Les Ghiborim et les filles des hommes dans Béréchit
Pourquoi la beauté féminine et la quantité l'emportent sur la qualité, jusqu'au déluge.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les deux lignées, Caïn et Chet, dans Béréchit, 17 min
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Shalom à tous. Après une longue interruption, insupportable, insoutenable, nous allons continuer notre pénétrante et profonde étude du livre de Béréchit. Si je ne me trompe, nous en sommes arrivés au chapitre Vav, où il est question des guiborim, n'est-ce pas ? C'est ça, nous sommes arrivés aux guiborim. Vous vous rappelez qu'il y avait deux grandes lignées humaines, mises en parallèle dans le livre de Béréchit. D'une part la lignée des fils de Kaïn, que l'on appelle les Benei ha-Adam, les fils de l'humain. Et d'autre part la lignée des fils de Chet, les Benei Elohim, les fils du divin.
En fait, ce sont deux préoccupations de l'humanité: l'une est branchée sur le pratique, l'autre sur le théorique, sur le matériel ou sur le spirituel. La capacité de la civilisation de Kaïn, c'est de créer tout ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de la vie humaine: l'économie, l'art, la technologie et les loisirs.
Le problème de cette société, c'est qu'elle ne donne pas de sens à la vie. Mais elle donne la vie. C'est-à-dire que la société kaïnite est la société idéale pour créer ce qu'on appelle un homme réussi. Un homme réussi dans la famille de Kaïn, c'est un homme riche. Et il y a une autre occupation, celle du divin, qui vient du fait que l'homme est doué d'une âme, et qui le met en relation avec le divin. Cela, c'est la famille de Chet qui s'en occupe, les Benei Elohim, et cela donne des sages. L'idéal humain dans la famille de Chet, c'est le sage. Il n'est pas difficile d'être sage, il n'est pas difficile d'être riche. Si on ne fait que ça, on sera riche. Si on ne fait que ça, on sera sage. Ce qui est difficile, c'est de réaliser l'harmonie entre les deux tendances, d'être à la fois sage et riche.
Et vaillant. Ce qu'on appelle en hébreu guibor. Les Chacharim nous ont dit que la prophétie ne peut résider que sur quelqu'un qui est à la fois sage, riche et vaillant. Et donc la prophétie, telle que l'envisage la tradition d'Israël, était impossible tant qu'il n'y avait pas de guiborim. C'est pour cela que la Torah nous dit, dans le chapitre Vav, que les Benei Elohim, les fils du divin, « venaient auprès des filles de l'homme, benot ha-Adam, et qu'elles leur enfantèrent: ce sont eux les vaillants, hémah guiborim ». Baroukh ata Adonaï, Eloheinu Melekh ha-olam, She'assa kol tsorkhi. Le café a une vertu salvatrice. Il sauve le café, il sauve de la fatigue. Donc, si vous voulez, c'est à sa manière un Machia'h, quoi. Un Machia'h, celui qui sauve. Donc c'est le café.
Je reviens maintenant à notre sujet principal, qui sont les engendrements de l'humanité. Si vous regardez au chapitre 4, au verset Aleph, et que quelqu'un a la chance d'avoir un livre devant les yeux, il est dit: « Et ce fut lorsque l'homme commença à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées [Vayouldou lahem]. » Je n'ai pas compris. Jusqu'à présent, il n'y avait pas de filles ? Pour qu'il y ait des engendrements, il faut qu'il y ait des fils et des filles. Et ce n'est que lorsque l'homme a commencé à se multiplier qu'il y a eu des filles ? Bizarre. Vous avez compris ma question ? Bon. La réponse, c'est que jusqu'à présent on n'y faisait pas attention.
Mais il est arrivé un moment dans l'histoire de la civilisation où le fait qu'il y ait des filles est devenu important. Qu'est-ce qu'elles ont, les filles ? Elles sont belles. C'est-à-dire que la beauté féminine est devenue le foyer de l'intérêt humain. La belle blonde aux yeux bleus. Et cela peut être aussi avec des yeux blonds et des cheveux bleus. Mais c'est souvent le contraire: il y a une société qui s'attache au superficiel.
Remarquez comment le verbe est employé au début du verset: Vayehi ki hehel ha-adam larov, lorsque l'homme a commencé à se multiplier. Est-ce que c'est bien de se multiplier ? — Ah, merci, enfin quelqu'un de charitable. — Mais comment vas-tu faire, toi, sans livre ? — Tu vas te servir de… — Oui, Pérou ourvou. Donc: croissez et multipliez. Cela commence par quelque chose de positif. Alors, comment se fait-il que quelque chose de positif ait engendré du négatif ? Tout simplement parce qu'il n'y a pas eu le Pérou, il n'y a eu que le Révou. Quand on dit Pérou, cela vient du mot péri, qui veut dire fruit. Un fruit, c'est une nouvelle qualité: quelque chose qui sort de l'arbre et qui, au lieu d'être une branche, devient une pomme. C'est donc une transformation qualitative. Révou, c'est multiplier: c'est seulement quantitatif.
Or, ce qui est devenu important, d'après le verset du chapitre 6, verset Aleph, c'est la quantité. Vayehi ki hehel ha-adam larov: lorsqu'il n'y a eu que la quantité, et qu'on n'a plus fait attention à la qualité. À partir de ce moment-là, c'est le superficiel qui l'emporte. On ne voit les choses que du point de vue de la quantité et pas du point de vue de la qualité. Vayehi ki hehel ha-adam larov ve-ulédou banot: ce fut lorsque l'homme a commencé à se multiplier, sans fructifier, qu'on a fait attention qu'il y avait des filles. Est-ce que vous voyez ? Est-ce que vous avez compris ce que j'ai dit de ce verset-là ? C'est ça qui m'intéresse.
L'histoire des guiborim, on en a parlé dans le dernier cours, on a commencé à en parler au début de ce cours, mais là on est en train de se concentrer sur le verset Aleph. Or, l'histoire des guiborim, c'est au verset Aleph. Donc, pour l'instant, nous délaissons ce point. D'accord ? Bon. Verset bête.
« Les fils d'Elohim virent les filles de l'homme, car elles étaient belles, tovot, bonnes. » C'est-à-dire quoi ? Elles sont bonnes parce qu'elles sont belles. « Et ils prirent pour eux des femmes, de toutes celles qu'ils avaient choisies. » Cela veut dire, en fait, qu'ils n'ont plus fait attention même à la volonté de la femme. C'est pour cela que les midrachim interprètent cela comme un fait de s'emparer des femmes par la force: c'étaient des viols, y compris de femmes mariées à d'autres. C'est-à-dire que ce qui est devenu important, c'est la satisfaction du yetzer, de l'instinct, et non pas le dialogue qui peut s'instaurer, un dialogue d'amour entre un homme et une femme. Donc cette société a perdu son humanité. Elle est devenue animale. Ce sont les Benei Elohim qui sont tombés.
Pourtant, j'ai dit du bien tout à l'heure des guiborim, du mélange des Benei Elohim et des Benot ha-Adam. Il y a deux manières de faire des unions. Soit cela devient une synthèse, ce qui est bien, soit c'est hybride, ce qui est un mal. La Torah nous donne ici deux descriptions: une description de l'union hybride, et une deuxième description de l'union synthèse, harmonieuse. Alors, cela commence par le mal. « Vayomer Hachem », et Dieu dit: « *Lo …
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