Le septième jour de la création, un jour inachevé
Pourquoi la Torah ne conclut pas le septième jour par « il fut soir, il fut matin », et ce que cela signifie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Béréchit 2:3 : la sainteté et l'achèvement de l'homme, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le verset manquant
Shalom tout le monde. Nous continuons notre étude du livre de Béréchit. Il me semble que nous en sommes au chapitre bêt, au verset Aleph. Cette édition est compliquée. Et ça se passe quand ?
Au septième jour, n'est-ce pas ? Maintenant, avez-vous remarqué comment se finissent les jours ? À chaque fois, la Torah dit Vayehi erev, vayehi boker, il fut soir, il fut matin, yom un tel, jour un tel. Par exemple, à la fin du premier jour, on a Vayehi erev, vayehi boker, yom Echad, il fut soir, il fut matin, jour unique.
Je reprends ici, regardez. Au chapitre Aleph, au verset Hé, cela finit par Vayehi erev, vayehi boker, yom Echad, il fut soir, il fut matin, jour unique. Ensuite, au verset Khet: Vayikra Elohim larakia hachamayim, Elohim appela le firmament Chamayim. Puis Vayehi erev, vayehi boker, il fut soir, il fut matin, yom chéni, jour deuxième. Et regardez au verset Yod Guimel:
Il fut soir, il fut matin, troisième jour. Devinez ce qu'il y a écrit au verset Yod de tête. Comme par hasard, quatrième jour. Et si on passe au verset Kaf Guimel: il fut soir, il fut matin, jour cinquième. Passez au verset Lamed Aleph: Elohim vit tout ce qu'il avait fait.
C'était très bien. Passons maintenant au verset Aleph du deuxième chapitre: Vayekhoulou hachamayim vehaarets vekhol tsevaam. Elohim acheva le septième jour l'œuvre qu'il avait faite. Il cessa le septième jour de toute l'œuvre qu'il avait faite.
Il n'y a pas écrit « Il fut soir, il fut matin, septième jour ». Mais les autres, ils ont tous fait comme si c'était écrit. Or ce verset n'existe pas. J'invente des versets ? Je falsifie le texte, et pourtant vous faites « ah, ah, incroyable ». Oui, oui.
Le problème, c'est que j'ai inventé un verset qui n'existe pas. À la place, il devrait y avoir Vayehi erev, vayehi boker, yom hachevi. Or ce n'est pas écrit. C'est un problème. Pourquoi ?
Parce que si un verset qui devrait être écrit ne l'est pas, c'est un problème. Pourquoi n'est-il pas écrit ? Je me serais attendu à ce qu'il le soit. Si à la fin de chaque jour on me dit « il fut soir, il fut matin, jour untel », alors à la fin du septième jour, il doit aussi être écrit « il fut soir, il fut matin, jour untel ». Or c'est écrit nulle part. Nulle part il n'est écrit « il fut soir, il fut matin, septième jour ». Cela veut-il dire qu'il n'y a pas de septième jour ? J'ai essayé de donner une réponse.
En fait, tu essaies de donner une réponse. Mais si tu veux donner une réponse, cela prouve que la question est légitime. N'importe qui l'aurait posée, même si moi je ne la pose pas. Quand je vois qu'à la fin de chaque jour il est écrit « jour untel », et qu'à la fin du sixième jour il ne l'est pas, la question se pose, même si je ne suis pas là pour la poser. D'accord ? La question est donc légitime, et une des preuves, c'est que tu essaies d'y répondre.
## Un jour qui ne s'achève pas
Maintenant, essayons de comprendre un peu plus. Vous vous rappelez comment est construit le premier jour ? Yehi or, on avait dit, c'est un projet, n'est-ce pas ? Vayehi or, c'est une réalisation. Vayar Elohim et haor ki tov, vayavdel, oumenat... hotchekh, c'est un jugement. Et Vayehi erev vayehi boker yom Echad*, un jour unique, c'est une récapitulation. Or on voit qu'il n'y a pas de récapitulation pour le septième jour.
Tu veux donner une réponse ? Le problème, c'est que les gens paient les frais d'inscription au Mahradmiyyah, et donc ils sont intéressés à entendre ma réponse. Si c'est toi qui réponds à ma place, ils vont dire: « Remboursez-nous. » Même si ta réponse est bonne, même si elle est meilleure que la mienne, ils vont dire: « On n'est pas venus pour ça. » Vous comprenez ? Il y a là un problème de gazelle.
Bon, si quelqu'un vous répond, cela veut dire qu'au *Mahradmiyyah, il a appris comme vous. C'est bien vrai. Dans ce cas, il peut prendre ma place, comme ça j'aurais d'autres choses à faire.
Essayons de voir de quoi il s'agit. À quel moment de la journée y a-t-il la récapitulation ? À la fin. D'accord ? Quand le jour est achevé, on nous donne Vayehi erev, vayehi boker, yom untel. S'il n'est pas écrit que le jour est achevé, cela veut dire qu'il n'est pas achevé. Cela veut dire que nous sommes encore en plein dans le septième jour.
Le septième jour n'est donc pas encore fini. Cela fait déjà plusieurs milliers d'années que le septième jour n'est pas fini. Quel jour sommes-nous aujourd'hui dans la création du monde ? Le septième jour, n'est-ce pas ? Nous sommes en plein septième jour. Ce septième jour dure des milliers, peut-être des milliards d'années, en tout cas c'est long. Et cela semble expliquer quelque chose. Qu'est-ce que Dieu crée pendant le septième jour ?
Il ne crée rien. S'il crée le repos, le repos, c'est justement le rien. Imaginez quelqu'un qui se repose: le repos, c'est ne rien faire. C'est ça que veut dire le mot repos, n'est-ce pas ? La cessation. Une cessation est négative. Ce n'est pas quelque chose de positif, ce n'est pas quelque chose d'actif. Cela veut dire que quand on entre dans le septième jour, le monde reste figé dans sa forme antérieure, tel qu'il était en y entrant.
Quand on contemple quelqu'un qui entre dans le septième jour, il a donc le sentiment d'un monde immuable. C'est ce qu'on appelle en français la nature. Il y a tout un temps de l'histoire, le temps de l'histoire, pendant lequel le Créateur n'intervient pas. Il ne transforme pas son monde. Ce qui fait que, quand je regarde le monde, je n'ai rien qui m'indique qu'il y a un créateur.
C'est très important. Si la Torah nous dit que, lorsqu'on ne voit rien se passer, c'est parce que HaKadosh Baroukh Hou fait son Chabbat, c'est qu'il est en plein Chabbat. Et pendant le Chabbat, il est dispensé d'activité. C'est une pause. Exactement. Jusqu'à quand ? On verra bien. Mais pour l'instant, on sait que Dieu fait la pause.
Alors, qui travaille à la place ? Les anges ?
— Ça peut être nous.
Nous, les hommes, nous travaillons. Nous sommes en quelque sorte les goyim du Chabbat de Dieu, n'est-ce pas ? Il fait son Chabbat comme un bon juif religieux, et nous sommes en plein travail, c'est nous qui faisons le travail pour lui. Il y a également une minuterie. La minuterie s'appelle la nature, et elle fonctionne de manière, disons, préétablie, comme dirait l'autre, Leibniz.
— Oui.
Oui, exactement. C'est ce qui est écrit, en tout cas.
## Dieu cesse, l'homme travaille
Il dit qu'il a cessé. Il faut prendre cela au sérieux. Moi, j'ai l'idée que lorsque la Torah dit quelque chose, elle veut dire ce qu'elle …
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