Le Rav Kook, amoureux fou de Hachem et de la création
Anecdotes sur la ferveur du Rav Kook, son rôle historique et la transmission de sa pensée.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Le Rav Kook, la Galout et l'universel d'Israël, 1 h 00
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On a assez travaillé avec ces quatre lignes. Oui ? Pas ? La vie du Rav Kook ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Une biographie ? La vie du Rav Kook, c'est un trop grand sujet pour mes petites épaules. Je ne peux pas parler du Rav Kook. Je peux parler, si vous voulez, de ce que moi, en tant que moins que rien, que rien, que rien, ai pu capter de sa grandeur infime.
Le Rav Kook, d'abord et avant tout, était un amoureux fou de HaKadosh Baroukh Hou. Si on veut chercher, si on peut oser donner une définition: étant amoureux fou de HaKadosh Baroukh Hou, il est amoureux de tout ce que HaKadosh Baroukh Hou dévoile dans ce monde. Et vu que tout dévoile HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde, il est donc amoureux de tout ce qui existe. Évidemment, il faut savoir…
Euh, mais de l'ordre. Qui plus, qui moins. Combien d'amour, moins d'amour, en fonction de l'intensité du dévoilement divin. Chaque créature qui dévoile le divin au plus, eh bien, envers elle on a plus d'amour; un peu moins divin, moins d'amour. Que j'entends par là quand je dis « amoureux fou de HaKadosh Baroukh Hou », je trouvais quelques anecdotes, juste pour qu'on puisse un tout petit peu imager.
De quoi on parle ? C'est que le Rav Kook, une fois, il est… plusieurs fois d'ailleurs, il a décidé de faire le tour du pays. À l'époque, il y avait toutes sortes de petits groupes qui s'implantaient en Erets Israël et, pour la plupart, malheureusement, étaient très éloignés du judaïsme. Donc il a décidé de faire le tour de tout le pays pour aller les renforcer dans le judaïsme. Son élève, le Rav Harlap, raconte…
Que dans un des voyages, il était avec lui à l'hôtel, la nuit. Et voilà que pendant la nuit, il entend des bruits bizarres. Alors il se réveille, et il voit le Rav Kook, en pleine nuit, marcher de long en large dans la salle, tout rouge comme du feu, ouvrir toutes les fenêtres, prendre une bouffée d'air. Il dit: « Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu te sens mal ? Tu veux que je t'apporte une aspirine ? »
Je brûle d'amour de Dieu. Et si je ne respire pas un coup, ma vie est en danger.
Une autre occasion, il a vu son Rav, le Rav Kook. Il savait que la prière du Rav Kook, c'était quelque chose de très, très spécial, et lui-même étant très, très minutieux sur toutes les directives de la halakha, évidemment. Mais un jour, il se lève de bon matin, il voit le Rav Kook…
Au lieu de commencer à prier et d'aller à la synagogue comme tous les jours, il est en train de papoter avec le jardinier du coin. Il pose toutes sortes de questions botaniques: comment ça pousse, comment on arrose, etc., etc. Ça l'a assez étonné, parce que normalement on ne doit pas faire ses propres besoins profanes avant d'aller prier Dieu. Il n'a pas osé poser la question, mais après, il n'a pas pu supporter. À la fin de la tefila, il va chez son rabbin et il lui fait…
Mais Hila, comment se fait-il que le rabbin se soit comporté de la sorte ? Il lui dit: « Je sais. Le problème, c'est que j'étais tellement en inflammation d'amour de Dieu que si, dans cette situation, j'avais prié, j'aurais perdu mon âme, je serais élevé aux cieux. Donc j'ai dû un petit peu affaiblir l'intensité en m'occupant de choses banales et profanes. »
Une autre fois, il écrit même, il dit à ses élèves,
Si on pouvait permettre une seule fois dans la vie de prononcer le nom de Dieu par ces lettres, ceci serait mon plus grand plaisir. Mais que puis-je faire ? C'est interdit. Prononcer, c'est-à-dire dire les lettres, Youd, He, Vav, He, ce qui est interdit, c'est comme quelqu'un qui est amoureux fou d'une demoiselle. Le fait même de prononcer son nom, déjà, il fond d'extase.
Et maintenant, il y a le Rav Kook envers Dieu. D'ailleurs, il n'était pas le seul. David Ameler lui-même était pareil. David Ameler dit: « Dieu, je t'envie dans les nuits. Je n'arrive pas à m'endormir tellement j'ai envie de toi. » Une fois, le Rav Siouda, son fils, qui était lui aussi un très, très grand tsadik, a raconté ça à une bande de Talmidei Hakhamim de Roshei Yeshivot. Il disait: eh bien…
Les autres rabbins ont d'autres soucis dans leur vie que ce problème de ne pouvoir dire le nom de Dieu.
Tout ça pour dire: quand tu décris une personnalité, tu peux faire toute une liste de compliments ou d'atouts, dont tu peux dire: voilà, c'était le plus grand prosèque de toutes les générations, le plus grand poète, le plus grand raciste, le plus grand kabbaliste, etc., etc. Et la liste est infinie. Mais ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Il faut trouver le point archimédique sur lequel tout repose.
Si le Rav Kook était un géant dans la Torah, c'est par amour foudroyant de Dieu qu'il est allé étudier la Torah, sachant que la Torah est le dévoilement intense de la divinité dans ce monde. Si le Rav Kook était un géant de l'amour d'Israël, c'est pareil: c'est par amour de Dieu, sachant que le peuple d'Israël dévoile le divin de manière très intense.
Si le Rav Kook était amoureux d'Erets Israël, c'est pareil, sachant qu'Erets Israël est une créature géographique qui dévoile le divin de manière optimale. Ainsi de suite: le Rav Kook était amoureux de l'humanité entière, comme cela apparaît dans ses écrits, parce que Ohev HaMakom, Ohev HaBriyot, qui est le Créateur. Et tu aimes ces créatures, parce que dans les créatures, il y a le Créateur. Ainsi de suite.
Non, ce n'est pas nous, les petits nains de rien du tout, qui allons essayer de faire l'éloge de ces géants, alors que les plus grands de la génération précédente n'ont même pas osé essayer d'écrire sa grandeur infinie. Juste pour la grandeur d'Israël Zalman Meltzer, qui était… qui doit l'Israël de la génération précédente, une fois il s'est exprimé dans une réunion de grands talmidei hakhamim: à l'époque du Rav Kook, il dit comme ça: « Nous sommes tous importants ici. Nous sommes des gens importants aux yeux de tous, les idoles d'Israël, etc. Seulement, quand on est entre nous, quand on arrive à la poignée de sa porte, on devient tous des nains. On n'ose même pas exister, vu la différence, la dénivellation infinie qui existe. »
Le Rav Eliashiv, qui est un des plus grands poskim de la génération, qui est décédé il n'y a pas longtemps, était évident pour lui que, quand il disait Harav, tout simplement, c'est le Rav Kook. C'est lui qu'il a marié, et il voyait en lui le géant de la génération. Le Rav Yosef Bichlal dit: c'est un ange. Ce n'est pas un homme, ce bonhomme, le Rav Kook: Malach Hachem Tzvaot.
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Ce cours fait aussi partie de la série « Autres cours — Machon Meir ».
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