Le juste milieu selon Maïmonide : ni ascèse ni excès
Le Rambam rejette l'ascèse, s'appuyant sur la Torah, les prophètes et les sages, avec le cas de Zacharie et du jeûne.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Libre arbitre, connaissance divine et Maïmonide, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le chemin médian
Il faut expliquer que le chemin idéal du point de vue des midot est le chemin intermédiaire, et que ce chemin intermédiaire implique des actions médianes. Nous sommes à la page 13. Ce que nous a dit le Rambam, c'est que dans la Torah il y a une absence absolue de recommandations de la Seize. Et non seulement la Torah n'a pas recommandé la Seize, elle l'a même condamnée. Et où le Rambam a-t-il vu une condamnation de la Seize ? Il l'a vue dans le Nazir, quand la Torah dit qu'il faut expier le péché qu'on a fait contre son âme. Et ce péché, c'est la privation du vin. D'accord ?
De même, le Rambam a cité la Torah. Qu'en est-il des prophètes ? Et qu'en est-il des sages ? On cite comme source la Torah, les prophètes et les sages. Nous en arrivons maintenant aux prophètes. Dans les paroles de nos prophètes et des sages de notre Torah, nous avons vu qu'ils avaient pour intention l'équilibre et la préservation de leur âme et de leur corps, Chayoum khavenim ala chivoui, ushmirat nafsham begufam, alma chétechaivem à Torah, selon ce que la Torah les engageait. Et il amène ici, à ce propos, un enseignement prophétique.
## Le jeûne et la question adressée à Zecharia
Du prophète Zecharia, qui se dit Zacharie en français. Vous êtes à la page 14, mais nous en sommes à la page 13: c'est dans le troisième… Voilà, quatre lignes avant la fin. Vous y êtes ?
Vaya'an Hachem, et le Dieu béni soit-il a répondu, béyad névi'o, par l'intermédiaire de son prophète, à quelqu'un qui avait demandé lemi she-cha'al latsom yom 'ehad: s'il pouvait jeûner un jour. Devait-il continuer ou pas ? C'est ce que dit le prophète Zacharie.
Il s'agit de continuer à se priver comme on l'a fait depuis plusieurs années. Quel est l'arrière-plan historique de cette interrogation ? Quelqu'un a demandé au prophète Zacharie: nous avons pris l'habitude, depuis plusieurs années, de jeûner et de nous affliger pendant le cinquième mois. Et pourquoi avait-on l'habitude de s'affliger pendant le cinquième mois ? À cause de la destruction du Premier Temple.
Or, du temps du prophète Zacharie, on est dans la construction du Deuxième Temple. La question que se posaient les Hébreux de l'époque, les Judéens revenus d'exil, était la suivante: fallait-il continuer à jeûner le jeûne du mois d'Av, probablement le 9, ou pas ?
C'est absolument vrai: lorsque les Méraglim ont entraîné le décret d'interdiction d'entrer en Erets Israël, nos ancêtres, probablement du temps du désert, jeûnaient à Ticha BeAv. Mais une fois entrés en Erets Israël du temps de Yehoshua, ils ont arrêté de jeûner. À plus forte raison lors de la construction du Premier Temple. Mais lorsque le Deuxième Temple a été détruit, le jeûne de Ticha BeAv a probablement été rétabli.
La question était donc: puisque le Deuxième Temple est en construction, ou fini de construire, ou inauguré, faut-il continuer à jeûner à Ticha BeAv ou pas ? Telle était la question adressée au prophète Zecharia.
Alors, la question semble bizarre a priori. Si le jeûne a été institué à cause de la destruction, et que le Temple est reconstruit, pourquoi se poser la question ? Vous avez compris ma question ? C'est la question sur la question. La réponse probable, c'est que les Judéens en question se disaient: c'est vrai que le jeûne est advenu dans notre vie à cause de la destruction du Temple, mais maintenant on a découvert que le jeûne était une bonne chose. Peut-être que ça vaut la peine de continuer.
C'est-à-dire qu'ils sont devenus des amis de la Seize. Ils se sont dit que c'est une bonne chose. C'était ça le fond de la question adressée à Zecharia. Vous avez compris ?
Voici la question telle qu'elle est posée: Veou omra mitzraya anavi, aifkei bachodesh hachamishi, nazer kassidi, kacher asiti zechama shanim. Dois-je continuer à pleurer et à me priver pendant le neuvième mois, comme je l'ai fait pendant des années ? C'est ça, la question.
Verna otam: il leur a répondu. Kitsamtem ve-saphod: lorsque vous jeûnez et que vous vous lamentez ba-hamishi uva-chevi'i, lors du cinquième et du septième.
Le septième mois, c'est Tichri. Et le jeûne de lamentation du septième mois, c'est le jeûne de Gedalia. On voit donc dans le prophète que les Hébreux jeûnaient non seulement pour le mois d'Av, mais aussi pour l'assassinat de Gedalia.
Que dit le prophète ? Lorsque vous jeûnez et que vous vous lamentez lors du cinquième et du septième, vezeh shiv'im shana, et ce depuis soixante-dix ans: hatsom tsamtouni ani ? Est-ce à moi que vous avez jeûné ? Cette expression est très bizarre: comme si on pouvait jeûner Dieu. Mais enfin, c'est comme ça. Est-ce que vous avez jeûné pour moi ? C'est ce que ça veut dire.
Nous passons à la page 14. Ve-chit ochelou, ve-chit ishtou, et lorsque vous mangez et lorsque vous buvez, a-lo atem ha-ochelim, ve-atem ha-shotim, c'est vous qui mangez, c'est vous qui buvez. Donc, ce que dit le Bon Dieu, c'est que vous ne Me rendez aucun service en jeûnant. Ça, c'est la première chose.
Ve-achar kach tsiva otam: et après, Il les a instruits à se comporter selon la droiture et la vertu uniquement, et non pas à jeûner. C'est ce qu'il dit dans ses paroles: ainsi parle l'Éternel des armées, en ces termes:
Pratiquez la justice véritable, pratiquez la bonté et la miséricorde chacun envers son frère. Ne exploitez ni la veuve, ni l'orphelin, ni l'étranger, ni le pauvre.
Et ne pensez pas de mal de votre prochain dans votre cœur.
Il dit ensuite: ainsi parle l'Éternel des armées.
Et le jeûne du quatrième mois ? C'est Tammouz, n'est-ce pas ? Il y a donc un jeûne en Tammouz, probablement le 17, ce qui n'est pas sûr, mais peut-être le 9 Tammouz. En tout cas, la question n'est pas de savoir si c'est le 17 ou pas. Ainsi, Ve-tsom ha-revi'i, le jeûne du quatrième mois; ve-tsom ha-chamishi, le jeûne du cinquième mois, c'est-à-dire Av; ve-tsom ha-chevi'i, le jeûne du septième mois, c'est-à-dire Gedalia; ve-tsom ha-assiri, le jeûne du dixième mois, c'est Tevet.
Le jeûne du dixième mois, c'est le dix Tevet, bien que, d'après Rabbi Akiva, ce soit le cinq Tevet. Peu importe: en Tevet, il y a un jour de jeûne. Ce sont donc quatre jeûnes en question: nous sommes arrivés par Michi, Ishwi et Yassiri.
Yé le-Beit Yehouda, les sassan ou le simcha ou le moadim tovim: lassason ulsimha ulmo'adim tovim, seront pour la maison de Juda, de la réjouissance, de la joie et des jours de fête. Ve-ha-emet ve-ha-shalom ahavou, la vérité et la paix, aimez.
Qu'est-ce que le prophète leur dit ? Occupez-vous de la vérité et de la paix. Qu'entend le prophète par vérité et paix ? Sache que quand on dit la vérité, hen ha-ma'alot ha-sikhliyot, il s'agit des qualités intellectuelles, parce que ce sont des vérités …
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