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Libre arbitre, connaissance divine et Maïmonide

Maïmonide répond aux objections sur le libre arbitre, puis aborde la question philosophique de la connaissance de Dieu.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le but de la morale : être homme, ressembler à Dieu, ou devenir prophète, 44 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous continuons le huitième chapitre des Chmoné Pérakim, et nous en sommes à peu près au milieu, là où il est question des objections qui peuvent être faites à l'idée du libre arbitre. Il y a des objections tirées de la Guemara, tirées du Tanakh, tirées de la réalité. Le Rambam a longuement expliqué quelles sont les différentes manières de résoudre ces questions, et il en est sorti différents principes.

Tout d'abord, ce qu'on appelle le libre arbitre concerne l'individu. L'individu est totalement libre. Deuxièmement, il y a quatre conséquences à cette liberté. La première, c'est qu'il est légitime de donner des commandements, puisque l'homme est libre. Deuxièmement, il est légitime de donner une rétribution, en récompense ou en châtiment, puisque l'homme est libre. Troisièmement, il y a un sens à l'apprentissage, ce que le Rambam appelle Hiklamdout. Et quatrièmement, il y a un sens à ce qu'on appelle les préparatifs, Ahanot. Tout cela est une conséquence directe du libre arbitre. Le premier élément, c'est donc que l'homme est libre; le deuxième, qu'il y a quatre conséquences à cette liberté.

Troisièmement, il y a une différence entre la collectivité et l'individu. La collectivité est susceptible de ne pas être libre, alors que l'individu l'est toujours. Quatrièmement, parfois le châtiment et la suppression de l'arbitre consistent dans la suppression du libre arbitre, comme dans le cas du Pharaon ou de Sihon. Et cinquièmement, nous avons appris au passage, quelque chose qui n'est pas essentiel au libre arbitre, mais que l'exil est une profanation du Nom de Dieu. D'accord ?

Pour l'instant, j'ai donc résumé les cinq éléments essentiels que nous avons étudiés dans le huitième chapitre. Tout cela est-il bien clair ?

— Pourquoi tu rigoles ? J'ai rien compris.

Tu n'étais pas là quand j'ai fait tout ça. J'ai expliqué ça l'année dernière, la semaine dernière. D'accord, je n'ai fait que revenir sur tous les éléments que nous connaissons à partir de l'étude du huitième chapitre. D'accord ?

Maintenant nous continuons, et nous en arrivons, dans la merveilleuse édition que vous avez devant les yeux, à la page Resh, Mem, Hé. Baroukh ata Adonaï, Elohénou melekh ha-olam, shehakol nihyé bidvaro. Donc, Mem, Hé... Resh, Mem, Hé. Non, Hé. Resh, Mem, Hé. Voilà. Nous sommes donc à la page Resh, Mem, Hé, au deuxième paragraphe.

Nous avons recensé les versets que l'on trouve dans la Torah et chez les prophètes, et d'où il semble ressortir que Dieu oblige à faire des péchés. Nous avons expliqué en quoi cela consiste, sans laisser de doute. C'est une bonne explication pour ceux qui sont prêts à approfondir.

Nous sommes donc restés sur notre principe, notre racine: c'est dans les mains de l'homme que se trouve la possibilité de faire, d'accomplir un commandement ou une transgression. C'est l'homme qui choisit ses actions. Ce qu'il veut faire, il le fait, et ce qu'il ne veut pas faire, il ne le fait pas. Si la punition que lui donne Dieu consiste à le priver de son libre arbitre, comme nous l'avons expliqué, ce qui était le cas de Pharaon et de Sihon, l'acquisition des qualités et des défauts dépend de lui.

Et c'est pour cette raison-là: il doit s'efforcer d'acquérir pour son âme ses vertus, parce que rien ne peut l'éveiller à cela si ce n'est lui-même. Véo omro âm bimoussare zo tama serta. Et c'est ce que disent les sages dans les enseignements moraux de ce traité: Im éin ani li, mi li ? Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ? Qui a dit ça ? Hillel. Hillel HaZaken a dit: Im éin ani li, mi li ?

Voilà pour ce résumé. Le problème, c'est pourquoi le Rambam a fait ce résumé avant la fin du chapitre. C'est parce qu'il va maintenant passer à la même problématique, mais d'un point de vue purement philosophique. Jusqu'à présent, le Rambam nous a amenés des versets et des enseignements de Chazal, en faveur ou contre le libre arbitre, et tout ce qu'il a expliqué ce sont des interprétations de la Torah. Mais ce qu'il va aborder maintenant est une question d'ordre philosophique, qui ne fait pas organiquement partie des Chmoné Pérakim.

Pourquoi ? Parce que les Chmoné Pérakim est un livre pratique. Ce n'est pas un livre théorique: c'est un livre pratique sur la théorie de la morale. Donc, des objections de logique ou autres, le Rambam, en principe, ne devrait pas en parler dans ce livre; il devrait en parler uniquement dans le Guide des égarés. Cependant, étant donné que la question est pressante, le Rambam a dit: je vais quand même en parler.

C'est ce qu'on appelle, en hébreu, le problème de la Yediya ou de la Bechira, la connaissance et le choix. Quelle est cette question ? Une question courante: est-ce que Dieu sait à l'avance ce que je vais choisir ? La réponse est, évidemment, oui. Il connaît tout, il est omniscient, comme on dit. Donc Dieu sait très bien ce que je vais choisir. Étant donné cela, est-ce qu'il est possible que je choisisse autre chose que ce que Dieu sait ? Évidemment non, je n'ai pas le choix. Donc le libre arbitre est impossible.

Par contre, si je dis que je suis réellement libre, et que rien ne peut me contraindre au résultat ou au choix que je vais faire, cela voudrait dire que Dieu ne sait pas tout, ce qui est inconcevable, étant donné que Dieu est un être absolument parfait. Il y a donc ici une contradiction. Vous avez compris ? En hébreu: Yediya ou Bechira, connaissance et choix. Yediya, la connaissance que Dieu a de ce que je vais choisir; Bechira, le choix que j'ai de choisir ce que je vais faire.

— Oui ? C'est l'interprétation du Rambam ?

Oui, bien sûr. En fait, ce que vous avez dit là est un conjugué de l'opinion de Rav Saadia Gaon, et de l'opinion du Rambam. On va d'abord présenter le problème, voir les différentes solutions qui ont été proposées, et pourquoi il faut finalement accepter l'opinion du Rambam. D'accord ? Je ne dirai pas encore ce qui a été pensé également chez les philosophes, etc. Il y a beaucoup de problèmes.

En philosophie, ce problème s'appelle le problème de la liberté: est-on véritablement libre ou pas ? Le Petit Prince dit: « Est-ce que vous commandez également, Sire ? Est-ce que vous commandez aussi au soleil ? » Que dit le roi ? « Oui, bien sûr. » « Alors, vous pouvez ordonner au soleil de se coucher ? » « Oui, bien sûr. » « Sire, puis-je vous demander une faveur, de faire coucher le soleil maintenant ? J'aime tellement les couchers de soleil. »

Le roi prend un air très sérieux et dit: « Si je demande à un général de voler à la manière d'un papillon, et qu'il ne le fait pas, qui est coupable, lui ou moi ? » Le petit prince, très sérieux, répond: « Ce serait vous, Sire. » Il est donc injuste de demander au soleil …

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