Israël, ses guerres et la force morale du peuple
Le Rav Yehouda Ben Ichay lit le livre des Juges 2,14 : la faiblesse morale d'Israël entraîne sa défaite face aux ennemis.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : Yerouchalayim conquise puis abandonnée dans le Livre des Juges, 36 min
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Dans le cours précédent, qui avait eu lieu en fait il y a deux semaines, la semaine passée, vous étiez avec le Rav Winer, si je me souviens bien. On avait parlé de la dégradation de la situation après le départ de Yehoshoua, qui, mort à l'âge de 110 ans, avait laissé le Ramb Israël alors qu'il n'avait pas complété la conquête d'Erets Israël. Ce qui fait que, parmi le peuple, se trouvaient des enclaves des sept peuples de Knaan, qui étaient non seulement présents physiquement, mais aussi présents par leur culture et leur civilisation. Malheureusement, cela a entraîné que les enfants d'Israël se sont laissé attirer par des choses qui n'étaient pas du tout convenables.
Comme l'idolâtrie et tout ce qui l'accompagne. L'idolâtrie n'est jamais seulement de l'idolâtrie. C'est toujours une idolâtrie qui est accompagnée de beaucoup d'autres choses, surtout d'ordre moral, en effet. Une émouna qui n'est pas complète envers Dieu entraîne forcément une faiblesse morale de la part de l'homme. Ce qui amène l'homme à une conduite idéale, c'est le sentiment qu'il a un devoir envers son Créateur. Or, si l'homme se dirige vers d'autres forces que la force divine toute seule, il y a forcément un affaissement de sa capacité à conduire sa vie de façon idéale.
C'est très important de comprendre cela: le travail que l'on fait au niveau de notre émouna va avoir une incidence tout de suite sur le reste de notre existence. C'est tout à fait différent de ce que l'on apprend, par exemple, dans le cadre de la civilisation occidentale. Pour la civilisation occidentale, on peut être un homme de conduite morale sans que cela ne soit rattaché à la émouna. La Torah, qui connaît l'homme, dit que l'émouna a une incidence directe sur sa capacité d'être l'homme tel que Dieu attend de lui qu'il soit. Donc, les enfants d'Israël, malheureusement, se sont laissé entraîner.
Et là, on est arrivé au moment où Dieu va réagir à cela. Pour nous, il est très important de voir la réaction divine. Pourquoi ? Parce que cela nous permet d'apprendre à connaître la façon dont Dieu mène son monde, et surtout la façon dont il s'occupe d'Israël. Alors, on est au verset Yud Dalet:
« Au main de ces ennemis qui étaient autour, et ils n'eurent plus la force, Israël, de se tenir, de tenir face à leurs ennemis. » On est maintenant, je viens de lire le passage: Yud Dalet, chapitre Beth, Yud Dalet. Là, on apprend quelque chose d'essentiel: c'est que la capacité d'Israël à tenir tête à ses ennemis ne vient pas seulement d'une force naturelle. Voilà ce qu'on apprend dans ce verset. Chez tous les peuples, les peuples se battent, gagnent des guerres ou les perdent en fonction de leur capacité militaire. Là, nous apprenons que le niveau spirituel et moral du peuple va entraîner sa capacité de se tenir face à ses ennemis.
Et j'explique pourquoi, c'est très important, parce que cela va nous expliquer tout le reste de notre histoire. Quand Israël est capable de tenir tête à ses ennemis, de leur faire face et de gagner, cela veut dire que nous avons prouvé la vérité de notre émouna. Nos combats ne sont jamais des combats profanes. Les combats qu'Israël mène dans son histoire sont toujours des combats qui ont pour but de faire apparaître le bien face au mal. Il n'y a pas de combats qui, par exemple, sont des combats pour les territoires.
Par exemple, aujourd'hui, l'un des plus grands mensonges qu'on a réussi à installer dans les esprits grâce à la propagande des hommes, c'est que Israël se bat pour les territoires. Cela ne veut rien dire. On ne se bat pas pour les territoires. Ça, c'est une invention occidentale, qui n'a aucune idée de la valeur des guerres d'Israël. Quand Israël se bat, c'est toujours pour faire apparaître quelque chose de moral face à quelque chose qui veut lutter contre le bien. Toujours. C'est marqué dans la Torah, cela apparaît ici dans les Neviim, et c'est sans arrêt enseigné par nos Sages, cette idée-là.
Donc, quand notre stature nationale s'affaiblit au niveau moral et spirituel, automatiquement, on va être en position de faiblesse par rapport à nos ennemis. Pourquoi ? Parce qu'on ne vient plus faire apparaître le bien face au mal. Nos ennemis vont alors pouvoir nous dominer. Si on ne considère les guerres qu'au niveau naturel, ceux qui seront plus nombreux, plus aguerris, etc., auront forcément un avantage. Par contre, si Israël vient se battre au nom du bien, peu importe leur nombre, peu importe leur force, ils arriveront à dominer les ennemis, parce que le bien domine le mal. C'est l'idée qui se présente ici.
Donc, le prophète nous dit que, quand Israël s'est laissé entraîner vers la civilisation des autres peuples, vers l'idolâtrie, etc., il s'est trouvé en position de faiblesse par rapport à ses ennemis, automatiquement. Dans tout ce qu'ils entreprenaient, la main de Dieu s'appesantissait sur eux, comme Dieu l'avait annoncé, comme Dieu l'avait juré. Et Israël a beaucoup souffert de cela, de voir comment ceux qui étaient au sommet...
Rappelez-vous: nous sommes rentrés en Erets Israël, et tous les peuples tombaient devant nous. La ville de Jéricho, les murailles s'écroulent. Les autres peuples se rassemblent devant nous, ils ne nous résistent pas. Alors qu'évidemment, nous étions en plus petit nombre, nous n'étions pas aguerris comme eux, nous n'étions pas déshabitués de la guerre. Nous étions sortis d'Égypte depuis quarante ans, dans le désert. Malgré cela, tout le monde tombait devant nous. Et puis, d'un coup, on voit Israël dans une situation inverse. C'est une tsara, c'est terrible de voir cela.
Comment, nous qui, jusqu'à présent, quand nous avancions, voyions tout s'ouvrir devant nous ? La mer s'est ouverte devant nous. Le Jourdain s'est ouvert devant nous. Les peuples s'ouvrent devant nous. Tout s'ouvre. Et tout d'un coup, on se trouve dans une situation contraire. Tsar. Vayetzer: cela devient étroit, cela veut dire qu'on ne peut plus passer. Là où, pour nous, l'histoire était un grand portail ouvert, tout d'un coup les choses se referment. À cause de nos échecs spirituels et moraux. Pourquoi ? Parce que nous n'apparaissons pas dans toute notre stature, dans notre vérité. La vérité qui est en nous, la vérité d'Israël, qui s'impose aux autres peuples.
Et peut-être que c'est le moment, à cause de la paracha de cette semaine, de dire un enseignement du Rav Kook, dans le livre Orot. Si nous n'avions pas commis la faute du veau d'or, qui est dans la paracha de cette semaine, nous serions rentrés en Erets Israël sans aucun combat. C'est-à-dire que les peuples se seraient pliés devant nous. Parce qu'ils auraient vu en nous l'image de Dieu tout de suite. Cela les aurait tellement impressionnés, cela aurait fait quelque chose de tellement fort, qu'ils auraient tout de suite reconnu le Nom de Dieu qui était sur nous.
C'est marqué en toutes lettres: Ki Chem Hachem nikra alecha, car le Nom de Dieu est appelé sur toi. Nous portons sur nous le Nom de Dieu. Chacun, Israël dans sa globalité, dans sa totalité, et chacun de …
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