Juges 3 : quand l'assimilation guette Israël
Les peuples laissés en place, les mariages mixtes et l'oubli de Hachem, puis Otniel, premier juge.
Rav Rony Akrich
Ensuite : L'épée de Guidon et la question de la vengeance, 1 h 06
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Vayikrou, c'est le verset vav du chapitre gimel de Shoftim. Encore une fois, si vous voulez savoir où nous en étions, vous pouvez écouter sur internet, sur Makhon Meir, le cours précédent. Je résume très légèrement. Regardez le tout début du chapitre gimel.
Messieurs, vous êtes en avance pour demain, asseyez-vous, ça enregistre. Toda. Ve'éleh haGoyim asher hiniah Adonaï lénasot bam et Israël. Voici les peuples que l'Éternel laissa en place afin de mettre à l'épreuve Israël. Vekhol asher lo yadou et kol milhamot Kenaan. Tous ces peuples qui n'ont pas été combattus, je vous le rappelle.
Le sens de l'histoire, c'est que la conquête d'Erets Israël était liée à une volonté d'assurer une totale souveraineté, une totale indépendance sur Erets Israël, qui doit avoir une place devant pour être assis comme il se doit. Mais les enfants d'Israël n'ont pas totalement réalisé le projet qui leur était dévolu. Voici donc le verset alef.
Rak les mahanot dorot bnei Israël, lelamed milhama, rak yedaam lo yedaou. C'est presque une excuse, pour permettre aux générations à venir de continuer à combattre afin de finaliser la conquête de la terre d'Israël. Hamisha seranim pelichtim, les cinq rois des Philistins, vekhol haKenaani, haTsidoni, les Cananéens, les Sidoniens, vehaHivi, yoshev Har haLevanon, mi Baal Hermon ad levo Hamat...
Essayer d'être à l'heure, c'est absolument dérangeant, cette histoire. Yoshev Har haLevanon, mi Baal Hermon ad levo Hamat, tous les peuples du nord, du nord-est, je vous rappelle que nous sommes enregistrés. Vehi lenasot bam et Israël, lada'at et haichmou mitsvot Adonaï. Cette situation n'était là qu'aux seules fins de remettre en question et de remettre en cause Israël.
Non pas simplement concernant la conquête comme finalité, mais comme l'ensemble des mitsvot de la Torah, y compris le poids de la matsa pour Pessa'h, comme un moyen de réaliser l'homme, la nation d'Israël et, à travers eux, le projet divin. Acher tsiva Adonaï et avotam beyad Moshé, les mitsvot qu'il avait ordonnées à Moshé. Je suis au verset dalet. Je vous ai déjà expliqué la finalité et le moyen, donc nous n'avons pas besoin de revenir dessus.
Vayeshev Yisraël beTokh haKenaani, les enfants d'Israël étaient installés au milieu des Cananéens. Hahitti, haEmori, haPerizi, haHivi, haYevoussi. Je vous rappelle que les Yevoussi, les Jébuséens, sont ceux qui règnent sur le territoire de Jérusalem, de ce qui deviendra Jérusalem. L'ensemble des peuples avait donc été conquis partiellement, mais pas totalement.
Il est bien évident qu'en conséquence de quoi, nous l'avions dit la dernière fois: à Jérusalem, nous avons laissé l'enclave à côté de Malha, de Beit Safafa, et au nord de Jérusalem, à côté de Pisgat Zeev, de Beit Hanina. Il est bien évident que ces enclaves, qui font tout ou partie de l'ensemble, joueront un rôle social et économique.
Culturel, religieux, à moyen ou long terme, bien évidemment. Comme le dira le texte du Talmud, on ne peut pas entrer chez le tanneur et en ressortir sans odeur. Nous faisons des vers sans en avoir l'air. Je continue au verset vav, qui est le sujet que nous abordons aujourd'hui. Vayitkarou banotehem lahem lenashim, ve'et banotehem natnou livneihem, vayaavdou et elohehem.
Quelle est la première configuration de cette relation entre le soi-disant pouvoir souverain indépendant et les enclaves laissées pour compte, là où elles se situent ? Eh bien, vous entendez ? Que leurs filles épousèrent nos garçons, et que nos garçons donnèrent leurs filles aux leurs.
En conséquence de quoi, vayaavdou et elohehem, ils se mirent à servir leurs dieux, c'est-à-dire les dieux étrangers, c'est-à-dire une autre culture. Il est donc bien évident que nous sommes face à un phénomène sociétal des plus probants. La chose était claire, et elle a fait, elle fait et elle fera des ravages excessivement importants. C'est ce que nous appelons l'assimilation, dans les rapports sociologiques entre le phénomène minoritaire et le phénomène majoritaire. La majorité, de manière générale, est en train de phagocyter la minorité.
C'est-à-dire, par exemple, ce qu'était la constitution française, je ne sais pas ce qu'elle deviendra, peu m'en importe d'ailleurs. Quand Claire Montenayre monte à la tribune de la Révolution, il dira aux juifs: en tant que juifs, tout; en tant que peuple, rien. C'est la raison d'État.
De la constitution de 92 découlait que le juif, en tant que peuple, doit s'assimiler, mais qu'il peut bien entendu rester juif dans le giron de son foyer. Force est de reconnaître que cela ne marchera que pour une minorité d'individus. La majorité s'assimilera, bien entendu, comme dans l'ensemble des pays occidentaux, comme nous en sommes les témoins.
Donc, dans l'enclave israélienne, la majorité devrait, a priori, avoir le même rôle. Or elle n'a pas le même rôle. L'Israël d'antan, je dirais comme l'Israël d'aujourd'hui, par une volonté égalitariste, fait que les enclaves qui sont ici parmi nous reçoivent le droit et le devoir à même et à l'équivalent de ce que nous sommes. Je vous donne la parole dans un instant. Il est bien évident que cela porte à faux le devenir sociétal de ce mélange, de cette conjonction de populations.
La constitution française, telle qu'elle était élaborée auparavant, faisait en quelque sorte, grâce aux juifs, qu'on pouvait rester juif, comme je le disais, dans le giron de son foyer. Mais dès qu'il sortait et franchissait le seuil de sa maison, comme l'expliquera d'ailleurs très bien en Allemagne Monsieur Mendelssohn, il devait être comme Monsieur Tout-le-Monde. Nous savons ce que cela va nous coûter d'être comme Monsieur Tout-le-Monde.
En tout cas, dans le texte biblique, il y a un relent, non seulement pour le temps passé, mais une occurrence concernant le temps présent, qui est le nôtre.
— Oui ? Le père.
— OK. La clause maternelle est une clause conséquente de l'exil, mais à l'origine, c'est le père qui est à l'origine. Nos cousins germains ont d'ailleurs gardé la tradition que l'identité passait par le père et non par la mère. On dira que l'identité exilique a permis une certaine libération de la femme, qui était nécessaire, je vous l'accorde. Mais c'est juste une parenthèse.
Bien évidemment. Le rapport entre le père et la mère au niveau de l'éducation est le même que le rapport que nous avons avec l'école et le foyer. Le foyer familial éduque, alors que l'école enseigne. De la même manière, à la maison, le père est l'enseignant, alors que la mère est l'éducatrice. Vous comprenez ? C'est très important de ne pas les mélanger.
Le rôle de la mère est véritablement un rôle éducateur, et le rôle de la famille, de la maison, est un rôle éducateur. Le père, comme l'école, a un rôle d'enseignant. Il y a une différence fondamentale entre l'éducateur et l'enseignant. C'est bien ?
— Oui, vite.
Eh bien, la culture ne peut… la culture… Je vais vous donner un exemple. On revendique à corps et à cri, dans les médias, que les différents pays devraient transférer leur ambassade à Jérusalem, puisque Jérusalem est reconnue, selon l'Assemblée nationale israélienne, comme la capitale de l'État d'Israël. Or on ne peut pas demander aux nations de transférer leur ambassade à Jérusalem quand nous-mêmes, vis-à-vis de Jérusalem, non pas dans le …
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