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Pourquoi le monde est-il « lotov » ? Béréchit 2:18

Le verset où Dieu juge la solitude de l'homme « lotov » et ce que cela révèle sur le sens de la création.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Adam, Ben Adam et l'arbre de vie : lecture de Béréchit 2, 53 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, bonjour tout le monde. Donc on est au chapitre Beit, au verset Tsav: Vayetsav Hachem Elokim al Haadam lemor, « Et l'Éternel Dieu ordonna à l'homme en ces termes. » La première chose qu'on voit, c'est qu'une fois l'homme créé, la première chose que Dieu fait, il lui parle. N'est-ce pas ? Il lui parle. Comment est-ce qu'on appelle un homme à qui Dieu parle ?

Un prophète. C'est celui à qui Dieu donne son Navi, c'est pour ça qu'on l'appelle un Navi. Cela veut dire que la relation normale entre le Créateur et la créature, c'est la parole. La parole ! Or, ça fait déjà 2 400 ans qu'il n'y a plus de prophète parmi nous. Ce qui est très embêtant: cela veut dire que nous sommes en situation dégradée par rapport à l'homme idéal. Ça, c'est le premier point. Et après, qu'est-ce qu'il lui dit ? Il lui dit…

Mikol Etz haGan Achol Tokhel: de tous les arbres du jardin, tu mangeras. Cela veut dire que Dieu se comporte envers l'homme comme une bonne mère juive qui lui dit: mange, mon fils. Autrement dit, le but de la création de l'homme, c'est de manger. Autrement dit, il ne faut pas manger pour vivre, il faut vivre pour manger.

Le but, c'est donc de manger, et il faudrait comprendre pourquoi. D'abord, quand je dis une chose pareille, évidemment, ça fait sourire. On en rigole bien. Il faudrait savoir, dans ce cas-là, pourquoi est-ce que ça nous fait rigoler si c'est ça le but de la création. Pour une raison très simple: nous mangeons par nécessité. Nous mangeons parce que nous avons faim, et non pas par idéal. Mais c'est peut-être parce que l'idéal est tellement important que la Torah en a fait une nécessité. Enfin, pas la Torah: la

Providence a fait une nécessité de manger, parce que c'est très important de manger. Mais le but, effectivement, est un but idéal: manger par idéal. Vous avez par exemple un cas de ce genre quand on mange un sacrifice. Ça ne vous est jamais arrivé, je crois. Mais quand on mange un sacrifice, la halakha est qu'il ne faut pas le manger quand on a faim. Il faut être rassasié, et alors manger.

— Exactement. Si j'ai un sacrifice à manger, je vais d'abord prendre mon falafel et ma canette de Coca-Cola au kiosque. Une fois que ça va bien, je vais manger mon sacrifice. Pourquoi ? Parce que manger un sacrifice par nécessité serait profanatoire. Il faut que ce soit mangé par idéal. Donc il faut manger quand on n'a pas faim. Oui, mais ça risque de m'entraîner…

D'accord ? Si vous prenez par exemple une pomme. Une pomme est quelque chose de tout à fait respectable. D'ailleurs, c'est grâce aux pommes qu'on connaît les lois de la gravitation. Donc ce n'est pas n'importe quoi. Mais une pomme, avec tout le respect que j'ai pour les pommes, ce n'est qu'un végétal. J'espère qu'aucun végétal ne sera heurté de ce que je dis. Mais il est beaucoup plus supérieur d'être un être humain, un homme, que d'être un végétal. Donc quand je mange une pomme, je l'élève de l'état de végétal à l'état d'humain. Ce qui fait que la pomme a une élévation.

Surtout si, grâce à cette pomme, je peux dire des dix vraies Torot: c'est une pomme qui est devenue des dix vraies Torot. Vous vous rendez compte ? L'élévation gigantesque. Oui ? Non, non, pas du tout. Oui ? Ou peut-être. En tout cas, ce que je veux dire, c'est qu'il est important de manger, c'est-à-dire de transformer, d'élever la création. Ça n'a rien à voir avec la bracha, ce que j'ai dit. Ce que j'ai dit là est vrai, même s'il n'y a pas de bracha. D'accord ? Pourquoi est-ce qu'il y a la bracha ? C'est pour d'autres raisons. Ça peut être qu'un jour on étudiera pourquoi il y a la bracha. Mais il n'y a pas de sanctification de la nourriture: c'est la nourriture qui s'élève, qui se sanctifie en étant mangée par l'homme.

— Comment ?

Exactement. À moins que je sois un homme animal. C'est-à-dire que ça dépend de ce qui est mangé. C'est pour ça que quand on sort une carotte du sol, elle ne crie pas. Quand on égorge un poulet, le poulet crie. Pourquoi ? Parce que la carotte sait avec certitude qu'elle va au moins passer de l'état végétal à l'état animal. Tandis que le poulet ne sait pas qui va le manger. Est-ce que c'est quelqu'un qui vaut mieux qu'un poulet, ou pas ? D'accord ?

— Oui. Il faudrait manger des pierres.

Oui, bien sûr, on le fait quand on met du sel. Le sel est un minéral, et donc on mange également du sel. D'accord ?

— Comment ? Oui, alors en ce cas-là, il faudrait manger un homme.

Le problème, c'est que quand tu manges un homme, toi aussi tu es déjà un homme, donc tu n'as rien élevé. Mais ça veut dire qu'il faudrait traiter l'aliment comme d'un être supérieur. Si un jour il y a un être plus supérieur à l'homme, nous serons les aliments de cet être. Si je mange un prophète, c'est bien dommage. Mais il faudrait peut-être que le prophète me mange, moi. C'est-à-dire que la Torah dit qu'il y a cinq niveaux d'êtres dans la création: le minéral, le végétal, l'animal, l'homme. Au-dessus de ça, il y a le Klal Israël.

Et la Torah dit en toutes lettres: Vetoukhal mikol haggoyim, tu mangeras de toutes les nations. Il y a un temps où nous devons manger des hommes: cela veut dire s'imprégner de contenus de civilisation. Nous avons des étincelles de sainteté à élever dans l'ensemble des civilisations parmi lesquelles nous nous promenons. Donc nous mangeons effectivement des goyim, à la manière dont on mange des goyim: en élevant les civilisations parmi lesquelles nous nous promenons pendant l'histoire. D'accord ?

— Oui ? Dans ce cas-là, pourquoi ne pas manger des animaux non cachers ?

Dans ce cas-là, il faudrait donc manger de tout. N'est-ce pas ? Donc il y a un petit problème. Pourquoi est-ce que la Torah restreint la consommation des animaux ? C'est que nous n'avons pas la capacité de manger certains animaux sans être nous-mêmes entraînés vers la nature. Au lieu d'arriver à élever la nature, c'est la nature qui nous happe. Mais ça veut dire que pour élever la nature animale, nous nous servons des animaux cachers qui, eux, se servent des animaux non cachers. D'accord ?

— Oui ? Oui ? Oui ?

Je ne sais pas pour l'instant. Pour l'instant, j'en suis au verset Tsav, qui dit qu'il faut manger de tout. De tout, c'est vraiment de tout. De tous les arbres du jardin: ce qui implique les trois sortes d'arbres que nous avons vues dans le verset précédent, à savoir: tous les arbres agréables à voir, l'arbre de la vie, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Donc il y a une mitsva, expresse, de manger de l'arbre de la connaissance …

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