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La kedoucha et la prière collective selon Rav Kook

Pourquoi la kedoucha se récite seulement en minyan, et ce que la Chazara révèle de la sainteté d'Israël.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La bénédiction sacerdotale et la paix selon Rav Kook, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Si vous fermez la porte, ce sera encore mieux. Bon. Il y a dans le texte de la troisième bénédiction du Chmona Esré, un texte supplémentaire qu'on appelle la Kedoucha, autrement dit l'appendice des fidèles.

La Kedoucha est récitée en public. C'est-à-dire que lorsqu'on fait la prière seul, en Yahid, on ne récite pas la Kedoucha. Quand on la fait en public, on la récite. Pour une raison très simple: la sainteté en Israël est une sainteté d'ordre collectif et non pas individuel.

Vous n'avez qu'à voir, par exemple, dans la paracha du livre de Vayikra. On dit: Kedoshim tihiyou, vous serez saints. La Torah commence par Vayédaber Moché: Vé-El Kol Adat Bnei Israël, Moché s'adressa à toute l'assemblée des enfants d'Israël. Et Rachi nous dit là-bas que cette paracha a été dite bé-hakhel, c'est-à-dire en public.

A priori, Rachi semble dire une banalité, puisque le texte dit déjà que Moché a parlé à toute l'assemblée d'Israël. Est-ce que j'ai besoin de Rachi pour savoir que ça a été dit en public ? C'est une évidence, ça tombe sous le sens. A moins que Rachi veuille dire autre chose: que la sainteté se fait en public. Kedoshim tihiyou, c'est bé-hakhel. Il n'y a pas de sainteté au niveau individuel. Il y a une sainteté, en Israël en tout cas, qui vient de la collectivité. C'est du collectif que le peuple d'Israël tire sa sainteté.

Et donc tant qu'il n'y a pas de minyan, il n'y a pas de micro-société. Tant qu'il n'y a pas de micro-société, il n'y a pas de Kedoucha qui tienne. Voilà. C'est pour ça qu'on dit la Kedoucha uniquement lors de la prière en commun, plus précisément dans la Hazara, c'est-à-dire dans la récitation de la Amida par le ministre officiant. C'est là que ça se dit.

Maintenant, pour la question: pourquoi fait-on la Hazara ? Pourquoi le ministre officiant la récite-t-il ? Il y a, à ce propos, deux approches tout à fait diamétralement opposées: celle du Nigleh et celle du Nistar, c'est-à-dire de la tradition révélée et de la tradition cachée.

D'après la tradition révélée, la raison pour laquelle on fait la Hazara, c'est qu'il y a des individus qui ne savent pas faire la prière. Donc on les acquitte, par une prière collective à voix haute, faite par le ministre officiant. Mais en fait, c'est d'un niveau moindre: c'est uniquement pour acquitter les ignorants.

D'après la Kabbale, d'après la tradition cachée, c'est exactement le contraire. La prière individuelle est d'un certain niveau, très élevé quand même, mais il y a un niveau encore plus élevé, celui du Klal, de la collectivité. Et donc la Hazara, c'est un niveau supérieur auquel on accède après avoir fait d'abord sa prière individuelle.

— Oui ? Qu'est-ce que tu voulais ?

Oui, bien sûr. Si tu réponds Amen, c'est-à-dire si tu ne bouges pas de ta place et que tu réponds Amen à chaque bénédiction récitée par le ministre officiant, tu peux t'acquitter de ton devoir. Tu voulais dire que ce n'est pas contradictoire ? Effectivement, ce n'est pas forcément contradictoire.

Je reprends. Pourquoi ne fait-on pas Elohaï Netzor à la fin de la Hazara ?

— Shavoua tov ?

Parce qu'on ne fait jamais Elohaï Netzor. Quand on finit la prière individuelle, on ne fait jamais Elohaï Netzor à la fin. Oui, aussi Chavoua Tov. Alors ? Non, tu as fait Elohaï Netzor, avec un « e ». Maintenant, oui.

Pourquoi ne pas faire Eloha vé-Netsor pendant la Hazara, pour une raison très simple ? C'est que c'est dit au singulier. Le singulier, c'est de l'individuel. Le Eloha vé-Netsor est une prière rajoutée par l'individu à la fin de sa prière. Il veut ajouter quelque chose. Ce n'est pas obligatoire, c'est facultatif. Maintenant, on a pris l'habitude de le faire, très bien, mais ça ne concerne pas la collectivité. D'accord ?

— On fait la Hazara à Chaharit et à Mincha.

Oui. On ne la fait pas à Arvit.

Pourquoi ne fait-on pas la Hazara à Arvit ? Pour une raison très simple: à l'origine, la prière d'Arvit est facultative. À l'origine.

— Il y a la bénédiction que le ministre officiant récite après le service, après l'Amida du vendredi soir, n'est-ce pas ?

Oui. Alors pourquoi existe-t-elle, cette paracha ?

Elle existe à cause des retardataires. On ne veut pas laisser les retardataires seuls dans les synagogues. Les synagogues dans l'Antiquité étaient souvent isolées, en dehors du Yichouv, en dehors du village. Et donc, si quelqu'un finissait sa prière plus tard que l'assemblée, il risquait de rester seul, ou en tout cas en petit nombre, dans la synagogue, et de rentrer dans l'obscurité.

Je reviens. Maintenant, le soir de Pessa'h, même si ça tombe un Chabbat, on ne fait pas cette mini-Hazara, parce qu'on dit que le soir de Pessa'h, il n'y a pas de danger: les Mazikim, les forces malfaisantes, n'ont pas de prise le soir du Seder. C'est la raison pour laquelle on est d'ailleurs dispensé de réciter le Chema sur son lit, le vendredi soir du Seder, pour la même raison. Et on laisse la porte ouverte. C'est très dangereux de laisser la… Non, non, on parle d'autre chose.

Il y a parfois des dangers. Par exemple, il y a eu des drames dans des sous-marins belges, lorsque la marine belge a fait une opération « portes ouvertes ». Bon. Alors je reviens à la Kedoucha. La Kedoucha se fait en public. Mais c'est quoi, exactement, la Kedoucha ?

C'est exprimer la sainteté de l'assemblée d'Israël. Maintenant, cette sainteté ressemble, comme deux gouttes d'eau, à la sainteté des anges. C'est pour ça que, dans le texte de la Kedoucha, on parle de la manière dont elle est récitée par les anges, et puis nous disons: nous aussi, nous récitons cette Kedoucha. Mais il y a différentes manières de se comparer aux anges. Il y a des cas où les anges font la Kedoucha, et on les imite. Et il y a parfois des cas où on la fait en même temps qu'eux.

Et il y a des cas où ce sont eux qui nous imitent. Je vais expliquer tout cela d'après le texte. Chez nos frères ashkénazes, dans le Noussah Ashkenaz, on dit: Nekadech étchem'cha ba-olam, nous allons sanctifier ton nom dans le monde, ke-chem chémakdichim oto bé-marom, de la même manière qu'il est sanctifié dans les cieux d'en haut, ka-katé'ou al yad néviekha, ainsi qu'il est écrit par ton prophète.

Et ensuite on dit: Kadosh, Kadosh, Kadosh. On voit bien que dans cette formulation de nos frères ashkénazes, on dit d'abord que ce sont les anges qui savent sanctifier, et puis que nous les imitons. Nekadech: nous allons sanctifier ton nom sur la terre de la même manière que les anges sanctifient. Donc c'est eux le modèle, et nous, nous sommes la copie. C'est ça ?

— Il y a un peu de ça, mais c'est un peu différent dans la Kedoucha telle qu'elle est récitée par nos frères séfarades.

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