Parachat Ki-Tisa (12/02/14)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Ki-Tisa (22/02/16), 58 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, paracha de Ki Tissa. C'est une paracha que vous connaissez pour le Het HaEguel, la faute du Veau d'or, mais vous verrez qu'il y a beaucoup d'autres sujets dedans. On a dit qu'il y a cinq parachiot, en fait quatre et demi, qui parlent du Mishkan. On avait dit Térouma et Tetsavé, on avait expliqué ce qu'est la référence entre Térouma et Tetsavé, on va revenir dessus rapidement. Et Ki Tissa, où il y a la première moitié qui parle encore du Mishkan, jusqu'à la faute du Veau d'or. Et après il y a Vayakhel-Pekoudé qui fait la récapitulation de ce qui s'est passé et de ce qui ne s'est pas passé dans la construction du Mishkan. Ok.
Alors, on est encore dans le préparatif du Mishkan. Donc on est en train de parler, dans la première partie de la paracha, du Machatsit HaChekel. Il y a une mitsva, dans la Torah, qui interdit de compter les Bné Israël. Ok ? C'est-à-dire que les Juifs, on n'a pas le droit de les compter. Tout ce qui est recensement, tout ça, ou recensement des Juifs, c'est un peu problématique au niveau de la halakha, c'est-à-dire que ça peut être même interdit.
Donc, c'est pour dire que la Torah propose une solution, qui consiste à donner la tsedaka: que chacun donne la tsedaka, et on compte la tsedaka. Vous savez, quand on veut savoir si on est assez nombreux, on n'a pas le droit de compter et de dire: voilà, 1, 2, 3, 4, 5. Ok ? Il faut compter avec un pasouk, par exemple. Baroukh Hatta Hachem, Mechol HaMoshia HaKhamil HaRest: il y a dix mots dedans. Ok ? Donc tout ça, c'est dû au fait qu'on ne doit pas compter
les Bné Israël, et ça, il y a plusieurs raisons à ça. L'une des raisons qui est amenée par Chazal, c'est que, dans la techouva, quand tu laisses un degré de liberté à une chose, alors tu laisses la bra'ha, ou le miracle, rentrer dedans. Quand tu enlèves ce degré de liberté parce que tu as compté d'une manière trop précise, alors ce qui est fait est fait. Mais les Bné Israël, c'est une entité qui dépend beaucoup de la bra'ha, et c'est une entité qu'on voudrait qu'elle garde cette
indépendance. Donc on ne va pas les compter, de manière générale. Si on va les compter, ça va être d'une manière indirecte. Ok ?
De manière générale, ne pas compter les Israélites, c'est dire qu'on ne peut pas les résumer à des nombres. Si vous voulez comprendre, au niveau du pchat: quand on vous dit, voilà, il y a mille personnes, c'est comme si on avait dit il y a mille allumettes ou mille pages. En fait, on ne peut pas casser l'individualité. Venir dire qu'il y a mille personnes, c'est avoir réduit tout le monde à un nombre. Et donc la Torah ne va pas nous laisser faire ça. Et quand on va le faire, on va le faire d'une manière indirecte. Ok ? Maintenant, je vous pose une question qui est générale.
Il y a beaucoup de mitsvot qu'on ne fait pas comme ça, mais si tu le fais, fais-le, dis-le différemment. Vous savez, des choses pour Chabbat, par exemple, où on fait d'une manière différente, tout ça. Pourquoi on fait ça ? On est des magouilleurs, hein, toi ? Vous comprenez la question ? C'est une question d'épicurien, comme je le disais. Non… parce que moi, c'est à vous de les poser, mais comme vous êtes un peu trop religieux pour moi, alors vous ne les posez pas. Ouais. Des failles. Ouais.
Ok, il y a une explication comme ça, qui existe dans les Chanim, que les mitsvot de Rabanan, et les ouvertures sur les mitsvot de Rabanan, celles-ci sont minatoras. Dans le sens: le Collège, quand il a proposé la loi, il savait déjà qu'il allait proposer ces failles-là, dans ce cas-là. Mais c'est là. Je vous donne une autre explication, et on va la donner sur la paracha de Shekalim. Ici, moi, j'ai une interdiction, par exemple, de compter les Bné Israël. Ok ? Pourquoi j'ai cette interdiction ? Comme toutes les mitsvot, il y a quelque chose qui est exprimé derrière ça.
Par exemple, les deux arguments qu'on a donnés: le concept de bra'ha et le concept d'individualité qui ne peut pas être réduit à un nombre. Ok ? Donc ces choses-là, je dois les comprendre, je dois les intérioriser, je dois les assimiler. Et la mitsva est là pour nous aider à être avec cette situation, avec cette réalité des Bné Israël, qui n'est pas quelque chose de dénombrable. Alors, si moi je vais compter les Bné Israël, mais d'une manière indirecte, avec un pasouk, avec le Machatsit HaChekel, le fait même que j'ai fait tout un détour, et cet effort, avec quelque chose qui est complètement pas…
J'ai gardé ce souvenir qu'on n'a pas le droit de les compter. C'est-à-dire que j'ai gardé la volonté primaire, primordiale de la halakha, qui veut que je ne compte pas les Bné Israël, qu'il y a quelque chose de pas bien dans le comptage, qu'on ne peut pas les réduire à des nombres. Le fait que moi j'ai contourné, que j'ai fait tout ça, alors j'ai gardé en moi l'impression que ça devait être…
L'impression que la mitsva voulait me donner: que le Israélite n'est pas quelque chose de dénombrable, que je ne peux pas me réduire à des nombres. Vous comprenez ? Et ça se fait aussi pour les mitsvot des Rabanan: des fois on trouve des failles, la Torah nous dit: voilà, tu peux faire ça, et les Rabanan disent: alors tu peux faire comme ça et pas comme ça. Ok ? C'est la même idée qui passe à travers tout ça. Si tu dois te rappeler, je vais te donner un exemple, une des halakhot les plus difficiles, qui n'est pas très connue.
Moi je vous dis, c'est une des halakhot les plus difficiles, parce que moi-même, pour qui ce type de halakhot est très fort, j'ai du mal à ne pas, à tout le temps m'en rappeler. Il y a une halakha dans la Torah qui dit lo tehonem: qu'en Israël nous n'avons pas le droit de vendre des champs, de louer des champs à des non-juifs, ou de vendre des champs pour qu'ils ne prennent pas le pays en main comme ils le font en ce moment.
Il y a des riches Arabes qui viennent acheter des milliers de maisons, et le Vatican, enfin, tout le monde s'en mêle, pour acheter la Terre d'Israël. Et donc la Torah, pour nous protéger de ça, dit qu'on ne doit pas le faire. Là, c'est une halakha qu'on peut encore tenir, parce que combien de fois dans ta vie tu vas vendre une maison ? Pas tous les jours, n'est-ce pas ? Maintenant, une halakha qui est beaucoup plus difficile, c'est: assour lessaper aleihem, vala'assot hem…
Cours de Machon Meir
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