. Quand on parle de tristesse, il y a ce qu'on appelle un gros Ossé Yad: se laisser sombrer dans le désespoir.
La tristesse est quelque chose d'illégitime. On n'a pas le droit d'être triste. Il faut faire le discernement, bien clair, entre la souffrance et la tristesse. La souffrance, c'est légitime. Tu n'es pas un fakir, tes sens fonctionnent. Donc si tu marches sur du charbon chaud, tu auras mal aux pieds. Ça fait mal.
Et on ne te demande pas de contrôler tes sens et de ne pas le ressentir. Tu es un être humain normal. De même, si tu as subi un affront, évidemment que tu en souffres. Tout ça, c'est légitime: la souffrance. La tristesse, c'est quand la souffrance se propage tellement dans toute ta personnalité qu'elle a conquis totalement toute ta personnalité, et qu'elle t'a fait sombrer dans la souffrance.
Ça arrive très souvent aux petits enfants. Ils s'amusent avec une épingle, par mégarde ils se piquent le doigt, il y a une goutte de sang, ils commencent à pleurer, ils hurlent. Désespoir total, ils pensent qu'ils vont mourir parce qu'il y a une goutte de sang, ou qu'ils sont tombés sur le genou, et ils hurlent de désespoir. C'est un enfant, on ne le lui reproche pas. Mais qu'un adulte se comporte comme un enfant pour de petits problèmes, ça, c'est inacceptable.
Il ne faut pas sombrer dans le désespoir. Il faut faire la part des choses. C'est vrai que j'ai le genou écorché parce que je suis tombé. Et bon, Hachem, tous les autres membres fonctionnent comme ils veulent. Et bon, Hachem, je suis encore marié, j'ai des gentils enfants, j'habite en Erets Israël, je travaille, j'œuvre dans l'avancement d'idéaux. Tout va bien. À part ces petites écorchures. Il faut mettre juste un petit peu de désinfectant et un pansement, comme on dit en français, un plaster, et c'est tout.
N'en fais pas une histoire. Pas dans un extrémisme de dire: « Non, c'est pas grave », « Non, c'est grave, on s'en occupe ». Mais c'est tout, pas plus. Ne sombre pas dans la souffrance. Lorsque tu te laisses aller de manière volontaire, d'où provient cette volonté de te laisser aller vers la souffrance ? Eh bien, malheureusement, on a tous en nous un petit peu de yetser de hitabdout, de suicide, comme le prétend Freud.
On aime bien de temps à autre, par une démarche un petit peu masochiste, se laisser couler vers la tristesse. C'est interdit, c'est contre Dieu. Donc c'est encore pire. Il faut savoir recevoir les souffrances avec amour. Non pas parce que tu es un masochiste, mais parce que tu as une confiance totale en HaKadosh Baroukh Hou, que tout ce qu'il fait, c'est pour ton bien.
Il se peut que maintenant je ne le comprenne pas, mais Dieu ne me cherche pas noise. Il ne veut que mon bien. Donc s'il m'amène maintenant cette huile sur la tête, c'est pour remettre mes idées en place. Il sait ce qu'il fait. Que, suite à cette douleur, suite à cette époque difficile à passer, j'en arrive finalement à d'autres conclusions de la vie, meilleures.
C'est une époque intermédiaire qui va me hisser à un niveau plus haut. Fais confiance à Dieu. Donc surtout ne te révolte pas. Ça fait mal, mais il ne faut pas dire: « Oh, c'est pas grave. » Ah, c'est pas grave ? Eh bien, on t'en donnerait une autre souffrance pour que tu sentes que c'est grave. Tout le but de la souffrance, c'est que tu en arrives finalement à une prise de conscience. Si tu prends ça à la légère, tu dis: « Non, c'est pas grave. » Alors, ce médicament n'est pas assez fort. On va hausser la dose.
Dans la Guemara, il est écrit: tu rentres ta main dans la poche pour sortir un demi-sheqel, et tu sors… oh mince, c'est un sheqel. Il sourit. Là, eh bien mince alors, quelle souffrance ! Ce n'est pas une …
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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».
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