Le tikkoun, ou le rôle d'Israël pour le monde
Le Rav Harlap (Meïm Harom, ch. 29) : le kli qui reçoit la lumière, et la mission d'Israël envers les nations.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La liberté de vouloir ce dont j'ai besoin selon le Rav Akrich, 1 h 03
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, nous allons, à travers un texte du Rav Harlap, dans Meïm Harom, au chapitre 29, parler du renouvellement permanent. Le peuple d'Israël a été créé avec une spécificité: révéler les valeurs de l'infini dans ce monde. Étant donné que nous sommes les employés de l'infini,
nous devons être dans un renouvellement permanent, pour ne pas être figés, pour ne pas être bloqués, sinon nous ne serions pas capables de corriger ce monde. Autrement dit, HaKadosh Baroukh Hou utilise la nation d'Israël pour compléter sans cesse le monde de la création. Je dis « sans cesse » parce qu'il n'y a pas de fin: l'infini étant infini, son action, elle aussi, est infinie. Et donc elle passe par Israël, qui est capable de contenir ces notions d'infini et de les faire passer pour la correction, pour l'évolution du monde. Et quand je dis correction, je veux bien entendu parler de lumière qui correspond à un ustensile.
J'explique avec des mots un peu plus simples. Quand on parle de tikkoun, vous entendez sûrement souvent cette définition, mais vous ne savez pas exactement ce qu'elle veut dire. On dit: c'est son tikkoun. Qu'est-ce que ça veut dire, son tikkoun ? Aujourd'hui, bien entendu, les choses ont été déformées, mais à la base, la notion de tikkoun représente en réalité une seule chose: la donnée en question doit arriver dans un contenant.
Au moment où la donnée arrive dans le contenant qui lui correspond, ça, c'est le tikkoun. On appelle ça, dans le langage de nos sages dans la kabbale, Or Bétoh Kli: une lumière dans un ustensile qui peut contenir cette lumière, qui peut la révéler. Il faut donc qu'il y ait une hatama, une ressemblance, une correspondance entre l'élément que je veux dévoiler et l'instrument qui doit le dévoiler.
Un exemple simple: si je veux mettre un liquide brûlant dans ce verre, il faut que ce verre soit capable de contenir ce liquide brûlant. Si le kli était faible, la chaleur du liquide aurait fait fondre l'ustensile, et l'ustensile n'aurait pas pu jouer son rôle. Moralité: même le liquide n'est pas appréciable, je ne peux même pas l'utiliser. Je dois donc construire, fabriquer un ustensile qui soit capable de tenir la chaleur du liquide que je veux introduire à l'intérieur. Et à partir du moment où ce kli joue son rôle, je peux non seulement recevoir le liquide, mais je peux l'utiliser.
C'est exactement comme ça dans notre vie. Tout est fabriqué en couple. Là, c'est un couple: le liquide est un élément masculin, et le contenant est un élément féminin. C'est-à-dire que chaque fois que vous entendrez le mot kli, c'est par définition un élément féminin. Et chaque fois que vous entendez or, la lumière, qui est dans notre exemple le liquide, c'est une connotation masculine. Donc le masculin et le féminin sont comme la lumière dans un ustensile.
Quand vous trouverez votre épouse, vous trouverez be'ezrat Hachem, celle qui est capable de vous contenir. Et vous, vous serez comme ce liquide: il faut un ustensile capable de le contenir et de le révéler. Donc vous devenez réellement important, existant. Sans trouver ce kli, vous ne pouvez pas encore vous exprimer réellement dans votre vie. Ce couple, cet accouplement, se retrouve dans tous les niveaux de notre vie.
La neshama, dans le corps, c'est la même chose. La neshama est masculine par rapport au corps, qui lui est féminin par rapport à elle. Elle a donc besoin de lui comme contenant pour pouvoir avancer dans ce monde et faire ce qu'elle doit faire dans ce monde. Sans trouver un corps, la neshama ne peut même pas commencer à travailler dans ce monde. L'inverse, la même chose: s'il y a un ustensile, mais qu'il est vidé de la lumière qui doit le réaliser et l'utiliser pour se réaliser, le kli ne sert à rien.
Il faut donc absolument que l'élément « être », Adam, soit combiné de zakhar et de nekeva. C'est pour ça que la Torah, lorsqu'elle définit le mot Adam, dit: Adam ce n'est pas un homme masculin ou une femme féminine, c'est en réalité l'ensemble des deux qui est appelé Adam. Il n'y a donc pas chez nous un Adam homme et un Adam femme, ça ne veut rien dire. Adam n'est que l'ensemble des deux. Adam, c'est une notion de tikkoun.
Là aussi, quand vous entendez le mot Adam, si vous étudiez un texte un peu plus profond dans la Torah, à chaque fois que vous entendrez ou qu'il est écrit Vezeh Sod Adam, « et c'est le secret de l'Adam » – ce n'est pas Adam Harishon –, c'est le secret du tikkoun. C'est ça, le tikkoun. Dès que tu as le niveau de Adam qui correspond à ce que tu es, tu es dans une forme de tikkoun, dans un élément de tikkoun, dans un processus de tikkoun. Donc tikkoun égale masculin et féminin dans tous les domaines.
Autre exemple: ma bouche est féminine. Elle exprime mon cerveau, qui est masculin. Donc je suis en train d'accoupler mon cerveau avec l'expression de mon cerveau: j'utilise la partie féminine, qui est ma bouche. La bouche va être le porte-parole de ma pensée. Ma bouche ne sort donc pas des mots vains: c'est en réalité une pensée qui parle. Comprenez ?
Il y a donc un élément masculin et un élément féminin. La même chose au niveau du cerveau droit et du cerveau gauche: le cerveau droit est masculin par rapport au cerveau gauche, qui va traduire les idéaux, les données de base, pour en faire une réalité. Les deux vont passer par le cervelet et se diriger à travers tout le système nerveux, dans le corps, pour apporter l'information à tous les éléments. D'accord ?
L'ensemble du féminin et du masculin ne donne pas un masculin, il donne un masculin qui agit. Un jour, on va écrire: « Je vous invite, Monsieur et Madame, » et on dit le nom de l'homme. C'est bizarre, mais en réalité c'est l'homme qui agit, à travers son épouse. Elle a donc une importance capitale, mais c'est l'action de l'homme, c'est l'action de l'être, de base. C'est comme la neshama: qui est en train de bouger maintenant ? C'est la neshama qui fait bouger mon corps. Ce n'est pas le corps seul qui bouge.
La neshama, c'est comme une main dans un gant: c'est elle qui, à travers mon corps, fait bouger le gant. Oubliez le gant: le gant, c'est tout mon corps. Tout mon être est un gant pour la neshama. Donc, à chaque fois que je bouge, à chaque fois que je fais quelque chose, quand ma bouche parle maintenant, ce n'est pas ma bouche qui parle. Vous comprenez bien que c'est ma neshama qui utilise un instrument qui s'appelle la bouche pour parler. On n'a jamais vu une bouche parler.
Quelqu'un qui dort, étant donné que sa neshama l'a quitté, ne voit pas, n'entend pas, ne parle pas: il est dans un autre élément. Il n'est pas mort pour autant. Mais étant donné que sa neshama …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
64 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Erets Israël, Techouva.
- 18
Connaître ses vertus et ses sentiments pour se connaître soi-mêmeLe Talmud (Sota 14a) : l'homme peut suivre Hachem en imitant ses attributs, notamment l'humilité, premier trait d'Adam. - 19
Combattre le désespoir par l'émounaPourquoi l'optimisme est inscrit dans la émouna : rien n'est perdu si Dieu a créé le monde. - 20
Réparer ses fautes passées : la techouvaRegret, renoncement, aveu : comment la techouva répare la faute, selon le Rav Manitou. - 21
Un corps sain dans un être sain : la nefesh et ses cinq élémentsPourquoi l'éducation doit garder le corps, le sentiment, la pensée, l'imagination et la volonté ensemble. - 22
Le tikkoun, ou le rôle d'Israël pour le mondeLe Rav Harlap (Meïm Harom, ch. 29) : le kli qui reçoit la lumière, et la mission d'Israël envers les nations. - 23
La liberté de vouloir ce dont j'ai besoin selon le Rav AkrichLa liberté naît de la loi qui la grave : limites, perfectionnement et harmonie entre vouloir et besoin. - 24
Nos premiers pas dans la Torat HaNefeshComment l'homme est un corps qui ressent, pense, imagine et veut, et pourquoi il ne rencontre l'Éternel qu'en se rencontrant lui-même. - 25
Battre la mesure : la juste place de chacunÉmouna, tsipia, hessed : le triptyque qui permet de trouver sa place dans la symphonie commune. - 26
Les voies de la reconnaissance de soi selon la pensée juiveComment le corps, l'émotion, la conscience et l'imagination éclairent la nature et le caractère de l'homme. - 27
L'écoute émotionnelle et la construction de soiComment l'écoute du texte et de l'autre révèle l'âme et le moi réel, selon Orot HaKodesh.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav