La tour de Babel : une unité humaine menacée par l'orgueil
Le cours montre que la division des langues et des nations précède la tour de Babel, et que celle-ci vise à supprimer Dieu.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La tour de Babel et la révolte de Nimrod, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le verset et la langue
Shalom tout le monde. Nous passons au chapitre Yod Alef, verset Alef. Mais nous allons revenir un peu en arrière après; nous allons faire des sauts en arrière. Donc, chapitre Yod Alef, verset Alef: Vayehi kol haaretz safa ahat oudevarim ahadim. Toute la terre était d'une seule lèvre et parlait les mêmes choses. N'est-ce pas ? Ça veut dire quoi ? Quelle langue parlait-on, au fait ? Plusieurs langues, soixante-dix.
Le Midrash nous dit: Safa ahat, c'est la langue de la sainteté, lashon hakodesh. Oudevarim ahadim, cela veut dire: il parlait soixante-dix langues. Donc il y a, au début du récit de ce qu'on appelle par la suite la tour de Babel, l'humanité qui parle soixante-dix langues. Et soixante-dix langues, exactement. Ce qui veut dire qu'en fait, toute cette histoire, comme quoi la tour de Babel serait l'origine de la division des langues, du point de vue du Midrash, c'est faux.
D'ailleurs, si vous voulez la preuve, regardez deux versets plus haut, c'est-à-dire au chapitre Yod, verset Lamed Alef: Eleh bnei Shem, lmishpehotam, lélechonotam, be'artsotam, lgoyam... Voici les fils de Shem, selon leurs familles et leurs langues, dans leurs pays, selon leurs nations. Eleh mishpehot bnei Noa'h, letoldotam, bgoyeihem: ce sont les familles des fils de Noé, selon leurs engendrements, dans leurs nations. Mé'éleh nifredou hagoyim ba'aretz aha'mabou'l: de ceux-là se sont séparées les nations sur la terre, après le déluge.
Comme quoi, la division de l'humanité en nations, en langues et en territoires s'est produite juste après le déluge, et non après la tour de Babel. Ça ne fait que rendre un peu plus mystérieux l'événement de la tour de Babel qui s'est passé là-bas.
Je reprends donc le verset Alef: Vayehi kol haaretz safa ahat oudevarim ahadim. Vous avez vu que le mot safa n'est pas identique au mot lashon. Pour dire un langage, on dit lashon. Mais pour dire un langage, on ne dit pas safa. Bien qu'en français il n'y ait qu'un seul mot, « langage » ou « langue », ce soit pratiquement la même chose. En hébreu, vous avez deux mots, safa et lashon.
Safa vient de l'organe qu'on appelle la lèvre, sfataïm, les lèvres. C'est donc ce qui est extérieur. Lashon, la langue, est appelée ainsi parce qu'elle pétrit; comment dit-on « il pétrit » en hébreu ? Lash. D'accord ? Et il faut savoir retourner sa langue dans sa bouche avant de parler, n'est-ce pas ?
Donc lashon est le langage intérieur, tandis que safa est le langage extérieur. La différence est la suivante: lorsque je veux transmettre une information, j'emploie des mots, cela s'appelle safa. Comme on dit en hébreu: mina safa velahoutz, de la lèvre jusqu'à l'extérieur. Mais si je veux transmettre un contenu intérieur, alors j'emploie le terme lashon. En terme moderne, on pourrait traduire le mot lashon par « culture ». D'accord ? Il y a donc le langage, il y a la culture, et ce n'est pas la même chose. Des mots n'ont pas la même signification selon le contexte culturel dans lequel ils sont employés. N'est-ce pas ?
Et donc nous avons ici une humanité qui est unifiée. Maintenant, cette humanité se trouve juste après le déluge, n'est-ce pas ? Ahar hamabou'l, dit le texte. Le déluge, comme on l'a vu la dernière fois, c'est que le ciel leur était tombé sur la tête. La seule chose qui inquiétait la génération d'après le déluge, c'est d'avoir peur que le ciel leur retombe sur la tête.
Quoi, c'est quoi Assyrix Ovilix ? C'est quoi ? Vous connaissez ? J'ai lu ça. Je ne sais pas de quoi il parle. Bon, nous sommes occupés à d'autres choses. Nous sommes tous très occupés, sauf un petit village. Et regardez ce que dit Rachi, dans le verset Alef, là où il est écrit ouvdevarim ahadim. Rachi donne trois interprétations; vous allez voir la troisième.
Nous avons vu déjà la dernière fois: davar aher, dit Rachi. Ouvdevarim ahadim: ils se sont dit: ahat, le Elef, et tarnouhanim, une fois tous les 1656 ans. Harakia yitmot, le ciel s'effondre, kemo she'assa bimei hamabou'l, comme il l'a fait au temps du déluge. Ouvena lo a'amoudim, et ils lui ont construit des soutiens.
Le Midrash donne plus de détails: ils ont voulu faire quatre piliers pour soutenir le ciel. L'un des quatre, c'était la tour de Babel. D'accord ? Ils ont donc voulu que le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Non, ils n'ont pas eu le temps de les faire. Il devait y en avoir un au nord, un au sud, un à l'est, un à l'ouest. La tour de Babel, c'est celui de l'est. Oui. Mais ils étaient tournés, en fait; ils étaient orientés vers l'ouest, un peu plus à l'ouest. C'est comme ça qu'ils auraient pu arriver, un peu plus à l'ouest, à soutenir le ciel de l'autre côté. D'accord ? Enfin, à la manière d'un tournesol.
— Par rapport à ça, j'ai compris ce que vous avez dit: que c'était simplement des mots, c'était un contenu extérieur. Mais par rapport à… qu'est-ce que vous avez apporté ? Vous avez renversé… Qu'est-ce que… ?
Je n'en sais rien. Je ne sais pas encore. Pour l'instant, je suis arrêté. On montre juste que ce n'est pas la chaleur. Non, pas pour l'instant. Il s'agit de la même chose: ils s'occupaient de la même chose. Ils avaient tous les mêmes programmes de télé, les mêmes projets; ils s'étaient unifiés.
— Non, il y a le Midrash qui nous dit que devarim ahadim, ce sont les soixante-dix langues.
— Oui, dans le Yerouchalmi. Oui, ce n'est pas la même chose. C'est le terme biblique, qui supporte les deux interprétations.
D'accord. Essayons maintenant de comprendre un peu mieux. Ils veulent construire une tour; on va voir cela par la suite, parce qu'ils veulent empêcher que le ciel leur tombe sur la tête.
— La logique ? Le déluge a eu lieu en l'an… Ils ne sont pas au courant de la promesse, non ?
— Pourquoi seraient-ils au courant ? C'est donc un phénomène cyclique: tous les 1656 ans, il y a un déluge. Oui, mais ils se disent: bon, ça va, mais le ciel est haut. Il faut du temps. 1656 ans, ce n'est pas de trop pour construire.
Alors commençons maintenant. Oui, bien sûr. Non, c'est ça qu'il faut comprendre: ce que c'est que le ciel et pourquoi il tombe. C'est au premier degré, mais ce n'est pas matériel. Il faut comprendre ce qu'est le ciel. Tant que je n'ai pas étudié le texte, je ne peux pas le savoir. Je peux seulement prendre les premières données. Moi, je ne suis pas pressé. Donc…
Alors, qu'est-ce que le ciel ? Le ciel, c'est le lieu des valeurs. Quand on a ce qu'on appelle la yirat chamaïm, la crainte du ciel, cela veut dire qu'on se comporte en fonction de valeurs que l'on considère comme célestes. D'ailleurs, on dit que ce sont les valeurs voulues par Dieu. C'est pour cela qu'on …
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