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Adonai sefatai tiftah : se présenter devant Hachem malgré ses fautes

Pourquoi cette phrase ajoutée par Rabbi Yo'hanan remplace le korban, et comment le nom Adonaï déracine la faute.

16 min

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Adonai sefatai tiftah : la prière après la faute, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon. Ce qu'on va faire, je pense que ça serait bien pour tout le monde, pour ceux qui étaient là et pour ceux qui n'étaient pas là, et surtout pour ceux qui étaient là, c'est de faire une trassara. Qu'est-ce que vous en pensez ? J'aimerais essayer de faire tout ce qu'on a fait en une heure, enfin, en cinquante minutes. Au pire des cas, on fera ça en deux cours, ce n'est pas grave, d'accord ? Mais j'aimerais vraiment que ce soit le moment de vous poser toutes vos questions. S'il y a des choses qui ne sont pas claires, d'accord ? Aaron aussi, des choses qui ne sont pas claires, tu me dis. Évidemment, je ne vais pas tout détailler. On va essayer.

Alors, on commence. On est dans la émouna de la Amida au tout début. On avait expliqué au départ que la première phrase de la Amida, Adonaï, sfatai tiftah, ou-fi yaguid tehilatekha, était un ajout. D'accord ? Elle a été ajoutée à l'époque de Rabbi Yochanan, donc à l'époque d'un monde post-prophétique, après la destruction du Beit HaMikdach. C'est ça ? Et on avait expliqué aussi pour quelle raison cette phrase a été ajoutée. La question qu'on s'était posée, c'est: comment peut-on commencer à se présenter face à Hachem ?

Comment peut-on, comment pouvons-nous, demander des choses à Hachem alors que nous sommes remplis de hataïm, remplis de fautes ? D'accord ? On avait dit que lorsqu'on fait des fautes, il y a deux conséquences. Une conséquence sur nous: ça nous bouche intérieurement, ça empêche de dévoiler notre grandeur.

D'accord ? C'est comme une sorte de tuyau qu'on va boucher. Et il y a une deuxième conséquence, très importante: ça a une influence sur toute la réalité. Quand je médis, quand je fais un Khilloul Chabbat, quand je... Toute la véroute, quand je vole, d'accord ? Ça a une influence sur moi et sur la réalité. Donc le tikoun, la réparation, doit se faire sur deux axes. D'accord ? Un axe intérieur, ça s'appelle techouva, et un axe extérieur, ça s'appelle kapara. La techouva, vous connaissez, d'accord ? Le regret,

le vidouï, la kabala, l'atid, le fait de prendre sur soi, de ne plus refaire la avéra. Et la kapara, c'est quoi ? Comment on répare l'influence de la faute sur la réalité ? C'est quoi le moyen ? Le korban, le sacrifice. Quand il y a techouva et kapara, d'accord ? Là, la faute est totalement réparée. Quel est le problème ? À l'époque de Rabbi Yochanan, on rentre dans un monde où il n'y a plus le Beit HaMikdach.

Et donc il n'y a plus de korban. Comment fait-on pour réparer totalement sa faute ? On ne peut pas. Il manque la kapara, il manque le korban. Alors que va faire Rabbi Yochanan ? Il va décréter d'instaurer une nouvelle phrase, la première phrase: Adonaï, sfatai tiftah, ou-fi yaguid tehilatekha. Si vous vous souvenez bien, cette phrase est tirée du Sefer Tehilim. C'est une phrase que David HaMelekh va dire après avoir fauté, entre guillemets, la faute de David, d'accord, avec Bat-Shéva, mais c'est une faute à son niveau. Et c'est à cette époque de David que le Michkan était détruit.

Le Michkan de Chilo a été détruit. Il n'y a donc plus de Michkan, il n'y a plus de korban. Et David veut se présenter face à Dieu. Il a fait techouva, évidemment, mais il n'y a plus de kapara. Alors comment va-t-il faire ? Il dit cette phrase-là: Adonaï, mon maître, sfatai tiftah, ouvre mes lèvres, ou-fi yaguid tehilatekha, afin que ma bouche dise tes louanges. Et on s'était posé la question: en quoi cette phrase est-elle une phrase magique, en quoi permet-elle à David, et nous permet également,

de se présenter face à Hachem, alors qu'on a encore ses avérot ? Le mot clé ici, c'est le mot Adonaï. D'accord ? Adonaï, mon maître. On avait expliqué que la racine de toutes les avérot, c'est en réalité une rébellion contre Dieu. D'accord ? Quand tu fais une avéra, au moment où tu la fais, tu es en rébellion contre Dieu. Tu ne penses pas à Dieu, tu penses à toi. Donc quel est le tikoun, comment te déracines-tu de l'avéra ? En prenant Dieu sur toi en tant que maître.

Quand je prends Dieu en tant qu'Adon, c'est-à-dire, en fait, je déracine rétroactivement ma volonté au moment de l'avéra. C'est comme si cette avéra-là ne me concernait plus. Tu es mon Adon maintenant. J'ai un regret total sur la faute. Tu es mon Adon. Quand je fais ça, j'enlève la faute de moi. La faute ne me concerne plus. C'est comme si je disais à Hachem: tu t'en occupes maintenant, de cette faute-là. S'il y a des conséquences sur la réalité, c'est toi qui t'en occupes. Il n'y a plus de Michkan, il n'y a plus de Beit HaMikdach. À toi de t'en occuper. Et ça marche.

C'est ce qu'a fait David HaMelekh, et ça a marché pour lui. C'est donc ce que nos sages ont institué pour nous. Quand on dit le mot Adonaï, ça nous ouvre les portes de la tefila. D'accord ? Bien qu'on ait encore des avérot, ça nous permet de nous présenter face à Dieu et de... on n'est pas lavés de nos fautes, mais on est comme si on était déracinés de nos fautes. Du coup, c'est clair ? Oui ? Ok, j'avance.

Pourquoi dit-on sfatai tiftah ? Parce que quand tu prends conscience de face à qui tu te trouves, tu ne peux plus parler, d'accord ? Imagine que tu te trouves devant un très grand roi, une personnalité très importante. Si tu es très impressionné et qu'il y a beaucoup de charisme, tu n'arrives pas à ouvrir la bouche. Là, c'est le roi des rois. Tu demandes donc à Dieu de t'aider à ouvrir tes lèvres, qui sont scellées, quand tu te trouves face à lui. Ou-fi yaguid tehilatekha, qu'est-ce qu'on avait dit ? Que ma bouche dise tes louanges.

On avait expliqué la différence entre tehila et hallel. On va traduire ça par louange pour l'instant. Ok ? Première phrase. On l'avait faite en une heure la dernière fois. Là, je l'ai faite en une minute. Excusez-moi, je suis sévère avec moi-même. Excusez-moi. Elohim, c'est la din. Yod Kevav Ké, c'est la rahamim, ce n'est pas hessed. Tu demandes pourquoi on s'adresse... Très bonne question. Rassure-toi, on va le dire trois mois plus tard.

Baroukh Ata Yod Kevav Ké. On va se poser la question là-bas: pourquoi le dit-on là-bas ? Le Rambrel explique que chaque nom de Dieu est comme une sorte d'habit. C'est un dévoilement. Par exemple, si je mets mon habit de hayal, c'est moi, Nathaniel, qui me dévoile en tant que hayal. Ça, c'est un nom de Dieu, comme Guibor Milhama. Je suis infirmier, je mets ma blouse, ou je suis médecin. Je me dévoile en tant que médecin. Chaque nom de Dieu est donc un dévoilement particulier.

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