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Le verbe Elleh Toledot : la création où le ciel et la terre participent

Pourquoi « Elleh » efface ce qui précède, et comment le ciel et la terre se créent eux-mêmes au verset Béréchit 2,4.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Adam, l'arbre de la vie avant la connaissance, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Un verset d'ouverture

Élé toldot hachamaïm vehaarets behibaram beyom assot Adonai Elohim eretz vechamaïm. Voici les engendrements du ciel et de la terre lors de leur création, le jour où Dieu a façonné le ciel et la terre. La terre et le ciel. C'est un très beau verset d'ouverture. On pourrait commencer la Torah ici. Si on dit: voilà, voici les engendrements du ciel et de la terre, c'est qu'on va nous raconter la création du monde.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la création du monde a été racontée dans le chapitre précédent. Comment comprendre ça ? Eh bien, c'est qu'on nous la raconte à nouveau. Et ça commence par un petit mot important: élé. Ça veut dire quoi, élé ? Voici. Dans la Torah, on emploie deux formes de ce mot. Parfois la Torah dit élé, parfois elle dit vé'élé. Élé veut dire voici, vé'élé veut dire et voici.

Pourquoi ces différences ? La tradition de nos maîtres nous dit que lorsqu'on dit vé'élé, ça s'appelle mossif al haRichonim: c'est pour ajouter à ce qui a été dit auparavant. C'est-à-dire, ce qui a été dit auparavant était important, mais il y a des choses supplémentaires que tu dois savoir. Vé'élé. Tandis que lorsqu'on dit élé, c'est possel al haRichonim: c'est pour disqualifier ce qui a été dit auparavant. C'est comme si on disait: voilà, tu as bien lu ? Eh bien, maintenant efface, on recommence. D'accord ? C'est une approche tout à fait différente.

Ça veut dire quoi, disqualifier ? Si c'est vraiment disqualifié, alors on peut l'effacer. Pourquoi est-ce que ça reste écrit dans la Torah ? Ça reste écrit parce qu'il faut que tu comprennes ce qui a été possible, et ce qui, finalement, est choisi. Dans le premier ordre du monde, celui qui est écrit depuis le début de la Torah jusqu'au chapitre bet, verset guimel, il y a une création du monde, et l'acteur, c'est le Créateur. S'il y a création, c'est qu'il y a créateur. C'est donc Dieu qui agit, c'est lui qui fait le travail, n'est-ce pas ? C'est ça, le Béréchit. Et à partir du verset que nous commençons aujourd'hui, il y a une disqualification de cette manière d'agir. Ce n'est pas Dieu qui va agir tout seul. Le ciel et la terre vont collaborer à leur propre création. Regardez le verbe.

Quelle est cette forme-là ? Béhibaram, c'est un nifal. Vous connaissez ce qu'on appelle en hébreu les binyanim ? Dans la grammaire hébraïque, il y a sept formes possibles pour les verbes. Par exemple, le verbe kachar, qui veut dire attacher. Kicher, ça veut dire relier. Nikchar, c'est un passif: être attaché. Mekouchar, c'est être lié. Hikchir, ça veut dire mettre en rapport. Houchar, a été mis en rapport. Hitkachèr, il s'est relié: c'est un pronominal, d'accord ?

Donc la forme béhibaram, qui est un nifal, c'est un passif qui demande la participation du sujet. C'est un participe passif. Je vais vous l'expliquer. Béhibaram, ça veut dire: lorsqu'ils se sont créés. C'est ça que ça veut dire littéralement. Élé toldot hachamaïm vehaarets behibaram: voici les engendrements du ciel et de la terre lorsqu'ils se sont créés. Qui a créé le ciel et la terre ? Eh bien, le ciel et la terre ont participé à leur propre création. Il y a un problème de logique: comment peut-on se créer si on n'existe pas encore ? Mais ça, si vous voulez, c'est un problème de logique, ce n'est pas un problème dans le texte. Dans le texte, c'est ça que ça veut dire: le ciel et la terre participent à leur propre création. Et c'est ça, l'histoire véritable. Lorsque la créature participe à sa création, on peut parler véritablement de création.

## Les toldot

Je reprends. Élé toldot hachamaïm vehaarets behibaram. Voici les engendrements du ciel et de la terre lors de leur création. Que veut dire le mot ? Là, il y a un mot extrêmement important: toldot. C'est quoi, toldot ? Descendance, génération. Tout à l'heure, comment ai-je traduit le verset ? Je l'ai traduit au moins quatre fois. Engendrements. Pourquoi ne pas reprendre ma traduction ? C'est vrai que j'ai dit « engendrements », « générations »: ça se ressemble. Quelque chose est généré. Ça veut dire qu'à partir de maintenant, la vitalité, le flux divin, va passer à travers les engendrements. Qu'est-ce que les engendrements ? C'est une génération après une autre génération, etc.

Par exemple, quand Dieu crée l'homme, ce n'est pas un engendrement. Mais quand un homme en crée un autre, ça, c'est un engendrement. Donner naissance à quelqu'un, c'est participer à la création. Mais il y a une différence. Le premier homme s'appelle en hébreu Adam, et le deuxième homme, Ben Adam. Ben Adam, c'est un fils d'homme. Mais si c'est vraiment réussi, le Ben Adam véritable, c'est un homme réussi. Est-ce que l'homme a véritablement réussi à engendrer un homme idéal ? La réponse est que pour l'instant, non. D'accord

? Donc on est dans une chaîne dans laquelle on est en attente. Ça commence par Adam, ça finira un jour par un Ben Adam. C'est pour ça, d'ailleurs, que le mot Ben Adam désigne souvent le Machiah. Le Machiah est appelé « fils de l'homme », Ben Adam. Et nous, qu'est-ce que nous sommes ? Nous ne sommes pas encore vraiment des Bnei Adam, puisqu'on n'est pas encore arrivés, mais on n'est déjà plus Adam. On est quelque chose en devenir.

Entre l'Adam, qui est un prototype — HaKadosh Baroukh Hou a fait un prototype génial, très bien réussi — et l'homme réussi par l'homme, qui est le Ben Adam, on est au milieu, dans un devenir existentiel. C'est-à-dire un sentiment que l'homme est inachevé. Voilà. De toutes les créatures, et je crois qu'on l'a prouvé à partir du texte, l'homme est le seul qui n'est pas encore achevé. Il faut donc réussir l'engendrement, les toldot.

Comment est-ce qu'on écrit le mot toldot en hébreu ? Est-ce que vous pouvez m'épeler le mot ? Tav, oui. Génial ! Ça veut dire que vous savez lire l'hébreu. Tav, vav, lamed, dalet, vav, tav. Le problème, c'est que ce mot apparaît plusieurs fois dans la Bible, treize fois en tout et pour tout. Et il n'y a que deux fois où le mot toldot est écrit en entier comme tu viens de le lire. La première, c'est où ? Ici, dans le verset qu'on vient de lire: c'est

la première fois que le mot apparaît dans la Torah. La deuxième fois où il apparaît écrit en entier, c'est dans Ruth, dans le rouleau de Ruth, quand il est question de la famille du roi David: Vé'élé toldot Pérets, voici les engendrements de Pérets. Et là-bas, ça arrive jusqu'à David. Et la famille de David, c'est la famille du Machiah. C'est-à-dire que quand les toldot réussissent, alors ça arrive à David.

Dans tous les autres endroits, le mot est écrit soit avec un tav au début mais sans tav à la fin, soit avec un tav à la fin mais sans tav au début. C'est-à-dire …

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