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Adonai sefatai tiftah : la prière après la faute

Comment la phrase d'ouverture de l'Amida répare la faute quand le Beit Hamikdash n'existe plus.

48 min

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Rav Eliyahou, Hanina ben Dosa et la sainteté vécue, 35 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je pense que ce serait bien pour tout le monde, pour ceux qui étaient là et pour ceux qui n'étaient pas là, de faire une *Trasara. Qu'en pensez-vous ? J'essaie donc de reprendre tout ce qu'on a fait pendant l'heure, enfin pendant les 50 minutes. Au pire, on fera cela en deux cours, ce n'est pas grave. Mais c'est le moment où vous posez toutes vos questions. S'il y a des choses qui ne sont pas claires, dites-le. Aaron aussi, des choses qui ne sont pas claires, tu me dis. Je ne vais pas tout détailler, on va essayer de faire cela de façon plus concise.

On commence. Nous sommes dans les mots de l'Amida, tout au début. On avait expliqué que la première phrase de l'Amida est un ajout. Elle a été ajoutée à l'époque de Rabbi Yochanan, dans le monde post-prophétique, après la destruction du Beit Hamikdach. Et on avait expliqué pour quelle raison cette phrase a été ajoutée. La question que l'on s'était posée était: comment peut-on commencer à se présenter face à Hachem ?

Comment pouvons-nous demander des choses à Hachem alors que nous sommes remplis de hata'im, de fautes ? On avait dit que lorsqu'on fait des fautes, il y a deux conséquences. La première est sur nous: cela nous bouche intérieurement, cela empêche de dévoiler notre grandeur. C'est comme une sorte de tuyau bouché.

Il y a une deuxième conséquence, très importante: cela a une influence sur toute la réalité. Quand je médis, quand je profane le Chabbat, quand je vole, cela a une influence sur moi et sur la réalité. La réparation, le tikoun, doit donc se faire sur deux axes. Un axe intérieur, c'est la techouva, et un axe extérieur, c'est la kapara. La techouva, vous connaissez: le regret, le fait de se résoudre à ne plus refaire la faute.

Et la kapara, qu'est-ce que c'est ? Comment répare-t-on l'influence de la faute sur la réalité ? Quel est le moyen ? Le korban, le sacrifice. Quand il y a techouva et kapara, la faute est totalement réparée. Quel est le problème ? À l'époque de Rabbi Yochanan, on entre dans un monde où il n'y a plus le Beit Hamikdach.

Il n'y a donc plus de korban. Comment répare-t-on alors totalement sa faute ? On ne peut pas. Il manque la kapara, il manque le korban. Que va faire Rabbi Yochanan ? Il va décréter d'instaurer une nouvelle phrase: « Adonaï, sefatai tiftah, ufi yaguid tehilatekha ». Cette phrase, si vous vous souvenez bien, est tirée du Sefer Tehilim. C'est une phrase que David Hamelekh dit après avoir fauté, avec Bat-Shéva. Ce n'est pas une faute de même niveau, mais c'est une faute à son niveau. À cette époque de David, le Mishkan de Chiloh a été détruit. Il n'y a donc plus de Mishkan, plus de korban.

David veut se présenter face à Dieu. Il a fait techouva, évidemment, mais il n'y a plus de kapara. Alors comment va-t-il faire ? Il dit cette phrase: « Adonaï, mon maître, ouvre mes lèvres, afin que ma bouche proclame tes louanges. » On s'était demandé: en quoi cette phrase permet-elle à David, et nous permet-elle également, de nous présenter face à Hachem alors qu'on a encore des avérot ?

Le mot clé ici est le mot Adonaï. On avait expliqué que la racine de toutes les avérot, c'est en réalité une rébellion contre Dieu. Quand tu fais une avéra, au moment où tu la fais, tu es en rébellion contre Dieu. Tu ne penses pas à Dieu, tu penses à toi. Quel est donc le tikoun, comment se déracine-t-on de l'avéra ? En prenant Dieu comme maître.

Quand je prends Dieu comme Adon, je déracine rétroactivement ma volonté au moment de l'avéra. C'est comme si cette avéra ne me concernait plus. Tu es mon Adon maintenant. J'ai un regret total sur la faute, tu es mon Adon. Quand je fais cela, j'enlève la faute de moi, elle ne me concerne plus. C'est comme si je disais à Hachem: tu t'en occupes maintenant. Il y a des conséquences sur la réalité, eh bien c'est toi qui t'en occupes. Il n'y a plus de Mishkan, plus de Beit Hamikdach, à toi de t'en occuper. Et cela fonctionne.

C'est ce qu'a fait David Hamelekh, et cela a fonctionné pour lui. Et c'est ce que nos sages ont fait pour nous. Quand on dit le mot Adonaï, cela nous ouvre les portes de la tefila. Bien que nous ayons encore des avérot, cela nous permet de nous présenter face à Dieu. On n'est pas lavés de nos fautes, mais on est comme déracinés de nos fautes. C'est clair ? Oui ? Bon, j'avance.

Pourquoi dit-on « Sefatai tiftah » ? Parce que lorsque tu prends conscience de face à qui tu te trouves, tu ne peux pas parler. Imagine que tu te trouves devant un très grand roi, une personnalité très importante. Si tu es très impressionné et qu'il y a beaucoup de charisme, tu n'arrives pas à ouvrir la bouche. Là, c'est le roi des rois. Tu demandes donc à Dieu de t'aider à ouvrir tes lèvres, qui sont scellées quand tu te trouves face à lui. « Ufi yaguid tehilatekha »: que ma bouche dise tes louanges.

On avait expliqué la différence entre tehila et hallel, mais je ne vais pas rentrer dans cela. On va traduire par « louange » pour l'instant. Première phrase. On l'avait faite en une heure la dernière fois. Là, je l'ai faite en une minute. Excusez-moi.

Elohim, c'est la din, le jugement. Le Yod Hé Vav Hé est rahamim, la miséricorde, ce n'est pas la hessed. Tu demandes pourquoi on s'adresse à Dieu de cette façon ? C'est une très bonne question. Rassure-toi, dans trois mois on va le dire. On se posera la question là-bas, sur Baroukh Ata Yod Hé Vav Hé, pourquoi on le dit à cet endroit.

Le Ramhal explique que chaque nom de Dieu est comme une sorte d'habit. C'est un dévoilement. Par exemple, si je mets mon habit de... moi, Nathanaël, je me dévoile en tant que... Ça, c'est un nom de Dieu, comme Ghibor Milhama. Je suis infirmier, je mets ma blouse, ou je suis médecin, je me dévoile en tant que médecin. Chaque nom de Dieu est donc un dévoilement particulier.

Le Yod Hé Vav Hé, on expliquera plus tard ce que c'est. Ce n'est pas adapté ici. Quand on comprendra ce qu'est le Yod Hé Vav Hé, tu comprendras rétroactivement. En tout cas, je reviens sur ce point. Nous avons besoin ici, encore une fois, de nous présenter face à Hachem en situation de faute. En général. Il y a des tsadikim qui non. Quand tu dis le mot Adonaï, il faut à ce moment-là prendre sur toi une sorte de joug, de prendre sur toi Dieu comme maître.

Adonaï avec le adnout, c'est Dieu qui se dévoile à nous comme maître. Le Yod Hé Vav Hé, c'est autre chose. C'est le dévoilement dont j'ai besoin maintenant, parce que maintenant je dois m'autoriser à prier bien que j'aie encore …

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