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L'épée de Guidon et la question de la vengeance

Juges 6-7 : la réduction de l'armée, la guerre de Milchemet Mitsva et la ruse nocturne contre Midian.

1 h 06

Rav Rony Akrich

Ensuite : Gédéon et le pan de laine : la preuve demandée à Hachem, 1 h 05

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On est arrivé au verset, chapitre 7 de Shoftim. Et je vous avais laissé avec cette armée réduite à son minimum, trois cents soldats face aux trente-deux mille qui avaient été mobilisés. Et cette diminution d'effectifs était conséquente de deux choses. La première, qui est la plus énorme, est le fait que, dans les lois sur la guerre exprimées dans les cinq livres, dans le Chumash, celui qui était craintif, qui avait peur, avait, parmi ces lois, l'autorisation de rentrer chez lui et de ne pas participer à la bataille. Ceci ne concerne que les guerres que nous appelons Milchemet Reshout, c'est-à-dire les guerres de conquête.

Alors que lors de Milchemet Mitsva, une guerre de mitsva, c'est-à-dire lorsque nous sommes acculés à la guerre et que nous devons sauver notre peau, comme le dit le Rambam, Léhotsi Yisraël miyad Tsahal, c'est-à-dire sortir Israël de l'étranglement, à ce moment-là c'est Milchemet Mitsva, Vé-chata n'yotsé mi-houpato. C'est-à-dire que même le jeune marié est convoqué à la guerre.

— Quoi ?

— Oui. Tant que le territoire, tant que les frontières délimitées par la Torah n'ont pas été conquises, cela s'appelle Milchemet Mitsva. Mais s'il s'agit, comme pour David, de partir vers le nord de la Syrie pour conquérir d'autres territoires, les prophètes lui en font le reproche. Parce qu'ils n'avaient pas terminé d'asseoir la souveraineté israélienne dans le territoire prédéterminé, il n'y avait nullement besoin de s'engager vers d'autres aventures.

Milchemet Mitsva, puisque les Midianites, vous vous rappelez, nous l'avons étudié ensemble, ce sont des gens qui, chaque année, en particulier cette année-là, venaient au moment des récoltes et détruisaient tout. C'est-à-dire qu'ils mettaient la situation économique d'Israël dans une situation catastrophique. Il y avait donc, en dehors de l'hégémonie politique menée par Midian, une hégémonie socio-économique qui venait remettre en cause la viabilité, le devenir d'Israël en tant que nation. Bien entendu, puisque, en fin de compte, vouloir défaire Israël de ses soubassements socio-économiques, c'était lui couper l'herbe sous le pied, et donc l'amener à la défaite, ou, on dirait aujourd'hui, à la banqueroute. Pchitat Regel, dépôt de bilan.

Donc on est au verset 9 du chapitre 7. Je vous rappelle que, en fin de compte, sur les trente-deux mille, vingt-deux mille retourneront chez eux, et sur les dix mille restants, dix mille seront mis à l'épreuve de l'eau, de boire à la rivière. Et sur les dix mille, neuf mille sept cents seront renvoyés dans leur foyer, et seuls trois cents participeront à la bataille contre Midian. On avance. Ken avala, le même qui avait ordonné cela pour Milchemet Mitsva, et le même qui ordonne à Guidon de ne pas prendre ces hommes-là dans ce cas précis. C'est-à-dire que, dans ce cas précis, il y a bien plus dans la guerre qui va être entamée que la seule guerre de mitsva, la seule guerre ordonnée par la loi, de se sortir du carcan dans lequel nous sommes.

Pour les Français, libérer Paris des nazis, c'était Milchemet Mitsva. Pour les Allemands, conquérir Paris, c'était Milchemet Reshout, si je peux m'exprimer ainsi. Ils n'avaient pas besoin de Paris pour vivre. Mais les Parisiens avaient besoin de Paris pour vivre, quand les Allemands étaient là. Vous comprenez ? Donc il y a là autre chose que la Milchemet Mitsva que veut enseigner l'Éternel, puisqu'il est lui-même celui qui a dit qu'en cas de Milchemet Mitsva tout le monde irait au labeur, et que, dans ce cas précis, non. Pour quelle raison ? Nous l'avons vu ensemble: il fallait que les enfants d'Israël comprennent que cela relevait bien sûr de leur participation, mais que cela relevait aussi du soutien divin à part entière.

Les enfants d'Israël sont sur les hauteurs, et ils demandent à Guidon de descendre vers le campement des Midianites. Qui nétatif beyadékha, car je l'ai livré entre tes mains: nous connaissons cette expression, à savoir que, bien avant que la guerre ne commence, le verdict de la guerre est déjà prononcé. Et si toi, tu as peur de descendre tout seul, Red hatta oupoura naarekha el hamahaneh, prends avec toi ton écuyer pour y descendre.

Cette phrase peut nous étonner, bien entendu, après l'ensemble des événements dont nous avons été les témoins. Je vous rappelle que, plusieurs fois, l'Éternel est intervenu, à la demande de Guidon, afin de prouver qu'il soutenait l'événement de la guerre qui allait se résoudre ici, qui devait se résoudre. Je vous rappelle l'histoire de la laine: que ce tas, ce morceau de laine, serait sec et le reste mouillé, puis que, après que le morceau de laine serait mouillé, le reste serait sec. On voit bien l'incertitude de Guidon, le doute qui s'insère chez lui, avant l'histoire du tapis de laine, mais nous l'avons déjà vu.

Et là, cette phrase vient en quelque sorte nous dire: pour quelle raison as-tu besoin de dire à Guidon que toi, le chef de cette armée de trois cents hommes, tu dois descendre vers le campement midianite afin d'y voir un peu plus clair, c'est-à-dire de prendre les mesures, bien entendu ? Que font les éclaireurs dans une armée ? Et l'Éternel rajoute: si tu as peur de descendre tout seul, prends un écuyer avec toi. N'y voyez pas, je veux dire, la considération d'un manque d'émouna. Je ne considérerais pas cela comme un manque d'émouna. Et tu écouteras ce qui se dit dans le camp.

Et après que tu auras écouté ce qui se dit dans le campement midianite, ils descendirent vers le camp, c'est-à-dire là où, apparemment, il y avait des gardes. Certainement, là où l'armement était retenu, l'endroit où se trouvaient les munitions. Et Midian, Amalek, kol bné Kedem, vous voyez qu'il y a toujours cette même coalition. Noflim ba'emek ké-arbé larov, c'est-à-dire qu'ils sont tombés dans la vallée, en vérité ils se sont étalés dans la vallée. Quelle est la locution que le texte emploie ici ? Noflim ba'emek ké-arbé larov, comme une nuée de sauterelles. C'est-à-dire qu'il y a véritablement beaucoup d'hommes. Pourquoi est-ce écrit cela ?

Bien entendu, pour vous interroger sur le fait que, s'il y a plusieurs dizaines de milliers d'hommes dans cette coalition, peut-être cent mille, peut-être plus, je n'en sais rien, il y a en tout cas un essaim d'hommes en armes contre un Israël réduit à sa portion la plus congrue, trois cents soldats. Et donc, automatiquement, vous êtes amenés à réfléchir sur cette question. Voyons la suite: Oulé gamlehem ké-ho'l she'al s'fat hayam, leurs chameaux sans nombre, comme le sable de la mer. Énormément d'armement, de cavalerie, d'infanterie, etc.

Vayavo Gidon, véhiné ish mesaper l'rééhou. Vayavo Gidon signifie que Guidon est arrivé aux abords du campement. Vous imaginez, c'est la nuit, on rampe, on arrive près de cet endroit où il y a des gardes, qui sont là pour surveiller les munitions. Et voici que, qu'est-ce qu'on fait quand on est de garde ? On essaie de garder, mais on parle aussi beaucoup pour se tenir éveillé. Et l'un raconte son rêve à l'autre.

J'ai rêvé un rêve. Il y a un pain d'orge qui roule dans le camp. Un morceau de pain, une sorte de pain, d'orge. Il …

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