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Le vidouï, l'ordre des halakhot et la techouva

Pourquoi Maïmonide définit la techouva après l'avoir pratiquée, et ce que signifient les dix jours entre Roch Hachana et Kippour.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Maimonide, la techouva et la halakha de Kippour, 54 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Nous allons continuer notre étude de Hilchot Techouva du Rambam. Nous sommes arrivés au deuxième chapitre, si je me trompe, et nous en sommes à la halakha bet, c'est-à-dire chapitre 2, halakha 2. Hein ? Bet, bet. Est-ce que quelqu'un veut bien se porter volontaire pour lire le texte ?

Vas-y, puisque je n'ai pas de livre, je suis dans l'impossibilité d'être celui qui va lire. Ah, si, déjà, mais vous n'avez pas de livre, vous ? Qu'est-ce que nous allons devenir ? En l'absence de livre, le cours sera moins clair. Vous savez qu'un cours dans lequel on suit le livre est compris cinq fois mieux qu'un cours sans livre. Étant donné que le manque a été réparé, je vais donc me passer de vos aimables services et être celui qui lit le texte. Regardez comment commence la halakha bet. Dans le chapitre bet, chapitre Pérek Bet, halakha bet. Il me semble que vous êtes dans le premier chapitre et non pas dans le deuxième, or nous sommes dans le deuxième, ce qui pose un problème. Voilà. Et puisque vous y êtes arrivés, c'est très bien. Comment commence la deuxième halakha du deuxième chapitre ?

Qu'est-ce que c'est que la techouva ? C'est très bizarre. Regardez comment commence la halakha précédente, la halakha aleph: qu'est-ce que c'est qu'une techouva accomplie ? Ça, on a déjà vu. Et regardez au tout premier chapitre, à la halakha aleph, à la deuxième ligne, à la fin de la deuxième ligne: « Lorsqu'il fera techouva », bien sûr, vous me répondrez. Donc, le Rambam, qui était quelqu'un d'extrêmement logique et bien ordonné, semble ici être complètement illogique et désordonné.

Si moi je devais écrire des règles de la techouva, d'abord je donnerais une définition de la techouva, ensuite je dirais ce qu'est une techouva accomplie, et après je dirais que lorsqu'on fait techouva, il faut faire le vidouï. Or, le Rambam fait exactement le contraire. Il nous dit: lorsqu'on fait techouva, il faut faire le vidouï. Après la fin du chapitre, il nous dit: vous savez ce qu'est une techouva complète ? C'est comme ça et comme ça. Au fait, qu'est-ce que c'est que la techouva ? C'est ça et ça. D'accord ? Il y a ici un inversement de l'ordre nécessaire, n'est-ce pas ? Vous avez compris la question ? Hein ? Vous avez compris la question ? Tu viens d'arriver, donc tu n'as pas compris la question. C'est très grave. Est-ce que tu as compris la question ?

— Un peu.

D'accord. Donc je vais être extrêmement charitable et punir ceux qui ont compris en expliquant pour ceux qui n'ont pas compris. Je reprends. Le Rambam, dans la toute première halakha de notre texte, dit: lorsqu'on fait techouva, il faut faire le vidouï. Dans le deuxième chapitre, le Rambam nous dit: une techouva complète, c'est ça et ça. Dans la deuxième halakha du deuxième chapitre, il nous dit: qu'est-ce que c'est que la techouva ? C'est ça et ça. Il donne donc la définition de la techouva en troisième lieu. C'est exactement l'inverse de l'ordre qu'il faudrait. Il faudrait d'abord définir la techouva, ensuite dire ce qu'est une techouva achevée, et enfin nous dire que lorsqu'on fait techouva, il faut faire le vidouï. D'accord ? Le Rambam va exactement dans le sens inverse de la logique. Est-ce que c'est clair ? La question est bien claire maintenant ?

D'accord. Eh bien, la réponse est la suivante: il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre à l'aide d'une définition. Il faut d'abord expérimenter la chose, et alors on peut arriver à la définition. Par exemple, si j'essaie d'expliquer ce qu'est la grippe, si je donne la définition médicale qu'on apprend en médecine, il n'y a aucune chance que mon interlocuteur comprenne de quoi je parle.

Mais s'il a passé quelques jours au lit avec la fièvre, tout en sueur et frissonnant, et qu'ensuite je lui explique ce qu'est la grippe, il sait déjà ce que c'est. Il en a l'expérience. Il n'a pas la connaissance scientifique de la grippe, mais il sait déjà ce que ça signifie au niveau existentiel. Et c'est ça l'important. De même pour la techouva: si on n'a pas fait l'expérience de la techouva, la définition de la techouva ne sert à rien pour comprendre de quoi il s'agit. Vous avez compris ? C'est toujours comme ça pour les grandes choses. Les grandes choses ne peuvent pas être expliquées au point de départ.

Autre exemple, le Chabbat. Qu'est-ce que c'est que le Chabbat ? Le repos ? Est-ce qu'il y a un devoir de se reposer le Chabbat ? Si, par exemple, je me mets la tête en bas et les pieds en haut pendant tout le Chabbat, je suis extrêmement fatigué à la fin du Chabbat, pourtant je n'ai pas transgressé le Chabbat. Donc on ne peut pas dire que le Chabbat, c'est le repos. Qu'est-ce que c'est que le Chabbat ? Le jour du repos, mais un jour n'est pas différent

d'un autre jour. Le soleil se lève, il se couche. Donc cela ne définit pas le Chabbat. Ce ne sont pas des choses spirituelles. Et si j'ai passé mon temps, par exemple, à faire le service dans un café pendant tout le Chabbat, qu'un autre observe le Chabbat, à la fin du Chabbat je suis crevé. Je n'ai pas fait des choses spirituelles. J'ai simplement amené une bière à la table 4 et du houmous à la table 5. D'accord ?

— Vous dites n'importe quoi.

Je vais le dire. Le Chabbat, c'est le jour où on ne fait rien. C'est le jour où on n'a pas le droit de faire. Il est interdit de faire ceci, et de faire cela, et de faire ça. Il y a toute une série de choses qu'on n'a pas le droit de faire le Chabbat. Mais qu'est-ce que c'est que le Chabbat sur le plan positif ? Ça, la halakha ne le dit pas. Elle emploie des expressions extrêmement incompréhensibles, telles que « âme supplémentaire », neshama, etc., des tas de choses de ce genre. Mais en vérité, il n'y a pas de définition positive du Chabbat. Il n'y a qu'une définition négative.

En observant un Chabbat, tu auras compris, enfin tu commenceras à comprendre ce qu'est le Chabbat. Mais ce n'est pas explicable. Il en est de même, par exemple, pour la divinité. Dans ce qu'on appelle la science des attributs chez les philosophes, on ne peut pas dire qui est Dieu, on ne peut pas définir Dieu positivement, on peut seulement dire ce qu'il n'est pas. Plus on sait ce qu'il n'est pas, plus on sait ce qu'il est. D'accord ? C'est un peu la même chose pour la techouva. La techouva est quelque chose d'énorme. Il faut donc d'abord avoir l'expérience, et ensuite on peut peut-être arriver à un début de définition.

Oui. Alors, ça, c'est une question qui concerne la tefilah ou la philosophie. Étant donné que ce n'est pas le sujet de notre étude, nous allons laisser tomber ça pour l'instant, malgré l'importance de la question. D'accord …

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