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Vayehi : Jacob bénit Ephraïm et Ménaché, les bras croisés

Pourquoi Jacob place sa main droite sur Ephraïm, et ce que Rachi en dit : Gidéon, Josué et la génération qui entre en Erets Israël.

26 min

Rav Dov Bigon

Ensuite : Abraham en nous : la bonté qui se donne, 18 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes à la fin du Rambam, Baroukh Hou, et on peut dire qu'à la fin du Rambam, il y a ce qu'on appelle les bénédictions de Yaakov Avinu, qui est béni. Il y a une grande chose dans la Torah qui dit qu'on doit toujours terminer tout en bénédictions. Nous l'apprenons de: Yaakov Avinu, avant de mourir, bénit ses enfants.

Mais ce n'est pas seulement Yaakov qui l'a fait. Moshé Rabbeinu aussi. Même à la fin des choses, Moshé Rabbeinu bénit ses enfants. Comme Moshé, si ce n'est pas maintenant et dans les années à venir, peut-être qu'il bénira les enfants là-bas.

Le Rav nous dit: nous sommes à la fin du premier livre de la Torah, le livre de Béréchit, le livre de la Genèse, et cela finit par la paracha de Vayehi, où l'on parle des bénédictions que Yaakov a données à ses enfants. Et le Rav nous dit: si ce n'est pas maintenant qu'il va bénir ses enfants, c'est à quel moment de sa vie ? Il sent qu'il va quitter ce monde-ci, et il se prépare à le quitter en donnant une bénédiction à tous ses enfants, aux douze tribus. Et c'est exactement ce que va faire Moshé Rabbeinu. Lorsqu'on va finir la Torah, dans le livre de Devarim, il y aura la paracha qui sera la bénédiction de Moshé envers toutes les tribus d'Israël. Moshé a donc appris de ce que Yaakov fait dans notre paracha: en quittant ce monde, il va bénir le peuple d'Israël.

Yosef a deux enfants, Menashé est le plus âgé, Ephraïm est le plus jeune. Il les prend et les amène devant leur grand-père, Yaakov, qui était déjà âgé mais pas encore mourant. Et il dit à son père: donne des bénédictions à mes enfants, à Menashé et à Ephraïm. Et ici, il y a quelque chose qui peut peut-être expliquer toute la vie de Yaakov.

Vayikach Yosef et shenehem et Efraim biyminó mismol Yisraël ve et Menashé bismolo mimin Yisraël. Layinou im ata ba achal mol ha sheni, az ha yamin shelcha, az yasef ou adam rachinal. Shomer, ani rotsay shemenasheh ou abena bechor, shou yikabel et hayad yimin. Ad lef ou tsak vasim et menasheh ? B'yad smol. Atzad smol, b'yad menasheh b'yad smol.

Et Ephraïm, où doit-il être placé ? À droite. Alors il prend les enfants et il fait comme s'il disait: d'accord, papa, bénis mes deux enfants. Et Yaakov fait un mouvement: il prend sa main droite, il bénit Ephraïm, le plus jeune. Et sa main gauche, il la met sur Menashé. Yosef dit à son père: papa, tu te trompes. C'est le premier-né, c'est Menashé, et c'est…

Le Rav nous dit: Yosef, l'un des enfants de Yaakov, a eu des enfants en Égypte.

Les deux enfants qu'il a eus, ce sont Menashé et Ephraïm. Pourquoi commencer par Menashé ? Parce que Menashé est le bekhor, le premier-né. Et Yosef veut que Yaakov, son père, bénisse ces deux enfants, Menashé et Ephraïm. Il se présente donc devant son père, Yaakov. Il amène ses deux fils. On sait que la droite est la main la plus importante; il veut donc que son père bénisse Menashé de sa main droite. Il place donc Menashé à sa gauche, c'est-à-dire à la droite de Yaakov, qui lui fait face, pour que Menashé reçoive la main droite de son père, parce que c'est le bekhor, l'aîné. Et Ephraïm, il le met à sa droite, pour qu'il se trouve à la gauche de Yaakov et reçoive la bénédiction de la main gauche, parce que c'est le cadet. Ainsi, Menashé et Ephraïm se présentent devant Yaakov.

Et Yaakov Avinu, au lieu de mettre sa main droite sur Menashé et sa main gauche sur Ephraïm, qu'est-ce qu'il fait ? Il inverse. Il met sa droite sur la tête d'Ephraïm, sa gauche sur la tête de Menashé. Et il croise les bras, sikel. Qu'est-ce que sikel ? Il a croisé ses bras comme ça. Et Yosef voit cela, et dit: Papa, Abba, il y a une erreur. C'est Menashé le bekhor, c'est Menashé le premier-né. La main droite, tu dois la mettre sur la tête de Menashé, pas l'inverse.

Pourquoi as-tu croisé les bras ? Et Yaakov Avinu lui répond: c'est vrai que Menashé aussi sera grand, mais son frère, le cadet, sera plus grand que lui. Et le Rav veut nous parler de cela. Comment se fait-il que la Torah nous parle de cette bénédiction où l'on voit le croisement des mains, et que c'est Yaakov qui inverse ?

Le Rav nous dit: il est écrit sikel, avec samekh, kaf, lamed. Quand on lit dans la Torah, on ne dit pas sikel, on dit sekhel. Qu'est-ce que sekhel ? C'est l'intellect. Il a fait cela avec l'intelligence. Ce n'est pas qu'il s'est trompé: il a réfléchi, et en réfléchissant, il a compris qu'il fallait croiser les bras.

Toute la vie de Yaakov Avinu n'est pas simple. Si l'on veut parler de quelque chose de non simple, on peut dire: « c'est comme ça ». Les choses ne sont pas simples. Si nous comparons Yaakov à Yitzhak Avinu: le signe du corps de Yitzhak, c'est la ligature, les mains liées. Chez Yaakov, c'est le contraire: ses mains sont croisées. Quelqu'un qui naît, jusqu'à sa mort, n'a pas un instant de confort.

Le Rav nous donne un enseignement très important et nous dit…

Pourquoi Yaakov arrive-t-il à une situation où il doit croiser les bras ? Cela s'appelle le langage du corps, safa agouf, le langage du corps. Le corps parle. Quand il met ses deux bras comme ça, il exprime en fait toute sa vie. Toute la vie de Yaakov est compliquée, pas simple. Quand tout est ainsi, la droite est la gauche, la gauche est la droite, tout est compliqué. Si l'on veut exprimer le langage du corps de Yitzhak, c'est la Akédat Yitzhak, la ligature. Les deux mains liées: il est attaché, les mains derrière le dos. Cela veut dire que, chez Yitzhak, il n'y a aucune volonté personnelle: il ne fait que la volonté de D.ieu. Les mains liées: tu ne peux rien faire de toi-même, tu fais seulement la volonté de Hachem. Chez Yaakov, ce sont les mains croisées: la droite à la place de la gauche, la gauche à la place de la droite, depuis sa naissance.

Il se bat avec Essav dans le ventre de leur mère, il veut sortir le premier, l'autre l'en empêche. Au moment de la naissance, c'est Essav qui sort le premier, et Yaakov le saisit par le talon. Ensuite, pour la bénédiction, c'est Essav qui devait être béni, mais Yaakov vole la bénédiction pour récupérer celle de son père, afin qu'elle ne revienne pas à Essav. Pour les femmes, il veut épouser Rachel, et c'est Léa qu'il épouse. Pour ses enfants, Yosef: on veut le faire partir, Yaakov l'aime, et c'est lui qu'on va jeter dans le puits.

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