Culte ou Torah de vie : Jérémie 7 et la finalité
Pourquoi la Torah n'est pas un culte, et pourquoi les moyens ne doivent jamais devenir la finalité.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Jérémie 2 : le peuple qui abandonne la source vive, 59 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je continue ce que nous avons vu hier concernant la morale, la moralité, le sens de la moralité, le sens des sacrifices et la relation qu'il y aurait entre eux. Nous avions terminé sur le grand concept qui rassemble cela: sommes-nous des hommes du culte ? C'est-à-dire que nous sommes là simplement pour venir vouer un culte à l'Éternel, ou bien sommes-nous là parce que nous sommes les témoins de l'Éternel, les témoins du message de l'Éternel, les témoins de la volonté divine, Ratsone Eloki ?
Vous comprenez, bien entendu, que le moyen que prendront les individus pour servir Dieu à travers un culte est une manière où la religion trouvera les moyens de sa survie. Alors que la Torah, comme enseignement, comme réalisation de la volonté divine à travers la pluralité de l'existence, de l'existence créée et de ses créatures, sera Torah Haïm, c'est-à-dire Torah de vie.
Alors, bien sûr, pour certains, vous vous demandez, excusez-moi l'expression entre guillemets, si c'est du lard ou du cochon. C'est bien la question. Mais en vérité, Rachi nous enseigne sur Bamidbar que le tsitsit, la mezouza, c'est afin que vous vous souveniez pour lorsque vous y reviendrez. D'accord ? C'est-à-dire que, à Troyes, dans le terroir de Champagne, je mets la mezouza, je mets le tsitsit, mais ils ne sont là que comme valeur.
Nous savons que Tsion, c'est Jérusalem ou Erets Israël. Tsion, c'est aussi quoi en hébreu ? La note !
Pourquoi est-ce que je note l'élève ? Pour l'évaluer. La notation est donc une manière d'évaluer, de repérer la situation de l'élève, de l'étudiant. Et lorsqu'il dit « Atsi vou lachem Tsiounim » pour conforter son propos, je mets la mezouza, je porte le tsitsit, afin que vous vous souveniez
Pour lorsque vous y reviendrez, « Lizkor vou lachem Tsiyonim », Mazet Tsion, la note, le repère, l'évaluation de quoi ? De Jérusalem, Erets Israël, on a compris. C'est-à-dire que la densité profonde de la valeur de la mitsva, du commandement, est afin qu'elle se réalise sur la terre qui nous a été octroyée.
Mon professeur de biologie animale, en première année, nous avait dit: un pingouin en Afrique australe, son devenir sera la mort, et une orange en Antarctique, son devenir sera la mort, bien entendu. Donc vous avez compris que ce n'est pas par hasard si l'homme, Adam, a une même racine étymologique que Adama, la terre. Et la sémantique des deux, c'est-à-dire le sens, eh bien, c'est qu'ils doivent se conjuguer. Et qu'attend l'homme de la terre ? Les fruits de leur passion. Vous avez compris ? Voilà. C'est très intelligent, la Torah. Il suffit simplement de s'y plonger, et de s'y plonger avec un regard de sensibilité raisonnable.
Et d'une raison sensible. Qu'est-ce que la sensibilité raisonnable ? C'est le féminin. Qu'est-ce que la raison sensible ? C'est le masculin. Et lorsque le masculin et le féminin se rencontrent, c'est afin, eux aussi, de se conjuguer dans une conjugalité qui sera à même de leur apporter les fruits de leur passion.
— Oui, vite. Non, non, non. Le bein adam lehavero, les mitsvot entre l'homme et son prochain, peut être dans la religion, bien évidemment aussi.
La religion... religieux. Vous vous rappelez, je vous l'ai expliqué hier, Cicéron. Reconnaître le Dieu Créateur, un, c'est évident. Mais vouer un culte au Créateur, non. Pour la simple raison que le Créateur crée sa création et ses créatures afin qu'elles réalisent la volonté divine, Ratsone Eloki. D'accord ? C'est-à-dire que je suis cultuel. Et à ce moment-là, ce cultuel, surtout en rapport à l'individu, au singulier, ken, a validé l'individuel. La religion n'a pas de propension d'appréhension collective, nationale. Elle est donc singulière, particulière, mais elle est aussi, comment dire, le reflet d'une volonté de s'assurer un monde futur.
La Torah s'appelle Torah Haïm, Torah de vie, non pas de survie, parce qu'elle englobe la totalité de la création et des créatures, d'accord ? Mais à travers une totalité plus minime qui s'appelle le peuple d'Israël, qui a accepté d'être le témoin de la volonté divine. Donc la Torah est un peuple, une nation: Hachem, Bachar banou mikol haamim. D'accord ? « Je ferai de toi une nation », par laquelle les nations seront punies. Voilà deux exemples.
Et donc, je suis le témoin, en tant que nation, au nom des nations qui composent l'humanité, comme preuve, comme témoignage, que s'il est possible de réaliser la volonté divine à travers le microcosme d'Israël, c'est donc que c'est possible au niveau du macrocosme de l'humanité. C'est-à-dire que le peuple d'Israël est le peuple témoin.
Atem edai, Yerouchalayim, je vous rappelle. Oui, dans un côté cultuel, si tu veux. Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir au niveau individuel l'aspiration à réaliser la volonté divine, puisque la volonté divine passe par une volonté globale de rédemption, d'un devenir salvateur. C'est bien. Oui, oui, si tu veux, entre guillemets, mettre le laboratoire. Mais il réalise. Il n'est pas en éprouvette, attention. Il n'est pas in vitro. Il est in vivo, attention. J'accepte le mot laboratoire, mais plutôt dans sa définition figurée, et en te rajoutant qu'il est in vivo. Cela est important.
Bien sûr, la mezouza. Mais pourquoi tu mets la mezouza ? Pour témoigner, d'accord ? Tu témoignes. L'Éternel, bien sûr, entend le témoignage individuel et singulier, le témoignage singulier et particulier. Vous y êtes ?
Mais il sait pertinemment que la réalisation du témoignage ne peut se faire qu'au travers du tout. C'est-à-dire ? Il y a fait, c'est donc que la religion va se référer... Et c'est peut-être la raison pour laquelle, d'un côté, Marx dira qu'elle est l'opium du peuple, parce qu'elle ne donne qu'une inspiration, alors que la réalisation ne se ferait qu'à travers un tiers.
Étrange et étranger. Un monde futur. Alors que là-bas, c'est le monde qui vient, c'est le monde que j'ai et que je fais devenir. D'accord ? Deux secondes. Vous y êtes ? Donc il n'a pas tort. Quand Nietzsche écrit dans Ainsi parlait Zarathoustra, où je ne sais plus si je me trompe, mais la formule est connue: « Dieu est mort ». Il ne parle pas que Dieu est mort. Il parle du fait que la religion chrétienne a tué Dieu. En quoi la religion chrétienne a-t-elle tué Dieu
? C'est qu'elle a fait de Dieu une idole. Le culte. Il y a là une honte, si vous avez compris ça. C'est important, vous savez. Et je n'ai pas honte, et je n'ai pas peur de vous le dire, même si c'est filmé. C'est une leçon. Vous êtes huit choisis. Et ne croyez pas que, par le fait du hasard, parce que nous n'y croyons pas, ceux qui ne sont pas là ne sont pas là. Ils ne seront pas choisis. C'est aussi simple que cela.
Et vous voyez, je le dis au micro, et filmé: entendre la leçon qui est capable de nous remettre en cause, de nous remettre en question, est quelque chose qui n'est dévolu qu'à ceux qui sont prêts à être... le cliquibolette, le cli. Les autres vont se trouver mille raisons …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
18 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Livre de Jérémie, Pensée juive, Histoire d'Israël, Prophétie, Émouna.
- 13
Jérémie et la responsabilité partagée du peupleLe cours montre que l'échec pédagogique n'est pas seulement celui du peuple, et que chacun garde en lui une potentialité à éveiller. - 14
Jérémie 10 : le chemin des nations et la crainte des signesLe mot derekh a deux sens en hébreu, moyen et finalité, et la crainte des signes célestes est au cœur du verset. - 15
Jérémie 5 et 6 : tirer les leçons du passéTrahison et faux-semblants de la maison de Juda, Jérémie 5:8 et 5:26, et la leçon de l'expérience. - 16
Le 10 Tevet et le siège de JérusalemLe contexte historique du siège de Jérusalem et la position des prophètes face au pragmatisme de l'époque. - 17
Culte ou Torah de vie : Jérémie 7 et la finalitéPourquoi la Torah n'est pas un culte, et pourquoi les moyens ne doivent jamais devenir la finalité. - 18
Jérémie 2 : le peuple qui abandonne la source viveLe prophète reproche à Israël de quitter Hachem pour des puits vides, à l'approche du 9 Av.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav