Gédéon et le pan de laine : la preuve demandée à Hachem
Gédéon réclame deux signes avant la guerre contre Midian et Amalek, et ce que cette demande révèle de la émouna.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Guidon refuse la royauté : pouvoir et morale, 1 h 00
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Vayomer Gidon el Elohim, im eshra moshia beyadi, parce que la... la main de, im eshra moshia beyadi, et Israël, ka'asher dibarta. Ce qui veut nous dire ici, et on fait un retour en arrière juste après cela, que Gidon interpelle l'Éternel en lui disant: si tu m'as choisi comme celui qui délivrera Israël, ainsi que tu l'as annoncé.
Nous verrons dans un instant de quoi il est question. Vous vous rappelez qu'on avait terminé avec le verset lamed-guimel: Vekol Midyan ve Amalek benei kedem nis'fou yahdav, c'est-à-dire que la coalition entre Amalek et Midyan se réalise.
Je vous rappelle que nous sommes à Emek Yizréel, c'est-à-dire un peu en dessous d'Afoula. Vous pouvez vous mettre à table et essayer de... et ce n'est pas un restaurant ici non plus. Ou vous venez pour étudier, ou sinon vous restez là où vous êtes. Donc la coalition de Midian et d'Amalek et des Bné Kedem se sont rassemblés, comme vous le voyez au verset suivant: Vayaavrou, vayahanou be'emek Yizréel.
Comme je vous l'ai dit, c'est un peu le sud d'Afoula. Et peut-être ne vous l'avais-je pas dit la dernière fois: il est écrit que l'esprit habille l'homme. Il n'est pas question de dire que c'est l'Éternel qui agit à travers l'homme, mais l'habillement.
Le souffle divin qui habille l'homme doit donner à l'homme la force de pouvoir agir selon les moyens que Dieu lui offre de par la nature de la création. Mais c'est l'homme qui agit. Ok, mais ça, c'est depuis le moment où Dieu fait créer la création. Sinon, il n'y aurait pas eu besoin de création. Que veut l'Éternel ?
Avec la création, là est le sujet. Quel est le projet divin dont je vous entretiens depuis le début de l'année, projet divin qui n'a rien à voir avec la religion ? La religion n'est qu'un moyen de survivre pour le temps où la Torah pourra être vécue. Cette Torah comprend, parmi, ces lois, ces commandements, ces préceptes: manger de la matza à Pessa'h, dire Modeh ani le matin, ou se laver les mains après être allé aux toilettes. Mais ce n'est certainement pas cela, la finalité. Les moyens servent ici à permettre à l'homme de se construire, de s'instruire, de s'élaborer, pour pouvoir collaborer.
Avec le projet divin, et je le répète encore cette fois-ci: après l'échec des premiers hommes et des premières femmes, un homme, Abraham, lève la main et se porte volontaire pour témoigner du projet divin à la face de l'humanité. Donc le projet divin est non seulement entre les mains d'Israël, pour Israël, mais lorsque ce « pour Israël » se réalise, il devient le moyen pour l'humanité.
Vous voyez donc que nous sommes à des années-lumière du culte religieux. Et celui qui considère jusqu'à aujourd'hui que le culte religieux est la Torah se fourvoie le plus totalement possible. Et celui qui considère que le culte voué à Dieu est la finalité du don de la Torah au mont Sinaï fait un contresens comme aucune littérature n'a réussi jusqu'à ce jour à en faire. Ce sont des moyens par lesquels le message prononcé à Moshé au Sinaï devra se réaliser.
Nous ne sommes que les pions, que les écrous, les vis d'un projet énorme, mais qui nécessite que ces pions, ces vis et ces écrous puissent se réaliser d'abord individuellement, puis collectivement, lorsque l'histoire se met en mouvement et permet à Israël, comme aujourd'hui, de pouvoir se réaliser. Avec ses réussites et avec ses erreurs, comme celles d'aujourd'hui, mais qui, envers et contre tout, est un mouvement elliptique, c'est-à-dire un mouvement qui va vers le haut, le mieux et le meilleur, de manière perpétuelle.
C'est en quelques mots. Ce n'est pas, je dirais même, un doctorat de troisième cycle. C'est le doctorat avec l'article défini « le ». En hébreu, on dit Ha-ma'ayan ha-ehad. Mais si on passe à côté de ce syllabus-là, c'est qu'on n'a strictement rien compris. C'est sympathique de te voir faire ta prière, de calculer le poids de ta matza et de vérifier s'il est troué ou pas. Mais si tu n'es pas capable d'entrevoir et d'apercevoir, à travers ce que tu fais à ce moment-là, la finalité de pourquoi tu le fais, c'est la dégénérescence à l'état le plus pur.
Et si j'étais l'Éternel, j'en serais alors absolument affligé. Et, désolé, je verserais une larme, qui, versée par l'Éternel, deviendrait un torrent. Vous comprenez donc qu'il y a là quelque chose qui nous dépasse. C'est ce que je dis quand je rencontre ces gens qui font leur alya.
Tu es monté en Israël. Et alors ? Maman, je suis rentré à la maison. Elle va te dire: oui, pourquoi ? Tu voulais rentrer où ? Non, je ne sais pas, je te dis, maman, pour te rassurer. Ah, mais je n'ai pas besoin de me rassurer. C'est toi, mon fils, qui dois comprendre ce que tu entends quand tu me dis: maman, je suis rentré à la maison. Et pourquoi es-tu rentré à la maison ? Et à quoi sert la maison ? La maison sert-elle à réchauffer tes petites menottes au coin de la cheminée ? Ou est-ce que la maison représente quelque chose qui transcende tes seules petites menottes bien fraîches ? Parce que c'est l'hiver à l'extérieur. Vous comprenez ?
Maintenant, je suis d'accord avec vous: on peut abrutir les masses. Les religions, les politiques ont énormément servi, pour des raisons de dominants, à faire des dominés des masses annihilées, abrutis. Dans certains pays, on n'enseignera pas l'alef-beth, pour maintenir l'analphabétisme, et que celui-ci soit le moyen de domination de ces masses.
Nous ne sommes pas une religion. Point barre. Si Dieu avait voulu une religion, il aurait dit à Abraham et à d'autres copains à lui: vous êtes de grands sages, vous allez former une secte, et lorsque cette secte réussira, on l'appellera religion. Comme l'islam, comme la chrétienté, un truc comme ça. Une religion, c'est une secte qui a réussi. Mais nous ne sommes pas une religion.
Ki Hachem Elokeïkha bahar bekha mikol ha-amim... Qui nous a choisis parmi tous les peuples pour devenir un peuple. Ve natan lanou et ha-Torah, qui veut dire enseignement, afin que la constitution de ce peuple lui permette de se constituer, afin de pouvoir reconstituer une humanité en mal d'être. Depuis l'échec d'Adam et Ève, Caïn et Abel, la génération de Noa'h, ou la tour de Babel. Vous me suivez ? Vous n'êtes pas beaucoup. Celui qui rentre maintenant, eh bien, il faudra qu'il réécoute. Sinon, comme il n'était pas présent, le verbe « présent » ne lui a pas été donné, au sens du substantif « présent », c'est-à-dire cadeau, faire un présent à quelqu'un. Vous comprenez jusqu'où on va ?
Mais vous avez le droit, à la fin de l'année, de dire: il est sympa, René Akrich, mais moi je continue à être une grenouille de bénitier. Vous avez le droit aussi. Ça ne fera qu'ajouter à trois milliards de, qu'il y en ait trois milliards et trois ou quatre, cinq, six supplémentaires. Mais vous avez le droit.
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