Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le fruit de la terre et l'ordre des bénédictions

Pourquoi le Talmud fait bénir la datte avant la grenade : la place du mot « Erets » dans le verset.

57 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : La prière et l'étude de la Torah selon Rav Kook, 51 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc Dieu t'amène dans une bonne terre, dans laquelle il y a des fleuves et des sources, aussi bien dans la plaine que dans la montagne. Une terre dans laquelle il y a du blé, de l'orge, de la vigne, des figues et des grenades. Une terre dans laquelle il y a des olives et du miel. C'est quoi le miel ? Les dattes.

Alors, qu'est-ce qui saute aux yeux déjà dans une première lecture ? À quoi ça sert de mettre deux fois le mot Erets ? On aurait aussi bien compris s'il y avait marqué « Eret rita ou sora vege plentena verimoun zet semen ut vash » pour faire le passage qui est intercalé au milieu.

Encore une fois, le mot Erets. C'est clair ? Donc, on n'est pas les premiers à s'en rendre compte. Dans la Guemara aussi, ils s'en sont rendus compte. Regardez la Guemara: Rafriza ve Rav Amounouna. Regardez dans le texte, c'est plus intéressant. Donc, Rafriza, Ravounouna, Avouyat et Besséoudata, étaient assis ensemble dans une Tseouda. Aïtou, Totarama, Lekamayou, Tamre, Bérimone. Tu peux fermer la porte ? Ils ont emporté devant eux des dattes et des grenades.

Chakal Rav Amnoula: Rav Amnoula a pris un fruit, et il a dit la bera'ha sur la datte, en premier. Alors Rav Chizda a été étonné. Il lui a dit:

— Est-ce que tu n'es pas d'accord avec l'opinion de Rav Yosef ? Il y en a qui disent, Rav Yits'hak, que tout ce qui est précédent dans le verset, dans l'ordre des fruits, précède aussi à la bera'ha. Oui.

— Le noyer, on ne le mange pas, non ?

— Non.

— Ah, est-ce qu'on doit faire la bera'ha avant d'enlever le noyer, ou pas ?

— Non.

— Est-ce qu'on doit attendre d'enlever le noyer, ou pas, avant de faire la bera'ha ?

— Non. Ça ne change pas. C'est bon ?

Donc, pour revenir à notre histoire: il a pris la datte, il a fait la bera'ha dessus.

L'autre a été étonné, il lui a dit: comment se fait-il que tu aies pris la datte avant la grenade, alors que dans l'ordre des fruits, la grenade précède ? Et Rav Yosef nous a enseigné qu'on doit faire la bera'ha selon l'ordre des fruits. Il lui a répondu: Ze cheni la'haretz, ve ze hamichi la'haretz.

Celui-ci est second à la terre, et celui-là est cinquième à la terre. Et ça veut dire, si vous vous rendez compte, dans le verset il y a marqué Erets, puis: Hita, Seora, Gefen, Tena, Verimon. Où se place le mot Rimon par rapport au mot Erets ? En cinquième place. Pour ceux qui sont rentrés en retard, ne griffonnez pas sur les feuilles, j'en ai besoin à la fin du cours.

Donc il est décalé de cinq places par rapport au mot Erets. Où se place le mot Dvash, qui veut dire datte, qui veut dire miel de dattes, par rapport au mot Erets ? En deuxième place. Donc c'est vrai qu'il est en cinquième place de manière absolue, Dvash, mais il se trouve à deux places du mot Erets, alors que Rimon se trouve à cinq places du mot Erets. Du mot ? Non. Zet Shemen, c'est un seul: Zet Shemen, c'est l'huile d'olive. C'est vrai ?

Alors que la datte se trouve en deuxième place après le mot Erets. C'est ce qu'il a répondu, c'est pour ça que j'ai fait la bera'ha sur la datte, conformément à ce qu'a dit Rav Yosef: celui qui est plus proche. Regardez, il a Marlé. Donc il lui répond: Man yahiv la Nagré de Farzela, qui pourra nous donner des pieds de fer ?

V'enachméinach, pour qu'on puisse te servir. Ça veut dire qu'il a été tellement enthousiasmé par la réponse qu'il lui dit: je voudrais être ton serviteur continuellement. Maintenant, quand on sert, c'est fatigant de rester sur ses pieds tout le temps. Donc, que Dieu me donne des pieds de fer pour que je puisse te servir toute la vie, tellement ta réponse est grandiose et enrichissante.

Donc, évidemment, on n'a rien compris de ce dont il s'agit. C'est pour ça qu'on doit voir le texte de Rav Kook.

Il va nous expliquer de quoi il s'agit dans cette discussion. Alors regardez. C'est tiré de Ein Aya, qui est une explication sur les Haggadot du Talmud. Donc Masechet Berakhot, Béréchit, sixième chapitre, Haute Mem, paragraphe 40. Oui. Vous pouvez faire une photocopie après. Pourquoi tu en veux une ? Bon, je te laisse une. Après, on photocopiera, c'est bon.

Reprenons. Hachem Shabrachot Atzmam, Me'irot, Etalevavot, Leidiot, Ledeot, Yesharot, Selavot, Ema'asim, Yesharim, Midot Tovot. Kach gam Pirte'em, Lilechot'em, Beno'im, Alpidrachim, Mifoulasim, Midot Tovot, Ve'ikahot, Ve'ikare, Torah, Be'emunot, Vedeot. C'est ce qu'il veut dire.

À l'origine, des bonnes actions et des bons traits de caractère, comme le dit le Rambam, dans les Hilkhot Brakhot. Prends une bera'ha chaque fois qu'on mange, pour penser à Dieu. Et comme on mange beaucoup, il nous arrive très souvent de rentrer quelque chose dans la bouche: c'est la meilleure manière de penser à Dieu continuellement, pour savoir que tout ce qu'on fait doit être relié à Dieu. Alors quand tu penses à Dieu, tu es un autre type de personne qu'un autre qui ne pense pas à Dieu.

Si Dieu est dans ta conscience, sans aucun doute cela t'amène à réfléchir d'une autre manière, à agir d'une autre manière, à forger ta personnalité d'une autre manière. Donc le fait d'être en pensée constante de Dieu a une influence sur ta personnalité, pour t'élever, pour t'améliorer, te purifier. Donc ça, c'est de manière générale la raison pour laquelle on doit faire une bera'ha avant de manger.

Maintenant, dit le Rav, il en est de même concernant les détails des halakhot de brakhot. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement de manière générale, pour penser à Dieu. Les hachamim ont pénétré de manière très méticuleuse, presque microscopique, que la halakha s'applique d'une manière ou d'une autre selon nos comportements, selon ce qu'on mange, etc. Ce n'est pas par hasard. Ces détails de la halakha sont censés…

…éveiller en nous aussi des compréhensions qui nous emmèneront finalement vers d'autres comportements. Donc, c'est ce qu'il dit: car même les détails des halakhot sont fondés selon des cheminements bien déterminés qui nous amèneront à des traits de caractère chers et à des fondements de la Torah concernant l'émouna, c'est-à-dire la émouna, et les conceptions véridiques.

Oubé hacher chibbat artzenu ekidoucha, i yesodash el Torah. Sachant que l'amour de notre terre sainte est un des fondements de la Torah: il n'y a qu'à voir le nombre de fois où le mot Erets Israël revient dans la Bible. Des centaines, des milliers de fois où le mot Erets Israël revient. Ça veut bien dire que c'est un sujet assez central dans le judaïsme. Ce n'est pas un sujet qui apparaît une fois tous les dix mille ans. Vous ne pouvez pas passer peut-être une dizaine ou une trentaine de versets sans rencontrer …

Dans la même série

27 cours du Rav Yossef Benshoushan, classés par sujet.

  1. 21
    Pourquoi la téfila l'emporte sur les bonnes actions
    Moshé, le décret de Erets Israël et la prière, selon Rav Kook : l'âme du tsadik et ses effets.
    59 min
  2. 22
    Les chemins de la téfila selon Rav Kook
    Pourquoi la halakha oriente la prière vers Erets Israël, et ce que le cœur gagne à passer par le peuple d'Israël.
    50 min
  3. 23
    Les deux dimensions de la téfila selon Rav Kook
    Deux récits de Rabbi Eliezer : la prière longue qui transforme, la prière brève qui exprime ce qui est déjà acquis.
    50 min
  4. 24
    Les deux prières de Rabbi Akiva
    Pourquoi Rabbi Akiva priait autrement seul qu'en public, et ce que la kavana apporte à la tefila.
    59 min
  5. 25
    Le fruit de la terre et l'ordre des bénédictions
    Pourquoi le Talmud fait bénir la datte avant la grenade : la place du mot « Erets » dans le verset.
    En cours de lecture
  6. 26
    La prière et l'étude de la Torah selon Rav Kook
    Pourquoi l'étude fournit les idéaux, et la prière les enracine dans le cœur et la volonté.
    51 min
  7. 27
    Une prière sans réponse : le manque qui fait grandir
    Pourquoi Rav Kook explique qu'une prière restée sans réponse fait pourtant progresser l'âme vers sa perfection.
    53 min

Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav