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Le vidoui, la parole qui fait la techouva

Pourquoi la Torah exige l'aveu oral : la parole fixe la volonté, base de la techouva selon Maïmonide.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le bouc émissaire et l'aveu du Kohen Gadol, 49 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous continuons donc l'étude des Hilchot Techouva de Maïmonide, et nous sommes en pleine première halakha. Je relis le texte, et nous allons reprendre là où nous nous sommes arrêtés la dernière fois.

Kol hamitsvot asher baTorah, tous les commandements de la Torah, ben assé, ben lo taassé, qu'ils soient des commandements positifs ou des commandements négatifs.

Si un homme les a transgressés, soit volontairement, soit involontairement, lorsqu'il fera techouva et qu'il reviendra de sa faute. — Pourquoi est-ce que la climatisation ne marche pas ? Ça ne marche pas. Bon. Lorsqu'il reviendra.

Donc, quand il fera techouva et qu'il reviendra de son péché, hayav lehitvadot lifnei Hachem Baroukh Hou, il doit en faire l'aveu. En français, on a l'habitude de dire « confession ». Devant Dieu, béni soit-Il. Chéné'emar, ainsi qu'il est dit: Ish o isha ki yaassou mikol hataot haadam, un homme ou une femme qui aurait commis l'un des péchés de l'homme, vehitvadou et hataatam asher assou, ils devront avouer la faute qu'ils ont commise.

Zeh vidouï devarim, c'est l'aveu par la parole. Vidouï, c'est l'aveu, la confession. Mitsvat assé est un commandement positif. Donc il y a un devoir, lorsqu'on fait techouva, de faire le vidouï. Le problème est de savoir pourquoi c'est nécessaire. Pourquoi la Torah a-t-elle imposé le vidouï comme élément de la techouva ?

Est-ce qu'il ne suffirait pas de faire techouva sans faire le détail oral de ses péchés ? Ceci est ma question. Nous allons passer aux réponses, à moins que la question ne soit pas claire. Vous avez compris la question ? Vous avez compris la question ? Vous avez compris la question ? Ah, c'est très grave. Il faut reprendre.

La Torah nous a donné une mitsva qui est de faire le vidouï, c'est-à-dire de dire oralement ses péchés quand on fait techouva. Et le problème est de savoir: pourquoi ? À quoi cela est-il utile ? Ne suffirait-il pas de faire techouva dans son cœur, dans sa vie intérieure ? Pourquoi avoir besoin de la parole ? La parole est un acte extérieur. Voilà, c'est ça la question. Vous avez compris la question ?

Très bien. Qu'est-ce que tu veux dire ? Une réponse ? Bon, essaie.

— La parole, c'est la création.

Ah bon ? C'est-à-dire ? Explique-toi. La création du monde, tu veux dire ?

— Je veux dire que la parole est un acte créateur.

Créateur de quoi ? Qu'est-ce que la parole crée ? Elle crée plein de choses. Elle crée un engagement. Disons comme ça: je pense qu'on n'est pas loin de la réponse, je vais vous la révéler.

La parole est créatrice de volonté. Il y a un lien direct entre ce que je dis et ce que je veux.

— Oui ? C'est traduire la volonté ?

Tout à fait d'accord. La parole exprime ma volonté, et il peut donc y avoir également ce qu'on appelle un feedback, c'est-à-dire que la parole entraîne des volontés.

Précisons un peu. Quand je veux quelque chose, je veux simultanément plusieurs choses. Je veux aller à droite, mais je veux aussi aller à gauche. Ce que je veux n'est pas absolument clair. Une fois que c'est dit, c'est ça qui va trancher entre mes différentes volontés. Je veux un bonbon, mais je ne veux pas de bonbon. Qu'est-ce que je sais être ma véritable volonté ?

Eh bien, ce que je dis va entraîner un poids déterminant en faveur d'une de mes volontés. Parfois on dit ce qu'on ne veut pas, parfois on ment. Oui ? Bon, parce qu'on veut quelque chose d'autre. Mais au moment de ma volonté, pour être vraiment sûr de ce que je veux, c'est ma parole qui va mettre le cachet. Maintenant…

Pour bien comprendre pourquoi c'est important, une petite seconde: quelle est la partie de ma personne qui fait techouva ? L'intelligence, tu dis ?

— L'âme, la neshama, le cœur, le goût, la volonté.

Bon, je vais devoir trancher entre les différentes réponses qui ont été données. Je n'ai pas le choix. Étant donné que tu es devant moi, je vais adopter ton opinion. C'est la volonté qui fait techouva. La partie de mon être qui fait techouva, c'est ma volonté.

C'est-à-dire, qu'est-ce que faire techouva ? C'est passer de la volonté de faire le mal à la volonté de faire le bien. Jusqu'à présent, je voulais quelque chose de mal; je cesse de vouloir cette chose mauvaise, et je veux quelque chose de bien. Je veux le bien à la place du mal. Donc c'est la volonté qui est engagée. Et si c'est un acte de la volonté, il est important d'utiliser les ustensiles, les réceptacles de la volonté de l'homme. Le réceptacle central, c'est la parole. C'est pour cela que c'est le vidouï qui est important.

Ce qui donne un statut extrêmement élevé à la parole. Dans le judaïsme, la parole est l'expression de l'être le plus profond. Dans d'autres systèmes de pensée, on peut souvent se dire que la parole n'est finalement qu'un moyen de communication: je voudrais te transmettre une information sur ce que je pense, sur ce que je vis, sur ce que je voudrais, et alors je me sers de la parole. Mais la parole n'est pas la partie la plus importante, la plus fondamentale de l'être humain.

Or, dans le livre de Béréchit, lors de la création de l'homme, il est dit que l'homme a été habité d'une âme vivante. Dans la traduction araméenne d'Onkelos: Roua'h memalela, un esprit qui parle. C'est ça, l'homme.

Un peu d'histoire maintenant. Vous savez que dans l'histoire de la pensée, nous avons hérité des Grecs l'idée que le monde terrestre se divise en quatre formes d'existence. Quatre formes d'existence sur la Terre: le minéral, le végétal, l'animal et l'homme. En hébreu: domem, tsomé'ah, haï, medaber. Le problème, c'est comment désigner la quatrième.

Vous avez donc le minéral, le végétal et l'animal: une motte de terre, une salade et un chat. Tout cela fait partie des trois premiers niveaux. Et puis vous arrivez à l'homme. Comment le désigner ? L'option centrale dans la pensée grecque, c'est d'appeler l'homme ce qui est intelligent, capable donc d'intellection. En hébreu, cela se dit maskil. Dans la tradition philosophique juive du Moyen Âge, on appelait cela haï maskil, le vivant intelligent. C'est un héritage grec.

Mais très rapidement, les rabbins ont préféré employer une autre expression. Au lieu de maskil, on dit medaber, le vivant parlant. Et c'est très significatif. Quand on dit maskil, intelligent, cela veut dire que ce qui est préférable dans le monde, c'est l'abstrait. Le minéral est très matériel; le végétal et l'animal deviennent un peu plus vivants; et l'intelligence est capable d'abstraction. Donc on va du matériel vers le spirituel. Si vous voulez, la philosophie grecque est spiritualisante: elle cherche l'esprit.

Chez les juifs, il y a ce qu'on appelle le monothéisme. Le monothéisme cherche l'unité. On cherche donc l'unité du matériel et du spirituel, et c'est là qu'on va trouver l'essence de l'homme. Or, la partie de l'homme qui exprime cette unité entre le matériel et le spirituel, …

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