Ehud ben Guera et la délivrance d'Israël sous Eglon
Le récit du juge Ehud qui tue le roi de Moab, et ce que son courage enseigne sur la tchouva.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : Israël, ses guerres et la force morale du peuple, 20 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On est dans le livre de Shoftim. Au Pérek, Pasouk Youd-Bet. La semaine passée, nous avions parlé d'Otniel ben Kenaz. Vous vous rappelez ? Grâce à Otniel ben Kenaz, pendant quarante ans, les Juifs ont été tranquilles, en paix sur leur terre, comme c'est écrit dans le Pasouk Youd-Alef.
Va-tichkot ha-aretz arba'im shana, va-yamot Otniel ben Kenaz. Maintenant, nous passons au Pasouk Youd-Bet, nouvelle histoire. Va-yossifou bnei Israël la'asot ha-ra be-einei Adonai. Va-yachazek Adonai et Églone, melekh Moav, al Israël, al ki assou et ha-ra be-einei Adonai. Après quarante ans, malheureusement, les enfants d'Israël reprirent à faire le mal aux yeux de Dieu. Et Dieu donna la force à Églone, le roi de Moab, de dominer Israël, parce qu'Israël avait fait le mal.
De là, on apprend, comme on l'avait expliqué déjà la semaine passée, que notre capacité de tenir tête à ce qui nous entoure, à nos ennemis, ou au contraire la force de nous dominer, dépend de notre condition morale.
Et ce même roi, Églone, roi de Moab, rassembla autour de lui Amon et même Amalek. Il frappa Israël et arriva même à s'emparer d'une de leurs villes, la ville de Yéricho, qui s'appelle Ir ha-Témarim. Je ne sais pas si vous avez déjà été à Yéricho. Moi, très souvent, il y a de cela longtemps. C'est une ville extraordinaire. Il y a des arbres, il y a plein de sources, et il y a aussi, entre autres, beaucoup de palmes. Il y a une palmeraie, qui permet donc d'être très riche. Et ça, c'est tombé aux mains d'Églone.
Les enfants d'Israël durent servir pendant dix-huit ans Églone, le roi de Moab. Dix-huit ans sous la domination d'Églone, ce n'est pas une petite affaire, et ce n'est pas très sympathique.
Au bout d'une telle domination, les enfants d'Israël, devenus insupportables, crièrent à Dieu. Et Dieu, à nouveau, comme c'était déjà arrivé, c'est presque le même verset que celui du Pasouk Tet. Regardez, comparez. Dans le Pasouk Tet: Va-yizaqou bnei Israël el Hachem, va-yaqim Hachem lahem moshi'a, livné Yisrael, va-yoshi'em. Lisons maintenant notre verset: Va-yizaqou bnei Israël el Hachem, va-yaqim Hachem lahem moshi'a. Les mêmes mots. C'est-à-dire que le scénario semble revenir. Et cette fois, celui qui va les délivrer s'appelle Ehud.
Ehud ben Guéra. Ben Yemini, ça veut dire quoi, Ben Yemini ? Qu'il était de la tribu de Binyamin, comme le dit d'ailleurs Metsoudat David. C'étaient des guerriers. La tribu de Binyamin était une tribu qui savait faire la guerre, et on va le voir par la suite. D'ailleurs, le premier roi d'Israël, Shaoul, était de la tribu de Binyamin.
Ce Ehud ben Guéra avait une particularité: il était gaucher. En quoi cela nous intéresse-t-il tellement qu'un tel enseignement soit rapporté dans la Bible, qu'Ehud ben Guéra soit gaucher ? Eh bien, si la Torah nous raconte quelque chose, cela prouve qu'il y a à cela une importance qu'on va peut-être découvrir par la suite.
Ce qui faisait partie de l'asservissement d'Israël au roi de Moab, Églone, c'est qu'il devait lui offrir chaque année une offrande, un cadeau de soumission. C'était l'habitude: quand on est soumis à un roi, chaque année une délégation doit se présenter chez le roi pour prouver sa soumission.
Alors les enfants d'Israël décident d'envoyer ce cadeau de soumission par l'intermédiaire d'Ehud ben Guéra. Ehud ben Guéra va donc trouver le roi de Moab. Va-yassem lo Ehud charev. Et là, quelque chose se prépare. Ehud décide de se préparer une épée, ve-hou chné-piyot, à deux tranchants. C'est la première particularité de cette épée. La deuxième, c'est qu'elle était très courte, alors que les épées sont d'habitude longues. Il s'est préparé, il a préparé quelque chose: une épée courte.
Et il mit cette épée sur sa cuisse droite. On se rappelle qu'il est gaucher. Vous comprenez comment ça marche ? Cuisse droite, main gauche.
Va-yaqrev et ha-minha le-Églone melekh Moav. Ehud présenta l'offrande à Églone, et Églone était un homme très gros. Va-yiqra, ke-chalot, ve-hou aqrivet ha-minha. Et quand Églone reçut l'offrande, et qu'Ehud eut fini de lui donner tout ce qu'il avait apporté, va-yechalah et ha-am nossé ha-minha. Ehud a demandé à toute la délégation qui l'accompagnait de le laisser seul.
C'est fini, on a fini, toute la cérémonie est repartie. Ehud est donc parti avec la délégation, dans un premier temps, comme s'il se préparait à quitter. La délégation repart.
Puis il les quitte et revient chez le roi de Moab, Églone, en disant: « Attends, j'ai oublié de te dire quelque chose, j'ai un secret à te dire. » Va-yomer davar sétoum li élékha, hamelekh. Il a demandé à tous ceux qui étaient présents, le roi a demandé à tous ceux qui étaient présents de le laisser seul, il y a un secret d'État qui va peut-être lui être dit. Va-yetsou kol omdav mé'alav. Va-yavo'u élav, ve-hou yoshev be-aliyat ha-mekera. Quand Ehud revient, il trouve le roi qui était sur sa terrasse. Ils avaient l'habitude, à cette époque, pour se rafraîchir, de faire une terrasse, avec une toiture, un treillis comme ça, pour l'abriter de l'ombre, et l'air qui passait le refroidissait. Il le trouve là.
Et il lui dit: « Écoute, j'ai quelque chose à te transmettre au nom de Dieu. » Regardez bien le cas de figure dans lequel on se trouve. Ehud, qui était venu prouver la soumission d'Israël au roi de Moab, revient en lui disant qu'il a un secret. Quand le roi attend de savoir de quel secret il s'agit, Ehud lui dit que c'est un message divin. Qu'auriez-vous fait à la place d'Églone ? Un peu suspect. C'est quoi cette histoire-là ? Toi, tu viens me raconter, tu viens me donner des messages, dis-moi.
Va-yaqom ha-melekh me-kissé. Quand le roi a entendu qu'Ehud ben Guéra venait lui donner un message au nom de Dieu, il s'est dressé de son trône en l'honneur de Dieu. De là, on apprend quelque chose d'important: contrairement à ce que l'on croit, quand on parle au nom de Dieu, cela a un effet, même chez les peuples les plus éloignés, et même chez un homme comme Églone, qui depuis dix-huit ans domine Israël. Il s'est levé en Son honneur. Regardez maintenant Rachi, et je vous lis Rachi.
Rachi nous amène à l'enseignement de nos Sages, qui nous dit qu'Églone a été récompensé pour cela: quand Ehud ben Guéra lui a dit qu'il avait quelque chose à lui transmettre au nom de Dieu, par respect pour HaKadoch Baroukh Hou, il s'est levé de son trône, et il a été récompensé.
Finalement, de lui va descendre Ruth, qui va revenir et dire: Amrah Ami, « ton peuple est mon peuple », Elohaïch Elohaï, « ton Dieu est mon Dieu ». Ce qu'Églone a traduit dans son acte va finalement se traduire par la capacité de Ruth à quitter les dieux étrangers et à rejoindre le Dieu d'Israël. Intéressant.
Et il enfonça toute l'épée dans le ventre d'Églone. C'est bien beau qu'il se lève, mais en entendant cela, c'est lui qui nous fait beaucoup de malheur. Ehud, dans un acte extraordinaire d'héroïsme, décide d'en finir avec ce tyran. Il …
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