Parachat Ki-Tavo (31/08/15)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Ki-Tetse (02/09/14), 58 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Baroukh Hou, parachat Kitavo. Cette paracha est connue aussi pour les malédictions qu'elle contient. Nous allons étudier pourquoi on a besoin de malédictions, et pourquoi Hakadosh Baroukh Hou a besoin d'écrire des malédictions dans la Torah. Parmi les thèmes de la paracha, le plus difficile de toute la Torah à expliquer à des gens qui ne sont pas religieux, vous verrez, c'est la question de pourquoi on a besoin d'un peuple élu, qui apparaît dans cette paracha.
Quand vous parlez avec des gens qui ne sont pas religieux, vous pourrez leur expliquer le Chabbat, ils comprendront que c'est très beau. Le Kashrout, ils comprendront qu'il y a un intérêt. La pureté familiale, ils comprendront qu'il y a un intérêt. Mais la chose la plus difficile à expliquer dans la société occidentale dans laquelle nous vivons, c'est la notion de peuple élu, de Hezkoula Israël, qu'on trouve dans la paracha. Oui, c'est la traduction française. Le mot Hezkoula, c'est difficile à traduire.
Ce goût-là, difficile à traduire. On pourrait le traduire par « particularisme intrinsèque », quelque chose comme ça. Mais en hébreu, c'est-à-dire « joyeux de Dieu ». Quelque chose qui appartient à Hachem, qui est précis. Ce sera donc un des thèmes difficiles qu'on va aborder dans la paracha, pour que vous ayez aussi des outils pour répondre à cette nécessité d'avoir une âme segoula.
Autre chose: nous allons voir, à travers les bikourim, la nécessité de construire tout un système de morale fondé sur la reconnaissance. Comment on enseigne la reconnaissance à un enfant, comment on l'enseigne à soi-même, et comment on peut devenir quelqu'un de moral grâce à cela.
Après cela, nous verrons Sovaltan, Argerizi, Maréval, les deux montagnes qui entourent Shrem. Commençons donc par les Bikourim. Les prémices de la récolte, c'est quoi ? Je vais l'expliquer. Un homme se promène dans son champ, disons que cela peut aussi être un jardin. Il se promène, l'arbre est encore en hiver, disons, et il voit sur un arbre la première fleur qui sort, le premier bourgeon. Il l'entoure alors d'un ruban, parce que dans une semaine il y en aura plein d'autres et il ne pourra plus savoir lequel c'est.
Le fruit qui sortira de cette fleur, puisque de chaque fleur sort un fruit, est un fruit qu'il doit amener au Beit Hamikdash. Ce sont les Bikourim, les prémices de la récolte. Nous avons expliqué que tout ce qui est premier appartient au Temple, appartient au Kodesh. Quand on se promène dans le champ et qu'on voit arriver quelque chose qui commence à sortir, c'est le premier, donc on l'entoure tout de suite, parce que ça va vite. Dès qu'il y a le premier, en général, de chaque arbre, oui. Quelqu'un a une question ? Non ? Bien.
Donc, les Bikourim, Hakadosh Baroukh Hou, Beit Hamikdash. Et là, contrairement à toutes les mitsvot que vous connaissez, il y a beaucoup de mitsvot liées à la terre qui sont énoncées de manière très courte. Par exemple, pour la mitsva de Khala, que toutes les femmes accomplissent encore aujourd'hui quand elles font du pain, il y a une seule ligne dans la Torah. Une mitsva, une ligne. Et là, on a toute la première montée de la paracha de Kitavo, très très longue, avec tout un cérémonial. Je vais vous expliquer pourquoi la Torah s'arrête sur cette mitsva des Bikourim alors qu'elle ne s'arrête pas sur les autres.
Vous avez dit que vous aviez fait la première lecture, donc vous savez de quoi elle parle ensuite. Qu'est-ce qu'on fait quand on arrive au Beit Hamikdash avec les fruits qu'on a récoltés de chaque arbre ? Avant de les distribuer, il y a encore beaucoup de choses à faire. Qu'est-ce qu'on fait ?
On met les fruits dans un panier, et on doit lire toutes ces phrases, on doit lire la paracha des Bikourim. On doit la lire en hébreu. C'est parmi les choses qu'on doit dire tout le temps en hébreu. Et on dit ceci: « Je suis venu sur cette terre qu'Hachem m'a donnée… » Et on lui dira: « Mon père était un Arami errant, il est descendu en Égypte, et nous étions peu nombreux… » Vous imaginez, on est quand même loin, on est en train de s'arranger dans les Bikourim. Vous imaginez tout ce qu'on dit quand on amène les Bikourim. On n'y est pas habitué, en général.
Alors, quel est le point commun entre tout ce qu'on raconte dans la paracha des Bikourim ? — Pardon ? Non, d'accord. Tout ce que nous avons résumé là, il y a un rapport: la reconnaissance. C'est ce qu'on vient enseigner aux Juifs quand ils apportent les Bikourim: la reconnaissance. Quand on travaille quelque chose de très dur, comme la terre, la terre est quelque chose de dur, et en plus il y a des aléas dans la terre.
Un agriculteur, est-ce qu'il a beaucoup travaillé avec l'émouna ? Oui, il y a ça, mais en plus, on peut avoir une super année, et on peut avoir une année catastrophique alors qu'on a travaillé de la même façon. Il suffit que la grêle soit tombée. Il y a eu des années comme ça. Cette année, nous avons eu deux vagues de chaleur, et les agriculteurs ont perdu des dizaines de millions de shekels. Il suffit que… Très facilement, les agriculteurs peuvent vraiment perdre beaucoup d'argent. Donc vraiment, c'est l'émouna.
— Oui ? Oui, tout à fait. Non, ce n'est pas comme ça. D'abord, ce n'est pas la même chose pour tout le monde, parce qu'il suffit que tu aies sorti ta récolte une semaine plus tôt ou plus tard, ou que tu l'aies amenée dans ton entrepôt avant ou après, et tu peux avoir la bracha ou ne pas l'avoir. Deuxièmement, non. Oui, mais une grosse chaleur touche tous ceux qui ont leurs productions dehors, et il y a quelqu'un qui a déjà pris des dispositions, par exemple.
J'avais avec moi, à Milouïm, quelqu'un qui était agriculteur. Il avait quelques dizaines ou centaines de tonnes de pêches dans ses champs. Avant de venir à Milouïm, il a fait sa récolte. Et il a vu qu'on annonçait qu'il allait faire chaud. Il s'est dit: j'attends la semaine prochaine, je mets tout au frigo. Il a tout congelé pendant une semaine, et après il a vendu. Il s'est dit: quand il fait chaud, les gens achètent plus de pêches, parce que ça rafraîchit. Il a donc attendu qu'il fasse chaud pour vendre davantage. Si ça se trouve, il aurait laissé ça dehors, tu comprends ? Il y a toutes sortes de manières de jouer. Ce n'est donc pas aussi indépendant de toi. D'accord.
Je voudrais continuer sur la reconnaissance. Pourquoi est-elle importante ? Quand vous aurez des enfants, il sera très important de les éduquer à la reconnaissance. Dis merci, dis merci à ton professeur, dis merci à celui qui t'a fait ceci.
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