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Maimonide, la techouva et la halakha de Kippour

Pourquoi le Rambam dit que tout fait techouva à Kippour, et ce que dit la halakha sur le vidouï.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Maïmonide, Hilchot Techouva : la mitsva unique et le retour, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il me semble que nous en sommes arrivés au chapitre Zayn, à la halakha Zayn. Me trompais-je point ? Bon. Kippour. Zman techouva lakol: c'est le temps de la techouva pour tout. Que veut dire « tout » ? Après, il y a une suite: layachid velaarabim.

Pour l'individu et pour les nombreux. C'est l'achèvement du pardon pour Israël. Je n'ai pas très bien compris. Quand on dit lakol, et qu'ensuite le Rambam ajoute layachid velaarabim, cela veut dire quoi, « tout » ? Est-ce que cela signifierait qu'après il y a une suite, deux points, layachid velaarabim ? Il y aurait alors ici un titre, et après un détail. Vous avez compris ma question ? Ou bien cela voudrait dire qu'il y a trois choses: lakol, pour tout; layachid, pour l'individu; velaarabim, pour les nombreux. Ce feraient donc trois éléments différents dans la phrase.

On pourrait dire qu'en fait, l'intention du Rambam est de dire que le jour de Kippour, c'est le jour où tout fait techouva. Ce serait une allusion à une idée courante chez le Rav Kook, qui parle d'une techouva cosmique: tout fait techouva à Kippour, y compris l'individu et la collectivité. Maintenant, est-ce que cette idée ressemble au Rambam ? J'en sais rien. Mais en tout cas, en filigrane, on trouve cette idée-là, qu'il y a une sorte de techouva de tout. Tout fait techouva à Kippour. Et donc il y a là une conclusion: c'est la fin du pardon d'Israël.

Certains ont voulu se baser sur cet enseignement du Rambam pour remettre en question un enseignement des kabbalistes. Vous savez que les kabbalistes disent que la fin de la techouva, c'est Hoshana Rabba, lors du septième jour de Souccot. Alors, comment comprendre les paroles du Rambam qui dit que tout s'achève à Kippour ?

À ce propos, il y a un livre écrit par le rabbin de Livourne, Rabbi Eliyahou Ben Hamoseg, intitulé Taam LeShad, dans lequel il consacre un chapitre entier à réfuter cette objection. Bon. Continuons. Le Rambam écrit: hayavim kol lehitvadot beyom Kippour. Tous doivent faire techouva et faire le vidouï le jour de Kippour.

Alors qu'en fait, la techouva est une mitsva de tous les jours. Par exemple, si je commets une transgression, et que ce n'est pas Kippour, est-ce que je dois faire techouva immédiatement ? Oui, bien sûr. Mais indépendamment de cela, je dois faire techouva également à Kippour, si je n'ai pas eu le temps, par exemple, de faire techouva jusqu'à présent. À Kippour, il faut en profiter pour faire techouva pour tout ce qui est resté en suspens. Donc il y a le vidouï, qui est une mitsva particulière du jour de Kippour: mitsvat vidouï yom Kippourim, le commandement de faire le vidouï à Kippour.

Cela se fait la veille du jour, c'est-à-dire l'après-midi, kodem shéokhal, avant de manger. Il y a un repas qu'on prend à l'entrée de Kippour, avant le début du jeûne. Avant de faire ce repas, il faut faire le vidouï. On le fait pendant la prière de Mincha. À Mincha, on fait le vidouï. D'accord ?

Pourquoi faut-il faire le vidouï si tôt ? Pourquoi ne pas attendre Kippour ? Parce que la mitsva est à Kippour, shemma yihanek basseouda kodem shéyitvadé: de peur qu'il ne soit étouffé pendant le repas avant d'avoir pu faire le vidouï. S'il meurt étouffé, c'est dommage, et on lui dit donc de faire le vidouï auparavant. Cela vous fait sourire, effectivement: combien de gens meurent déjà étouffés par un repas de veille de Kippour ? La réponse, c'est que d'abord il y a ce qu'on appelle l'émotion. L'émotion fait que

l'on peut effectivement arriver à en être étouffé. Deuxièmement, il suffit que cela arrive dans un cas sur un million pour que cette halakha se justifie. Même si c'est un sur un million: vous avez actuellement quelque chose comme treize ou quatorze millions de juifs, donc cela fait quelque chose comme quatorze cas par an. En cent ans, cela fait mille quatre cents cas d'étouffement la veille de Kippour. C'est quand même beaucoup. C'est ce qu'il dit.

Quoi, le Rambam serait-il un menteur ? C'est ce qui est écrit, non ? Est-ce que tu as le texte devant les yeux ? Cela explique ta question. — Comment ? D'accord, je n'accuse personne. Je dis simplement que tu n'aurais pas posé la question si tu avais eu le texte devant les yeux. Donc les Hakhamim ont pensé, effectivement, à ceux qui peuvent s'étouffer. Combien peut-il y en avoir ? Pas énormément. Mais l'essentiel ici, ce n'est pas la crainte du cas pratique. C'est une idée qui est portée.

On dit, c'est-à-dire, manger la veille de Kippour devrait entraîner un risque d'étouffement, étant donné l'émotion qui est digne de ce moment-là. C'est ça que cela veut dire ? — Oui ? Oui, mais ce n'est pas le même vidouï. Le vidouï qu'on fait la veille de Kippour est un vidouï d'abord énorme, et ensuite beaucoup plus sérieux. Et à part ça, tous ne font pas le vidouï à Mincha. Bon. Vafal pi shehitvada kodem shéokhal, et bien qu'il ait fait le vidouï avant de manger,

hozer oumitvadé belélé yom Kippourim Arvit: il refait le vidouï le soir de Kippour pendant la prière de Arvit. Pourquoi ? Parce que l'on n'est pas le même l'après-midi et le soir. Je suis une autre personne. Ce que je suis le matin, je ne le suis pas l'après-midi. Et donc ma manière de faire techouva le matin est différente de ma manière de faire techouva l'après-midi.

Non, non, pas seulement: c'est toute l'année. On refait le vidouï sur les mêmes fautes. Les kabbalistes disent qu'il ne faut pas faire plus d'une fois le vidouï dans chaque prière. — Dans chaque prière. — On peut, oui. À chaque prière, il faut le faire. Il faut le faire. Et à la Hazara aussi. Ce qui fait qu'on fait dix fois le vidouï à Kippour: à Arvit, à Chacharit, à Moussaf, à Mincha...

Où fait-on le vidouï ? L'individu le fait à la fin de la Amida, à la fin de la prière, avant de se déplacer. Mais le ministre officiant le fait au milieu de la prière, au milieu de la quatrième bénédiction. Ce qui fait qu'en tout, il y a donc dix fois le vidouï à Kippour, si l'on compte également Mincha. — Oui ? — Oui, je suis dans un autre état d'esprit le matin que l'après-midi. Donc je ne suis plus la même personne. En tant que pécheur, un

pécheur du matin n'est pas un pécheur de l'après-midi: c'est une autre manière de faire le péché. Donc le vidouï concerne ce que j'étais à ce moment-là, en tant qu'individu du matin ou individu de l'après-midi. Ma sincérité dans le vidouï n'est pas la même si c'est un vidouï du matin ou un vidouï de l'après-midi. Donc je dois le refaire. Il y en a cinq qu'il faut refaire, en fait.

Le vidouï qui est en usage dans tout le peuple d'Israël, c'est aval anahnou hata'nou, « en vérité, nous avons péché …

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