La plaie des ténèbres et l'obscurité intérieure
Le Rav Bigon montre, à partir de Rachi, que les ténèbres d'Égypte touchent aussi le cœur et l'incapacité à voir l'autre.
Rav Dov Bigon
Ensuite : Abraham achète la Makhpéla : justice et acquisition de la terre, 21 min
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Dans notre paracha, il y a trois autres portes que les Israélites portent, et l'une d'entre elles est la porte de la gloire. Qu'est-ce que c'est, la porte de la gloire ? Il y a la gloire sur les Israélites, et il y a une porte de la gloire, et la gloire était tellement grande qu'ils n'ont pas vu l'homme, son frère, et ils n'ont pas vu quelqu'un d'entre eux.
Il y a trois jours, et à tous les côtés d'Israël, il y avait de la lumière. Une personne s'est réveillée, dit Rachi, il dit ici qu'il y a des dégâts, des dégâts de la nuit. Il y a des dégâts de la nuit, mais il y a des étoiles, ce ne sont pas des dégâts du tout. Il y a des dégâts, mais ce sont des dégâts dans la mer. Des dégâts qui ne sont pas des dégâts de la nuit, mais des dégâts, des dégâts.
Donc le Rav, vous nous parlez de la paracha, la paracha de Bo. Dans cette paracha, il y a les trois dernières plaies. La plaie dont le Rav veut parler, c'est la plaie de l'obscurité, d'accord. Il y est marqué que l'obscurité était telle que les hommes ne se voyaient pas entre eux, et qu'on ne pouvait même plus bouger. L'obscurité était comme palpable.
Rachi explique là-bas qu'il y a différents degrés, différents niveaux d'obscurité. Il y a l'obscurité classique, qui est la nuit, mais ce n'est pas en fait une réelle obscurité, parce que dans la nuit il y a la lumière des étoiles, la lumière de la lune. Et l'obscurité dont on parle ici, dans Makat Hochekh, est une obscurité réelle, véritable, où l'on ne voyait absolument rien, il n'y avait aucune source de lumière. Cela n'existe pas dans ce monde-là, donc c'est pour ça que c'est un miracle, et elle était, comme je l'ai dit, palpable.
Khoshech Echad, on appelle ça Khoshech Ophel. On dit que pendant trois jours, quand un homme ne voit pas son frère, il ne voit pas l'autre. Mais il y a une autre étape de Khoshech. Il dit que pendant trois jours, il y a un Khoshech qui s'occupe de lui, un double Khoshech. Quand quelqu'un n'est pas sous lui, il se situe, il n'est pas capable de…
… Omed et Noachol Hachem. C'est comme ça que Rachi explique.
Le Choshech, c'est quelque chose de physique. Mais c'est aussi quelque chose de psychique, l'esprit de l'homme. Lorsqu'un homme est en dépression — comment dit-on, en dépression ? En dépression — c'est connu: un homme en dépression ne voit pas l'autre. Il le voit physiquement, mais il ne le voit pas au cœur. Il ne ressent pas l'autre. Il est comme si l'autre n'existait pas.
Ils l'ont vu, mais en fait ils n'ont pas ressenti l'autre. C'est comme si les gens vivaient dans une famille, mais ne ressentaient pas l'autre. Ils ne le ressentent pas. Est-ce possible de dire quelque chose comme ça ?
Le Rav dit que Rachi nous explique qu'il y a eu en fait deux étapes à cette Makat Hochekh. La première étape, Rachi dit que c'est une obscurité de brouillard, de brume, qui faisait que les hommes ne pouvaient pas se voir entre eux pendant trois jours. La seconde étape, c'est une obscurité qui a doublé. Et qu'est-ce que cela entraînait ? Elle était tellement profonde et obscure que les hommes ne pouvaient même plus bouger. L'obscurité était devenue comme palpable.
Et le Rav veut faire ici un parallèle avec une obscurité non seulement physique, dont on parle ici, mais aussi une obscurité morale ou psychologique. Par exemple, il y a les personnes qui sont en dépression, d'accord ? Elles sont en Makat Hochekh, elles sont en période d'obscurité. Et c'est pareil: une personne en dépression ne voit pas l'autre. Il est tellement bloqué, enfermé sur lui-même, qu'il n'arrive pas à ressentir l'autre, à voir l'autre. C'est ce que le Rav évoquait à propos de cette Makat Hochekh.
Donc le Rav dit que, de la même manière que chez les gens en dépression, il y a différents niveaux de dépression.
Oui, c'est là.
En fait, toutes les autres makot, ça peut s'expliquer, on peut avoir une vraie image physique. Est-ce que le Choshech, il y avait une… c'est-à-dire, ça se tient sur le plan physique, on ne pouvait pas bouger à cause de l'obscurité ?
— Oui, c'était physique. Mais dans tout ce qui est de la Torah, il y a un point primaire.
Il y a le côté extérieur, le physique, et il y a le côté spirituel. Les gens disent — c'est ce que nous avons appris maintenant — que la douleur n'était pas seulement la douleur physique, mais la douleur qui est, comme aujourd'hui, il y a des endroits dans le monde où il y a beaucoup de gens, mais ils ne viennent pas tous ensemble. J'étais une fois à New York, une ville grande, en Amérique. Avez-vous entendu parler de New York ? Ils étaient là, ils sont allés…
Il y avait des centaines de milliers de personnes dans la rue, mais pas une seule personne. Tout le monde était avec la tête dans la bouche. Et tout d'un coup, j'ai eu une douleur. Il y avait de la neige, il faisait très chaud. Et toutes les murs m'ont éclaté dans la bouche. Et je me demande, je veux aller à la fin des murs. Mais personne ne m'a vu. Ils m'ont vu. Mais je ne m'en souviens pas. Il peut y avoir quelque chose comme ça.
En fait, ce qu'il veut expliquer, c'est que dans la Makat Hochekh de Mitsrayim, dans l'obscurité, il y avait une sorte d'ambivalence. Il y avait deux dimensions. Il y avait évidemment la dimension physique, comme on l'explique maintenant: il faisait noir.
Mais il y a également une dimension spirituelle et psychologique. Cela veut dire que c'est ce qu'il expliquait par rapport à la dépression: les Égyptiens étaient comme oppressés par cette obscurité.
Il a raconté — et on peut voir cela de nos jours également — que le Rav est parti un jour à New York. Il a vu des centaines de milliers de personnes qui marchaient sur le même trottoir, et les gens étaient chacun dans leur obscurité personnelle. Les gens ne voyaient pas l'autre, ne ressentaient pas l'autre. Il raconte une histoire où il a fait tomber sa valise, et tous ses papiers se sont éparpillés.
Donc comment est-il possible qu'ils se trouvent comme ça, que ce soient des créatures ? C'est vrai, il y a écrit « Tov Hachem la-kol » et « Rahamav » et tout ça. Tu as posé une question qui est très importante. Si c'est tellement bon, pourquoi c'est mauvais ? …
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