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Le cantique de Dvorah et la femme qui rassemble

Comment Myriam répond aux hommes par la farandole, et pourquoi la mère est le pilier qui réunit la famille d'Israël.

1 h 04

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le livre des Juges : introduction à son historiosophie, 1 h 02

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Rappel: Barak et Sisra

Je vous rappelle ce qu'on avait vu avec Dvorah, le combat Barak-Sisra. On avait fini avec Yaël. Je vous avais emmenés dans cette promenade intellectuelle et philosophique du Tanakh, où les femmes sont véritablement un fil d'Ariane. Vous aviez découvert le personnage de Dvorah, qui est non seulement prophétesse, juge, femme, épouse et chef d'état-major, puisqu'on l'avait vue mener la bataille contre Sisra.

Et Sisra lui-même, prenant la fuite, se retrouve chez la femme de Khéver le Kini, la famille de Yitro. Yaël va elle aussi jouer un rôle prépondérant, que nous avions vu il y a deux semaines, trois semaines de cela. La semaine d'après, c'était Hanouka, et la semaine dernière je n'étais pas là. Conséquemment à ce qui s'est passé, Dvorah va entonner un chant.

Alors, avant que nous rentrions dans le cantique de Dvorah, on se rappelle, bien évidemment, un autre cantique qui a été chanté à la suite de la victoire, de la joie, du bonheur d'avoir été, comment dire, sauvé. Vous vous rappelez lequel ? Oui, Az Yachir Moshe, bien évidemment, c'est de cela dont il est question. Az Yachir Moshe et…

Permettez-moi de vous le dire, je vais le faire, parce que je n'avais pas pensé vous le dire, mais maintenant que ça me vient sur le bout de la langue, je ne peux pas m'empêcher de vous le faire. Vous vous rappelez quand il y a la Shira de Az Yachir Moshe ? C'est Beshalla'h, n'est-ce pas ? Vous acceptez ce que je vous dis, Beshalla'h ? Yafé.

Vous voyez, Vayocha Hachem beyom hahou et Yisraël miyad Mitsrayim. Ceux que ça intéresse peuvent feuilleter: c'est le chapitre 14 de Chemot. Nous sommes donc au chapitre 14 de Chemot. Az Yachir Moshe, je vous passe toute la Shira. Mais où je veux vous emmener, c'est quelque chose qui me paraît, à moi, tout à fait extraordinaire. Je vous y emmène maintenant. Écoutez bien.

C'est assez révolutionnaire, et ce n'en est pas moins juste, bien entendu. Vous avez compris que je n'aime pas vous raconter des balivernes, mais j'aime toujours chercher les choses qui sont étonnamment étonnantes. Alors je vous emmène à la fin de Az Yachir Moshe. Il est écrit, vous le connaissez bien entendu: « Vatikach Miryam haneviah, a'hot Aharon, et ha'tof beyadah ».

## La farandole de Myriam

Donc Myriam, la sœur d'Aaron, prit le tambourin dans sa main. Vous me suivez ? Il y a ensuite: « Vatétsena kol hanachim aharéha betofim ouvi'mecholot ». Et toutes les femmes accompagnèrent cette Myriam. Les accompagnèrent comment ? En chantant et en dansant. Ce que nous appelons en français la farandole. Et il y a bien sûr…

Mais ça, c'est mon petit rajout malin à moi: aucune mechitza lorsqu'elles se mettent à chanter et à danser. Vayaan, puisque nous sommes de l'autre côté du rivage de la mer, des gens. La mer des gens, c'est Yam Souf. Souf, ce sont des gens. Il n'y a jamais écrit Yam Adom. Mer Rouge, ça n'existe pas. Yam Souf, la mer des gens. Voyez le nombre de choses qu'il vous faut intégrer pour ne pas paraître…

…assez imbécile lorsque vous voulez parler de Torah, hein. Il y en a suffisamment, on n'a pas besoin de vous rajouter au lot. Donc: betofim vata'in. Et maintenant, écoutez: ceux qui ont le texte devant eux, regardez comment c'est écrit. C'est là l'extraordinaire, car l'interpellation de l'homme est véritablement remise en question pour comprendre le texte de la Torah. Toi.

Écoute particulièrement ce qui est écrit. Verset: « Vata'an lahem Miryam ». Et Myriam leur répondit. Première chose: lahem. Deuxième chose. Je reprends la fin du cantique de Az Yachir Moshe. Baisse la tête parce que tu es filmé, merci. C'est moi l'acteur principal, et pas toi. Vata'an…

Vous avez compris que si elle a répondu, c'est que… Non ! Si elle a répondu, c'est qu'on répond parce que… Pardon ? Ça veut dire qu'on lui a posé une question. D'accord ? Deuxième chose: il y a écrit lahem. Or, si Myriam a entonné un chant et commencé à tambouriner, et que les femmes se joignent à une véritable farandole autour d'elle,

il aurait dû être écrit vata'an lah (avec le Nun sofit), et il y a écrit vata'an lahem, avec le Mem. Elle répond à qui, Myriam ? Aux hommes. Et que leur répond-elle ? Quelle fut donc la question ? Les hommes ont dit quoi ? Qu'est-ce que vous faites, si vous voulez, dans votre langage à vous ?

Quelle est donc la raison de votre farandole, mesdames ? Et qu'est-ce qu'elles leur répondent ? Regardez ce qu'il y a écrit. Lisez avec moi ! Cela va vous donner une dimension de compréhension qui va vous empêcher de vous laisser périr dans les méandres de l'abrutissement intellectuel. Vata'an lahem, et elle leur répondit, aux hommes, Myriam, pour qu'il n'y ait pas d'erreur.

C'est à Myriam qu'on a posé la question, parce que c'est elle qui a généré le sujet. Les femmes ont suivi. On pose la question à Myriam: quelle est la raison de votre farandole ? Et elle va leur répondre, aux hommes: « Shiru la'Hachem ki ga'o ga'a, sus veroho ramah bayam ». Prenez l'ensemble de ces deux versets.

Vous tournez la page de la Torah d'avant, et avant Az Yachir Moshe, vous la mettez. Car Ein mukdam ve-ein me'uchar baTorah: il n'y a ni antérieur ni postérieur dans la Torah. Vous le mettez là, et quand elle répond: « Parce que Dieu a fait le miracle de la traversée de la mer », c'est ce qu'elle dit, c'est sa réponse, et alors là vous commencez…

Et vous comprenez la raison du… Mais enfin, cela demande une volonté synaptique très importante. Mais on peut, comme beaucoup de gens, se suffire de lire sans essayer d'entendre ce qui est dit et de comprendre.

## Savoir entendre ce qui est dit

Ce n'est pas seulement dans l'étude historiosophique du Tanakh, c'est aussi dans vos propres conversations. Je donne toujours l'exemple de la Torah Tanefesh: le matin, lorsqu'on se rencontre, on dit « Ma nichma ! ». Je l'ai vu ce matin, j'ai dit Ma nichma. C'est-à-dire ? Et après lui avoir dit Ma nichma, j'ai continué mon chemin. Je suis un véritable saligaud. Pour quelle raison ? Parce que je viens de demander à M. Huluberlu, qui est là, je viens de lui demander:

« Que vais-je entendre de toi, ma nichma ? Qu'allais-je entendre de toi ? » Eh bien, vu mon comportement, je ne voulais rien entendre de lui, et ma question n'était que rhétorique. Mais si j'étais vraiment l'homme auquel j'aspire, lorsque je lui dis « que vais-je entendre de toi », il faut que je prenne le temps d'entendre

et de comprendre. Ma nichma, c'est certainement que l'autre s'intéresse à toi. Sinon, il n'y a pas besoin de poser la question. C'est comme si je te demandais: Mah shlomcha, quelle est la plénitude de ton être à la seconde où je te questionne ? Je n'ai pas posé une question anodine, comme le …

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