Le livre des Juges : après Yehoshoua, l'homme et l'histoire
Pourquoi, après la mort de Yehoshoua, Israël passe de l'autorité d'un seul à celle de plusieurs chefs, et le rôle de Yehouda dans le partage du territoire.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Pinchas et le reproche de l'ange à Bokhim, 38 min
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## Vayehi acharei mot Yehoshoua
Donc, yallah, premier chapitre. Vayehi acharei mot Yehoshoua. Vayich'alou bnei Yisraël baHachem lémor: mi yaalé lanou el haKena'ani batehila lehilakhem bo. Chapitre 1, verset 1. Le livre de Shoftim, dont les introductions sont déjà présentes sur le site internet de Machon Meir. Ben oui, il n'y a pas que vous sur la scène, il y a ceux-là aussi, donc j'ai envie de parler. Vayehi acharei mot Yehoshoua.
Il est clair que lorsque je dis Vayehi acharei mot Yehoshoua, d'une manière générale, je me rappelle qu'à la fin, au début, pardon, du livre de Yehoshoua, il y a le même propos qui a été émis: Vayehi acharei mot Moshé. C'est-à-dire que lorsque je viens et je dis que nous sommes dans une nouvelle période parce qu'il y a un nouvel homme,
sachez, par exemple, que dans la paracha que nous allons lire Chabbat, Toldot, si dans l'historiosophie humaine et les historiens qui essaient d'expliquer les leçons de l'histoire, nous nous attachons à l'événement, aux guerres, aux évolutions économiques, révolutionnaires ou sociologiques, eh bien, ce que nous allons lire Chabbat, Toldot, c'est que l'avènement de l'histoire et de la leçon de l'histoire en Israël se déroulent au travers de l'homme et seulement de l'homme. C'est-à-dire que l'homme, qui s'appelle Avraham, Yitzhak et Yaakov, va être le vecteur de l'histoire qui devra me servir de leçon. Moins l'événement, mais plus l'homme en tant qu'être. Vayehi acharei mot Moshé, j'ai besoin de préciser:
que Moshé est mort, Yehoshoua le remplace. Bien sûr, me direz-vous, lorsque Yehoshoua va remplacer Moshé, ce ne sera plus la même époque, pas parce que ce ne sera plus la même époque, parce que l'heure a avancé, le temps, mais parce que le personnage en question va entériner, engendrer une nouvelle période dans sa manière de diriger, de consacrer l'époque d'après ce qu'il est lui, le dirigeant. L'époque où, en Israël, le président fut Haïm Weizmann, le premier ministre David Ben Gourion, ne ressemble pas à l'époque où Menahem Begin, en 76 de l'an 1900 au 20ᵉ siècle, monta au pouvoir pour la première fois. L'homme était important.
C'est parce que l'homme était important que l'événement allait changer et que la période allait être différente. Vayehi acharei mot Moshé. Il y a autre chose que je veux vous rappeler, en dehors du fait que Vayehi acharei mot Yehoshoua. Ici, nous commençons une nouvelle période. Mais vous savez que dans cette période, d'après l'introduction qui fut la nôtre, il n'y a pas de régent. Il n'y a pas d'homme du pouvoir maintenant. Il y a ce que nous connaissons tous ensemble, c'est-à-dire des tribus qui vont devoir
se retrouver dans un face-à-face avec elles-mêmes et devoir se régir, créer une souveraineté tribale, une indépendance tribale, afin d'assurer l'omniprésence d'Israël par tribu sur le terroir qui leur fut accordé dans le Goral, c'est-à-dire dans le lot qui leur fut attribué par Moshé dans le Sinaï. Yehoshoua meurt.
Ceux qui vont arriver, ce sont des Shoftim, au pluriel. Ce n'est pas un homme, ce sont des hommes. Oui, il y aura un homme pour différentes épopées dont nous avons parlé dans l'introduction. Mais de manière générale, ce seront des hommes, au pluriel, qui vont diriger, d'une main de fer ou pas, le devenir d'Israël. Vayamot Moshé. Il y a quelque chose d'autre que je veux vous dire. Le texte commence par Vayehi.
Alors, le Vayehi, je l'ai dit, je le répète, mais comme chaque chose doit être répétée cent et une fois afin qu'elle fasse partie de notre être intérieur, je le répète. Vayehi est une construction. Le Vav n'est pas une conjonction de coordination comme le Mével... Le Vav est une conjonction de conversion. Le Vav va venir convertir un verbe être de deux manières. Vous savez que le verbe être et avoir en hébreu
ne se conjugue jamais au présent. Il n'existe point. Il se conjugue au passé ou au futur. Vous voulez une leçon ? Car être, c'est n'en que tirer les leçons de ce que je fus pour mieux devenir. Il n'y a jamais de présent. Car dans chaque instant, même celui où je parle maintenant, n'est qu'un passé qui se prépare à un devenir, au mot qui doit venir.
Quand vous ne comprenez pas, vous levez la main, je l'ai dit et répété à chaque fois. On ne construit pas une classe de nuls, d'individus qui sont créés par l'Éternel avec intelligence, réflexion, émotivité et sensibilité. Le problème, ce sont ces êtres humains qui jouent aux imbéciles et qui passent à côté de l'histoire. Mais nous, non. Nous, nous sommes là parce que nous avons décidé d'être. Alors, je vous en supplie, je vous en prie.
C'est une prière, mes frères. Oui, la question. Qu'est-ce que j'ai dit ? Oui, j'ai dit que le verbe être ne se conjugue pas au présent. Pourquoi le verbe être ne se conjugue pas au présent ? Parce qu'à chaque fois que tu déclines au présent, l'instant présent où tu as parlé est déjà devenu passé et il ne préfigure que le futur qui va arriver dans la seconde suivante. C'est-à-dire que le verbe être ne se conjugue pas au présent,
parce qu'il est celui qui tire les leçons du passé afin d'assurer le futur, le demain qu'il recèle en son sein. Donc l'être n'est pas au présent. Ok, je reviens au mouton. Faites-vous place là, tu peux, faites-vous place, ne vous gênez pas. Nous sommes au chapitre 1, verset 1 du livre de Shoftim. Je continue, vous me suivez. Vayehi, Vav de conversion qui va convertir le yehi ici. Mais il existe une autre formulation dialectique dans le texte biblique, qui est
non pas Vayehi, mais Véhaya, ki yévi'akha. Le Vav de conversion va venir convertir ici haya. Haya, c'est un passé. Yehi, c'est un futur. Si je transforme avec le Vav le futur, il n'est plus futur, il devient en langue française futur antérieur. Là, nos sages nous disent que c'est un langage de désespoir, un langage qui ne présume rien de bon. Véhaya, c'est le passé, haya, où le Vav va le convertir en futur.
De là, nos sages disent: quand un texte commence par Véhaya, c'est un langage qui présume un bon avenir. Exemple: Véhaya ki yévi'akha el haarets, « et lorsque tu viendras sur la terre ». Bien évidemment, dès que le texte commence par Véhaya, j'entrevois des lendemains en chantant, puisque je reviens à la maison, puisqu'enfin il m'est donné de pouvoir me rencontrer. C'est clair ?
Dans le futur, pourquoi est-ce qu'il n'y aura pas ? Vayehi acharei haddevarim haéleh, vehaElohim nissa et Avraham. Et ce fut après ces événements que D.ieu mit à l'épreuve Avraham, tout de suite. Le Vayehi ne présage rien de bien. D'ailleurs, je ne vois pas ce qu'on pourrait présager de bien quand on demande à un père de prendre son fils pour le sacrifier. On est bien clair ? Donc, lorsque vous étudiez le texte biblique, lorsque vous voyez le Vayehi, lorsque vous voyez le Véhaya, vous venez de recevoir une clé d'entrée dans le texte, sans savoir ce qui va suivre après le verbe
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