Nos premiers pas dans la Torat HaNefesh
Comment l'homme est un corps qui ressent, pense, imagine et veut, et pourquoi il ne rencontre l'Éternel qu'en se rencontrant lui-même.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Battre la mesure : la juste place de chacun, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc vous allez étudier avec moi une Préface au développement personnel. Le gros titre s'appelle Torat HaNefesh. Dans cette introduction, nous allons fonder nos propos essentiellement sur Rabbi Yehuda Halevi dans le Sefer HaKouzari, plus spécifiquement sur la troisième partie. Il y a aussi le Rambam, dans les Chemonah Pérakim, au chapitre 1; le Rabbi Haïm de Volojin dans le livre Nefesh HaChaim; le Maharal de Prague, Derech HaChaim, chapitre 4; plus Roni Akrich, dit-il. Tov.
Vous avez bien entendu le droit de poser des questions. Il n'est pas question ici d'une quantité. Yoël va être plus souvent absent à cause de son travail de peintre international, et les expositions vont lui prendre du temps. Donc, quand je le remplacerai, nous travaillerons le mardi sur cette dimension-là. Je vais essayer de vous faire entrer dans ce qu'on pourrait appeler une première ou deuxième année de psychologie analytique.
Il y a le Rav Kook, Orot HaKodesh. Sans comparer Roni Akrich à tous ces maîtres, je vais mettre mon grain de sel. Je vais commencer de cette manière.
Cette femme avait l'habitude, tous les vendredis matins, d'aller au marché vendre des pommes, dont le produit lui servait à préparer Chabbat. Ce vendredi matin, les pommes n'avaient pas l'apparence qu'elles avaient d'habitude. Elle essaya de les vendre, mais n'y parvint pas, même à vingt points de moins. Alors elle alla chez le rabbi et lui dit, en pleurant: « Je n'arrive pas à vendre mes pommes, comment vais-je faire Chabbat ? » Le rabbi lui dit: « Viens avec moi, nous les mettrons à l'étal du marché. »
Il se mit alors à crier, à vendre les pommes à un prix plus cher, en affirmant que ce sont les plus belles. En une heure, il avait vendu toutes les pommes et remis l'argent à la dame, qui alla préparer son Chabbat. Je vous pose la question: comment a-t-il pu réussir en une heure ce qu'elle n'avait pas réussi à faire en plusieurs heures ?
Non, non, la question est claire: comment le rabbi peut-il vendre les pommes à ce point ? — C'est une demi-réponse, mais il manque quelque chose à ta demi-réponse, même bonne. Non, vous n'y êtes pas du tout. C'est la confiance en soi, qui fait que les gens sont à même de ressentir ce qui émane de celui qui parle, de celui qui vend, ou de celui qui pense à côté de soi. Tout dépend de notre disposition, de notre état d'âme, de notre état d'esprit au moment où nous agissons.
Lorsque je parle de l'homme, je parle foncièrement du corps de l'homme, mais je ne peux pas m'arrêter là, à la matière de l'homme. L'homme, en dehors d'être un corps, est celui qui marguiche, rochève, médamienne, roxée. C'est-à-dire que lorsque j'ai face à moi le corps de l'homme, et que l'homme vit, j'ai la nette impression de pouvoir affirmer que l'homme est capable de ressentir, de penser, d'imaginer et de vouloir.
Marquez-le, parce que ce n'est pas sur ma tête que c'est écrit. J'ai dit que l'homme est un corps qui ressent, qui pense, qui imagine et qui veut. Vous allez donc inscrire l'un sous l'autre, sur votre feuille: Gouf, le corps; Regesh, l'être sensible; Sechel, l'intellect; Dimion, l'imagination; et Ratson, la volonté.
Maintenant, vous allez prendre la liste et faire un cercle autour de la première lettre de chacun des mots que nous avons définis: Gouf, Regesh, Sechel, Dimion, Ratson. Dans les trois premières lettres, vous obtenez un terme qui veut dire Garesh, c'est-à-dire répudier. Et dans la deuxième partie, Dalet Resh, Dar, qui veut dire résider. Dar est la racine de Dira, la demeure. Garesh, c'est répudier; Dar, c'est résider. Cela, c'est de ma confection personnelle, bien entendu, et je vous en fais part, mais vous allez voir pour quelle raison.
Nous prenons conscience que l'ensemble de ces données, qui sont au nombre de cinq, sont significatives, parce que cet ensemble crée une entité, une à part entière, pour chaque être. Chaque être est un corps différent, avec une sensibilité différente, une réflexion différente, un imaginaire différent, une volonté différente.
Essentiellement, ce que nous faisons, c'est essayer de comprendre que ce qui m'attend dans l'existence, ce n'est pas simplement l'avenir, mais mon devenir. L'épithète de l'avenir, c'est le verbe avoir; l'épithète du verbe devenir, c'est l'être.
Dans la société qu'on appelle aujourd'hui la société du Kukuning, c'est-à-dire la société de consommation, qui, par l'accumulation des biens acquis, est capable de vous donner un sentiment d'être sous la couette de l'existence, jamais l'accumulation des avoirs ne viendra m'affirmer la possibilité d'être. En revanche, la volonté d'affirmer qui je suis est à même de me permettre de conjuguer les avoirs de mon existence. Ce n'est pas parce que j'ai que je suis, mais c'est parce que je suis que je possède. Est-ce que c'est clair ? C'est un postulat sur lequel nous ne revenons pas, parce qu'il est une affirmation foncière de l'identité première de l'être.
La société de consommation a créé le besoin en vous faisant croire que plus vous posséderez, plus vous serez. C'est une erreur fondamentale, pour ne pas dire une ineptie, de l'histoire de l'homme. L'homme est avant tout un être qui, parce qu'il se révèle en tant qu'être à part entière, est capable de posséder ceci ou cela.
— Quel ? — Ben voilà, non ? Je l'ai reformulé. — Je l'ai reformulé. — Oui. Je dis: tout dépend de l'acception que tu donnes au mot capital. Ce qui est capital pour moi, c'est moi; mais moi, je ne suis pas un capital. — Oui. Comme disait notre cher Marx, je ne suis pas un capital quantitatif, mais je suis une qualité qui est capitale pour moi. Tu comprends ce que je dis ? Il y a une faute, mais autre chose. Pour ceux qui n'arrivent pas à comprendre:
Entre le pavillon 10 et le pavillon 11 à Auschwitz, il y a une plaque sur laquelle est inscrit le nom de Carl Clauberg, le patron de Joseph Mengele, des médecins de la mort. C'était le grand patron du service de gynéco-obstétrique à l'hôpital d'Heidelberg, mais qui s'est révélé, dans les pavillons 10 et 11, comme le chef des monstres. Quand il rentrait à la maison, sa femme avait plein de cadres sur lesquels étaient inscrits les avoirs de monsieur. Mais cela n'en a jamais fait un être, seulement un monstre. Tu comprends ?
Cela va jusqu'à l'histoire du professeur Neher, lorsqu'il est revenu, Zichrono Livracha, mon maître, d'une émission littéraire, après avoir reçu le prix d'Israël. Le matin, rue Tchernikhovski à Jérusalem, le balayeur, qui était juif, l'arrête et lui dit: « Professeur Neher, j'ai été vraiment bouleversé par l'émission d'hier soir. » C'est pour vous dire le niveau des balayeurs en Israël. Et il ajoute: « Mais je pense que je fais quelque chose de plus que vous. » Le professeur Neher lui répond: « Je vous écoute, mon ami. » Il dit: « Moi, j'embellis Jérusalem tous les jours. » Prenez la chose telle …
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