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Les deux prières de Rabbi Akiva

Pourquoi Rabbi Akiva priait autrement seul qu'en public, et ce que la kavana apporte à la tefila.

59 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Le fruit de la terre et l'ordre des bénédictions, 57 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on est à la page 7, Pisca Khet. Vous avez trouvé ? Oui. C'est bon ? C'est le texte ? Il n'y a pas de lumière, hein ? Vous pouvez ouvrir la porte pour le même prix ? Merci. Alors, page 23. Je vais fermer la fenêtre, il y a moins de bruit. Merci. Alors, traduisons déjà. Rabbi Yehouda nous enseigne qu'ainsi était l'usage habituel de Rabbi Akiva. Bienvenue.

Page 7, alors vous ouvrez vos fascicules. Page 7, Pisca Khet. C'est bon ? Vous êtes installés ? On vient de lire la Guemara d'abord. Donc, « Amar Rabbi Yehouda », Rabbi Yehouda nous enseigne: ainsi était l'habitude de Rabbi Akiva. Quand il priait avec tout le monde à la synagogue, en tsibour, ils faisaient ça assez rapidement. Ils prenaient Torah tsibour, pour ne pas entraîner que le tsibour doive le supporter et attendre qu'il termine sa prière, etc.

Par contre, c'est « mitpallel bevno levenatzmo », quand il prie tout seul. Prier tout seul, ce n'est pas conseillé, mais il y a parfois des cas de force majeure: il est malade, il est en voyage, etc. Ça ne veut pas dire qu'il était déjà allé au tsibour, il priait dans un minyan. Et il arrive que, une fois tous les dix mille ans, on prie tout seul, d'accord ? Mais on va voir pourquoi il ne voulait pas prier en public, parce que ce n'est pas seulement qu'il priait longuement. Qu'est-ce qu'il faisait quand il était tout seul ? « Adam ve-nekho be-sivtzou », « motso be-savitachef ». On le laissait dans un coin de la chambre, on le retrouvait dans un autre coin de la chambre, en pleine Shmoula Yisraël.

« Mi-pnei kriyot vehishtachavayot », tellement il se prosternait devant Dieu. À force de se prosterner et de se prosterner, il bougeait, il ne restait pas sur place. Il se transportait d'une extrémité à l'autre de la salle. Donc, une attitude aussi extravagante risquait de déranger la concentration des autres fidèles. Alors il s'en empêchait quand il était en public. Entrons dans le texte. Qu'est-ce que ça veut dire, cette histoire ?

« Kavanat peshuta », « amin », « vayinianim », « yeter kechit latefila ». Ça veut dire: la concentration, on va dire ponctuelle. C'est la compréhension des mots, des sujets dont tu parles. C'est quelque chose de nécessaire, fondamental, basique. Sans ça, on ne peut pas parler de tefila, au moins que tu saches ce que tu racontes. Par contre, la kavana klalit, l'intention générale, c'est la kavana lachamayim, qui veut dire que quand je prie, je me dirige vers Dieu, je me concentre vers Dieu, je pense à Dieu.

Et « yitaron shelemout »: ça, c'est déjà un surplus qui te mène à la perfection. Ce n'est pas indispensable, c'est très souhaitable, mais ce n'est pas vital, ce n'est pas basique, ce n'est pas fondamental. C'est un excès de zèle, qui est évidemment conseillé. « Itharon shlemouta, chebechla louta », « kvarnim seti be-etze ma'inyanim », « betoha kavana pratit », qui à vrai dire se trouve dans l'émouna. Toute cette kavana, se rapprocher de Dieu, se ressembler à Dieu, faire en sorte que ma volonté soit semblable à celle de Dieu, être en admiration de la grandeur de Dieu, tout cela est déjà véhiculé dans l'émouna de la tefila, mais c'est assez recherché, ce n'est pas dans une première lecture.

Pour l'élévation de l'homme. Du moins, quant à la pensée ponctuelle, c'est-à-dire la compréhension ponctuelle des mots, on ne peut pas toujours se rendre compte de l'élévation dans toute tefila. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je donne un exemple. Chaque fois que quelqu'un mange une assiette, c'est le contenu de l'assiette qui le fait grandir, qui le transforme. Il y a toutes sortes de processus du métabolisme qui font que d'autres cellules se créent, etc. En es-tu conscient ? Non. La maman dit à son enfant: mange ta soupe, tu vas grandir. Le gamin mange, et il dit: maman, tu mens, je n'ai pas grandi.

Mais si tu as grandi, tu ne t'en rends pas compte, parce que la progression est tellement petite, progressive et lente, qu'on ne s'en rend pas compte. Mais finalement, qu'est-ce qui fait qu'à un moment tu étais tout petit comme ça, tu faisais quarante centimètres, et maintenant tu fais un mètre soixante-dix ou un mètre quatre-vingts ? À force de manger. Chaque repas t'a fait grandir davantage, a développé ton cœur davantage. Mais cela ne se ressent pas, cela ne se perçoit pas à l'œil nu, sans microscope.

C'est-à-dire, la tefila, maintenant: chaque fois que tu pries, quand tu t'adonnes seulement à la compréhension, à la traduction des mots. C'est bien, c'était sympa, mais je ne sens pas que je suis en extase, que j'ai grandi, que je suis dans les cieux et que je suis proche de Dieu. C'est-à-dire qu'on ne ressent pas l'élévation dans toutes tes filas quand on s'adonne seulement à se concentrer sur la compréhension des mots.

Bien que, sans aucun doute, cette prière, même la plus basique, soit quelque chose de très très haut, qui se tient tout en haut dans les cieux et qui t'ajoute énormément dans ta personnalité. C'est ce que je viens de dire. Cela ressemble à l'élévation, au grandissement corporel de l'homme, qu'on ne ressent pas, qu'on ne perçoit pas à chaque étape. On ne peut pas dire: voilà, maintenant j'ai grandi d'un demi-millimètre. Tu ne ressens rien alors que tu grandis. Le grandissement final n'est finalement que le fruit de l'addition de tous les petits grandissements microscopiques.

Donc ça, c'est concernant la tefila lorsqu'on se concentre sur les mots. Ce n'est pas la même chose concernant la kavana klalit, qui est d'être conscient du fait que je me tiens devant Dieu, Ribono shel olam, le Maître de tous les mondes, le Créateur de tous les mondes, l'Investigateur de tout ce qui bouge dans ce monde. Cette prise de conscience, « shehaharé oz, hararé ad she-lo asagot gdilot kedoshot », entraîne sans aucun doute des montagnes de conception, de perception grande et sainte. Et là, dans cette démarche, l'élévation est perçue. Je vois qu'avant de prier, c'est-à-dire avant de me tenir sur mon ISR, j'étais à un niveau assez banal, et pendant et suite à cette prière, je me sens dans une élévation spirituelle très très haute.

Donc, l'élévation est absolue et aussi perçue du point de vue subjectif, de la grandeur de Dieu. Si j'avais seulement compris les mots, dans les deux sens, je me suis élevé de toute manière. Mais une fois c'est perçu, une fois ce n'est pas perçu. Une fois, le ressenti me rend en extase, en émotion. Une fois, j'en ressens peut-être un petit peu froid. C'est la différence. Évidemment, ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un plus l'autre.

C'est-à-dire que dans la première, il reste seulement la compréhension. Dans la deuxième, il y a évidemment la compréhension, mais, cumulée à cela, la grandeur de Dieu. C'est-à-dire ? Qu'est-ce qui est plus évident ? C'est aussi objectif, mais c'est aussi subjectif. …

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