Le vidouï et les trois verbes du péché
Pourquoi la formule du vidouï énumère-t-elle trois verbes pour le péché : hatati, aviti, pachati ?
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le bouc émissaire et les péchés légers selon Maimonide, 35 min
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Donc, nous continuons notre étude de Hilkhot Techouva du Rambam. Nous en sommes arrivés, je crois, à la troisième ou quatrième ligne. Je suis dans l'impossibilité totale de vous dire avec exactitude où nous en sommes, étant donné que vous avez une chance que je n'ai pas, qui est d'avoir le texte devant les yeux. Moi, je n'ai pas de texte, je vais donc devoir me baser sur ma mémoire, dans la mesure du possible.
— Je suis le dernier à vous demander des services. Vous comprenez bien que je n'oserais pas vous demander un service. S'il y a parmi vous quelqu'un qui a une âme charitable… Ça, c'est faisable, mais je ne peux pas vous le demander. Bon, enfin, maintenant le problème ne se pose pas. Mais comment vous allez faire quand vous n'avez pas de texte ? Ah, voilà, ça règle le problème.
Bon, où en étions-nous ? Nous en étions au vidouï. Il y avait une autre controverse entre le Rambam et le Ramban dont nous allons parler, n'est-ce pas ? Vous en avez déjà parlé ? À propos d'Erets Israël ? Non, non. Ah voilà.
Donc nous avions compris qu'il y avait une controverse entre le Rambam et le Ramban pour savoir s'il y a une mitsva de faire techouva. Nous avions vu que, d'après le Rambam, la mitsva c'est le vidouï et non pas la techouva elle-même, étant donné que, selon notre analyse, la techouva est un mouvement naturel de l'être. Vous pourriez dire un mouvement intrinsèque, ontologique de l'être.
Tandis que pour le Ramban, il y a un commandement positif de faire techouva. Quand je fais le vidouï, je fais en fait une deuxième mitsva: il y a fondamentalement un devoir de faire techouva, une mitsva.
Nous avions compris que, pour le Rambam, la Torah est formulée pour celui qui est normal. Or, il est normal de comprendre qu'il faut faire techouva quand on a fait un péché, donc cela ne peut pas être une mitsva. D'après le Ramban, la Torah est donnée à un juif qui, si ce n'est pas écrit dans le Choulhan Aroukh, ne le fera pas.
Il y a à ce propos une autre controverse entre le Rambam et le Ramban, dont je voudrais vous faire part: y a-t-il une mitsva, ou pas, de fonder un État en Erets Israël ?
— Il a fait une promesse !
Mais qui a dit que c'est une mitsva ? Ce n'est pas vraiment écrit comme ça, mais on pourrait peut-être le penser, effectivement. Donc tu dis qu'il y a une mitsva. C'est-à-dire que c'est la mitsva de la Haliya ? Oui, mais là je parle de la mitsva de fonder un État, une entité politique. Quand on a fondé l'État d'Israël, a-t-on accompli une mitsva par là, ou pas ?
— Il y a une mitsva d'acheter une terre en Erets Israël. Est-ce qu'il y a une mitsva de fonder un État en Erets Israël ?
Je veux bien, mais est-ce que c'est une mitsva ? C'est une nécessité, tu dis, mais est-ce que c'est une mitsva ? Moi, je pose une question toute bête. Est-ce que c'est une mitsva ?
— S'il y a une mitsva d'avoir un roi et des juges, cela ne peut se faire que s'il y a un cadre d'État.
Ça se tient, mais disons que c'est de l'implicite, ce n'est pas de l'explicite. Donc, ce que vous dites, c'est de l'implicite. Je ne suis pas contre, mais c'est quand même de l'implicite. On peut dire que c'est aussi la description d'un état de choses. Par exemple, quand la Torah dit « tu mangeras et tu béniras », manger n'est pas une mitsva, d'accord ? Une mitsva, cela s'appelle un ordre divin.
— Est-ce qu'il y aurait une mitsva de faire un État, même s'il n'est pas religieux ?
Ça, c'est un point de détail dans la question.
— Le roi David est né en Erets Israël. Et Yehochoua, vous voyez ? Yehochoua avait le devoir de faire la conquête, c'est vrai. Mais ce qui a incombé à Yehochoua nous incombe-t-il à nous aussi ? David Ben Gourion a-t-il accompli une mitsva en fondant l'État d'Israël ?
Au nom de quoi tu dis ça ? Au nom de la Torah. Mais où est-ce dans la Torah ? Bon, trêve de débats. C'est une controverse entre le Rambam et le Ramban, tout simplement. Le Ramban dit expressément qu'il y a une mitsva de fonder un État en Erets Israël. Le Rambam ne l'a pas dit. Voilà, c'est tout. Une seconde, on va y arriver. C'est pour cela que je vous en parle dans le cadre de Hilkhot Techouva. D'accord, mais le Ramban…
Il y a un texte du Rambam, très développé, une trentaine de lignes, dans lequel il explique toutes les sources par lesquelles il prouve qu'il y a une mitsva de fonder un État en Erets Israël. Conclusion: d'après le Rambam, lorsque David Ben Gourion a fondé l'État d'Israël, il aurait dû faire une bra'a. Cher Kitchan ou Ben Mitzotah, Vetsivanou, Lakim, Medina. Simplement, il n'a pas fait la bra'a. Mais comme on sait, les brakhot lo'méakot, c'est-à-dire quand on accomplit une mitsva sans réciter la bra'a, la mitsva a quand même sa valeur.
— Le Rambam ?
Alors, je n'ai pas dit ça. Le Rambam, oui, le Rambam n'a pas dit. D'accord ? Donc, le Ramban dit qu'il y a une mitsva de fonder un État en Erets Israël, et donc, lorsque nous avons fondé l'État d'Israël, ou lorsque nous veillons à la permanence de son existence, par l'armée par exemple, nous accomplissons un commandement de la Torah, qui est d'avoir une emprise politique indépendante sur la terre d'Israël.
— Le Rambam ?
Le Rambam a écrit un texte très intéressant, d'une trentaine de lignes, dans lequel il amène l'ensemble des sources qui prouvent ce qu'il dit. C'est ce que nous avons déjà dit tout à l'heure à un autre élève qui a posé la question: quelles sont les sources du Rambam ? Ce serait un sujet d'étude très important, mais nous ne pouvons pas nous y consacrer pour l'instant, parce que cela nous éloignerait trop du sujet. Je vous amène ce débat entre le Rambam et le Ramban non pas pour vous dire que je sais des choses, mais parce qu'il a un rapport avec Hilkhot Techouva. On va y arriver.
Et donc, si selon le Ramban il y a une mitsva de fonder un État en Erets Israël, il n'a jamais été dit que la condition de cette mitsva soit que l'État soit religieux. Un État pour les juifs. Ce que dit le Ramban, c'est que la mitsva, c'est que la terre qui a été promise à nos ancêtres, Avraham, Yitzhak et Yaakov, soit entre nos mains, entre les mains du peuple juif.
— Est-ce le fait d'être descendant d'Avraham, Yitzhak et Yaakov ?
Non. Non, non, non. La Torah, quand elle parle des descendants d'Avraham, Yitzhak et Yaakov, ne dit pas qu'il s'agit de religieux. Elle dit que ce sont les descendants d'Avraham, Yitzhak et Yaakov. Absolument pas, sinon ça aurait été la domination britannique. S'il n'a pas …
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