Iftah le fils d'une concubine, de la ruine au salut d'Israël
Pourquoi ses frères le chassent, puis pourquoi les anciens de Guilad le rappellent face aux Ammonites.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Déborah et Yaël, des femmes stratèges dans Juges 4, 1 h 03
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, chapitre 11, Shoftim. On a vu la dualité entre les gens de Shekhem et d'Avimélekh. La fin, comme on l'a entendu, n'est pas lue, elle n'est pas explicitée. C'est-à-dire qu'Avimélekh périra, et les gens de Shekhem vont être pris eux aussi dans la tumulte. Et ainsi se termine l'histoire de Shekhem.
Il y a, entre le chapitre 9 et le chapitre 10, un certain nombre de Shoftim qui viennent et qui apparaissent subrepticement tout au long de ces pages, pour la raison qui est toujours la même dans le livre de Shoftim. Ils surviennent dans l'histoire tout simplement pour la raison que nous avons vue depuis le début: Vayassou bnei Israël laasot hara beeinei Hachem, que les enfants d'Israël firent le mal aux yeux de l'Éternel, pour les raisons que nous savons. En conséquence de quoi, l'ennemi se présente, avec différentes turpitudes, vicissitudes de l'histoire.
Et en conséquence de quoi, il y a un chofet qui apparaît et qui vient sauver la mise. Pour dix ans, pour vingt ans, pour trente ans, pour quarante ans. Mais le problème est beaucoup plus profond que cela. Nous ne réussissons pas à résoudre la difficulté éducative, morale, pédagogique de la nation. Nous sommes toujours confrontés à ces aléas tribaux, sans avoir véritablement de solution. Ce n'est pas parce que Dieu ne veut pas donner de solution, mais parce que l'Éternel attend que l'homme apporte la solution.
Il y a bien évidemment une dimension tribale qui doit être mise en évidence, mais il faut que cette dimension tribale puisse se comprendre et s'entendre à travers l'ensemble des tribus d'Israël. C'est le phénomène mosaïque, comme on a l'habitude de l'appeler.
Au chapitre 11 apparaît un autre des grands personnages du livre de Shoftim, Iftar. Chimchon, c'est un vrai. Iftar HaGuiladi. Je lis, et nous commençons à découvrir le personnage.
Vayoled Guilad et Iftar. Iftar HaGuiladi: il est de la région de Guilad, qui, à mon avis, se situe en Transjordanie, c'est-à-dire la Jordanie d'aujourd'hui. Aya guibor hayil: c'est un vaillant combattant. Veou ben ichah zonah: il est le fils d'une prostituée.
Vayoled Guilad et Iftar: « Le père de Guilad et celui qui le mit au monde. » Bien entendu, pas lui, sa mère. Mais il est étonnant de venir dire que quoi ? Que le… non. Le texte nous dit: « Et son père le mit au monde. » Qu'est-ce qu'on veut nous dire de cette manière ? Non, pas du tout. Ce n'est pas le père qui l'a mis au monde, c'est sa mère. Mais pourquoi le texte écrit-il « son père le mit au monde » ? Il faut entendre ce qui est écrit juste avant: Veou ben ichah zonah. Ça veut dire que c'est un enfant illégitime. Ensuite, on dit: « Et le père engendra l'enfant », ce qui nous dit que, vis-à-vis du père, le texte s'intéresse ici au père. C'est-à-dire que le père…
…reconnaît l'enfant comme étant légitimement son descendant. Vous y êtes ? Il y a deux choses. Veou ben ichah zonah: il est un enfant illégitime. Vayoled Guilad et Iftar: on dit que le père l'a mis au monde, pour la raison que je viens de vous dire. Deuxièmement, sans débat, parce que…
…la société patriarcale fait que l'évolution se fait selon le droit du père. Vatéled ishet Guilad lo banim: la femme de Guilad lui donna nombre d'enfants. Maintenant vous comprenez que ben ichah zonah, c'est l'enfant non légitime. La légitime, qui est-elle ? Verset suivant.
Vayigdelou bnei ha-ishah. Les enfants de cette femme ont grandi. On ne vient pas nous dire qu'ils ont grandi à la maison pour nous faire savoir qu'ils ont grandi à la maison. On nous dit que, s'ils ont grandi, vayegaresou et Iftar: ils ont chassé Iftar. Sociologiquement parlant, pourquoi l'ont-ils chassé ? Qu'est-ce que tu dis, toi ?
La question la plus simple du cours préparatoire: le père a un enfant illégitime parce qu'il a une relation avec une concubine, mais il fait reconnaître cet enfant comme légitime. Il a des enfants avec sa femme légitime. Les enfants légitimes grandissent et trouvent nécessaire de renvoyer l'enfant de la concubine. Dites-moi pourquoi.
Il le renvoie. Si le père le reconnaît comme légitime, pourquoi ne le reconnaissent-ils pas ? Ils n'ont aucun… Ah, c'est bien le mot que tu dis. Donc on laisse à présupposer que le choix de renvoyer cet enfant, eh bien, porterait atteinte aux intérêts légitimes de la famille. C'est possible. Mais analysons le texte pour ce qu'il est, dans le contexte où nous sommes.
Le contexte: nous avons conquis Erets Israël en partie. Il y a nombre d'enclaves qui sont présentes. Les enfants d'Israël sont énormément inspirés par le monde cananéen, et ils s'assimilent. Et à chaque fois, il y a un tremblement de terre en Israël: guerrier, social, économique, etc. Et un prophète, un juge va se lever. Pour l'instant, nous ne savons pas de qui il est question exactement. Le chapitre précédent présentait un certain nombre de juges qui traversent l'histoire de la judicature.
Le texte rentre dans le vif d'un sujet: Iftar le Guiladite, enfant d'une femme illégitime, confronté aux enfants légitimes de son père, qui le reconnaît. Ces derniers, les enfants légitimes, ne trouvent rien de mieux à faire lorsqu'ils ont grandi. Grandi, ça veut dire qu'ils ont maintenant conscience d'un certain nombre de choses, et ils renvoient le jeune garçon. Vous comprenez ?
Il y a là, bien entendu, une réalité sociale, une phénoménologie sociale, bien évidente. Daniel parle d'intérêt. Si on voulait être un peu plus précis, on dirait quoi ? Sans parler seulement de l'intérêt que Daniel a relevé, on parlerait de quoi ? Il le renvoie parce que, allons au plus facile, la chose qui viendrait à l'esprit quand on lit les textes sacrés, qui viendrait naturellement à l'esprit.
Oui, c'est-à-dire qu'il le renvoie pour une raison morale. C'est la première chose qui vous vient à l'esprit. Ce que dit Daniel, ce n'est pas encore le pchat à proprement parler, c'est déjà le drach et le texte. Vous comprenez ?
Regardez ce qu'ils lui disent. Je n'ai pas continué à lire, exprès. Vous avez vu qu'à chaque fois que vous apprenez avec moi, je fais un découpage des textes, mais aussi du verset. La raison, c'est que, voyons… Ils le renvoient, mais ils sont, d'une certaine manière, clairs et nets. Ou ils voudraient se positionner comme honnêtes. Qu'est-ce qu'ils lui disent ?
Lo tinhal: tu n'hériteras pas. Nahala, c'est un héritage. Quel héritage dont on parle ici ? Lo tinhal: la terre, bien entendu. N'oubliez pas à quelle époque nous sommes. Il n'y a pas si longtemps que l'héritage terrien est moins important qu'il ne l'a été tout au long des siècles.
Quel est l'héritage par excellence ? Pensez à la France et à votre histoire de France. Au temps féodal, au temps des seigneuries, au temps de la royauté: avoir des terres. Et à quoi servent ces terres ? À pouvoir être entretenues, cultivées et léguées par héritage. Recevoir l'Anjou fait de toi le duc d'Anjou. Recevoir …
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