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Pourquoi le monde commence par l'ordre et non par le chaos

Le verset 2 de Béréchit face au chaos grec et à l'entropie : une intention primordiale, un rechit.

57 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Yehi et Vayehi : deux modes d'existence dans la Création, 9 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, bonjour tout le monde, Chalom. Si je ne me trompe pas, nous sommes déjà arrivés au premier chapitre, n'est-ce pas ? Au chapitre 1 de Béréchit. Je crois. Oui ? Ah, ce n'est pas vrai ! On a étudié le premier passoul la dernière fois. Bon, alors essayons de passer au premier passoul malgré tout. Si, on avait étudié. On avait étudié le premier passoul ? Mais bien sûr ! Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ? Ah, on n'a pas tout fait. On n'a pas tout fait.

On n'a pas tout fait. On a déjà expliqué que pour comprendre le mot Béréchit, il faudrait étudier les soixante-dix chapitres du Tikkouné Hazohar qui parlent de cela. On ne peut pas, dans le cadre du temps qui nous est imparti. Est-ce que la noble assemblée ici présente a eu vent de la mythologie grecque ? La mythologie grecque, c'est l'arbre d'Azara, dominant dans la culture occidentale. C'est un truc qui est arrivé par la tradition hellénistique.

Est-ce que la noble assemblée a une quelconque idée de qui est le plus grand des dieux grecs ? — Zeus. — Oui, c'est à ça. Pouvez-vous me dire quel est le nom du papa de Zeus ? — Chronos. — Chronos. Et qui sont les parents de Chronos ? — Gaïa. — Ouranos et Gaïa. Et d'où viennent Ouranos et Gaïa ? — Du chaos, du chaos.

Ce qui veut donc dire que la mythologie commence par le chaos. Le chaos est un désordre. Ce n'est même pas un dieu, d'ailleurs. C'est plus qu'un dieu. Les dieux émanent du chaos, et du chaos, et des dieux émane le monde. Dans la conception qu'ont les Goyim du monde, il y a donc un désordre originel. Ce désordre originel suppose une absence de sens. Par exemple, c'est une chose qui n'a pas de sens de fermer les fenêtres et de ne pas ouvrir la clim. C'est une sorte d'absurde.

Il y a donc également cette idée qu'il existe un désordre. Cette idée se retrouve aussi dans certaines théories scientifiques ou pseudo-scientifiques. Comme si, à l'origine de tous les êtres, il y avait une sorte de… C'est fini, là-bas ? Eh oh ! Il y aurait, à l'origine de tous les êtres, une sorte de nébuleuse désordonnée. À partir de ce désordre se serait formé un ordre. D'accord ? On voit cela chez certains scientifiques: l'idée que l'ordre n'est pas une chose primordiale, que c'est quelque chose qui est venu plus tard. C'est ce que pensent certains scientifiques.

Donc, aussi bien dans la mythologie que dans la science, on a cette idée que tout commence par le désordre. Regardez ce que dit le deuxième verset de la Torah: Véhaarets haïta tohou vavohou, « la terre était informe et vide ». S'il y a un désordre, et qu'à partir de ce désordre un ordre s'organise, il y a un grand principe: chassez le naturel, il revient au galop. On va revenir au désordre. C'est une vision pessimiste du monde. On peut faire des efforts pour organiser le monde, pour qu'il y ait des civilisations, pour qu'il y ait un ordre biologique naturel, tout le reste, mais finalement, tout cela, un jour, va s'effondrer. Tout cela sera vaincu par la mort. D'accord ? Horrible. Mais c'est comme cela que c'est compris par les nations.

La Torah nous révèle ici quelque chose qu'on n'aurait pas pu savoir sans elle. C'est qu'avant le désordre, il y avait une intention, ce qu'on appelle un rechit. C'est-à-dire qu'il y a, dès le départ, une volonté. Et s'il y a une volonté avant tout le désordre, cela veut dire qu'il y a un projet. Le désordre est donc un désordre momentané, éphémère, passager, et qu'un jour, c'est l'ordre qui va vaincre.

C'est-à-dire que si l'on commence par l'ordre, il peut y avoir du désordre au milieu, mais après on revient à l'ordre. Tandis que si l'on procède à la manière de la tradition mythologique ou des scientifiques actuels, on suppose qu'il y a un désordre à l'origine, qui au milieu s'ordonne, mais dont la fin est le désordre. D'accord ? Donc s'il y a un chidouche dans la Torah, c'est qu'il y a, dès le départ, un rechit, une intention primordiale. Et c'est ce qui fait que le texte de la Torah a raison de dire: Magid méréchit acharit. Puisqu'il y a un rechit, cela veut dire qu'il y a une finalité.

Oui. Il n'y a pas moyen d'allumer la clim, là ? Elle ne marche pas. Alors pourquoi fermez-vous les fenêtres ? On va crever de chaleur. Si vous voulez, vous pouvez peut-être rajouter un peu d'huile pour qu'on soit vraiment comme des sardines frites. — Oui, mais c'est moins grave, je n'aurai pas trop chaud. — Oui. De toute façon, le cours, on peut discuter pour savoir si ça vaut la peine ou pas, mais l'air, ça, on en a besoin, oui ? Exactement. C'est l'argument que tu énonces ici, et c'est ce qu'on appelle l'entropie. L'entropie, cela veut dire que, étant donné qu'il est plus difficile d'investir dans la construction que dans la destruction, c'est donc la destruction qui va gagner. Par exemple, pour construire un mur, il faut investir plus d'efforts que pour détruire un mur, n'est-ce pas ? Et c'est vrai qu'il y a une organisation de la vie sur Terre,

mais cela demande des efforts énormes, et un jour cela va disparaître. D'accord ? C'est une première manière de voir les choses. Dans cette vision, le monde est en chute permanente, même si parfois il y a des sursauts. C'est ce que tu dis, n'est-ce pas ? — Oui, oui, d'accord. Maintenant, on peut aussi voir les choses autrement. On peut dire qu'au départ il y avait un désordre, et qu'ensuite, le système solaire s'est quand même organisé. C'est vrai qu'au début il n'y avait pas de vie, mais après il y a eu un peu de vie, et cette vie est passée du minéral au végétal, du végétal à l'animal, de l'animal à l'homme, et de l'homme au Rav Partouch. On peut donc dire qu'il y a une progression, n'est-ce pas ?

Et cela voudrait peut-être dire qu'un jour la vie va l'emporter sur la mort. Il y a peut-être une force dans le monde, un élan vital, qui est plus fort que ce que l'on voit. — Je veux bien, c'est plus facile du point de vue de la nature, mais est-ce que la nature est le seul élément ? — En plus de l'élément nature, il y a un élément qu'on peut appeler l'élan vital, qui peut l'emporter, n'est-ce pas ? De même, dans l'homme, il y a le Yetzer hara et le Yetzer hatov. Lequel est le plus fort ? Ça dépend. C'est-à-dire que si l'on se place du point de vue de la nature, le Yetzer hara est plus fort, parce qu'il paye cash. Mais du point de vue de la neshama,

c'est le Yetzer hatov qui l'emporte. Or il est éternel. Finalement, c'est assez équilibré. On peut donc avoir ces deux visions du monde: une vision du monde en chute, ou une vision du monde …

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