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La connaissance de Dieu et la liberté humaine selon le Rambam

Pourquoi Dieu connaissant tout n'entre pas en contradiction avec la liberté de l'homme, selon le Rambam.

43 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le libre arbitre selon Maïmonide : les quatre preuves, 50 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Maintenant, si je dis « les concombres sont rouges », alors évidemment, il y a une contradiction. Si les concombres sont verts, ils ne sont pas rouges. S'ils sont rouges, ils ne sont pas verts, parce que le vert et le rouge, ce n'est pas la même chose. Mais si je dis « tous les concombres sont glups », est-ce que ça contredit le fait que les concombres sont verts ? Absolument pas, parce que je ne sais pas ce que veut dire le mot « glups ». Donc c'est peut-être contradictoire, peut-être que ça ne l'est pas. Maintenant, il faut donc voir si…

Dans deux phrases, il y a au moins un élément d'une phrase que je ne comprends pas. Je ne peux pas affirmer que les phrases sont contradictoires. Je ne peux pas affirmer l'inverse non plus. Alors, voyons par exemple la première phrase. La première phrase: « je suis libre ». Je comprends tout. Je sais ce que ça veut dire, je suis libre. Je comprends tous les mots. Maintenant, je dis: Dieu sait tout. Je ne sais pas ce que ça veut dire que Dieu sait. Parce que pour savoir

ce que ça veut dire, savoir, chez Dieu, il faut être Dieu lui-même. Parce que Dieu, c'est lui-même sa connaissance. Sa capacité de savoir, c'est lui-même. Donc, de même que je ne peux pas connaître son essence intime, je ne peux pas connaître son savoir. Donc je ne peux pas affirmer que la connaissance que Dieu a des choses entre en contradiction avec l'affirmation « je suis libre ». Comment ? Ça, c'est un autre problème. Mais ce que ça veut dire, je sais ce que ça veut dire. D'accord

? Ce que ça veut dire « je suis libre », je sais ce que ça veut dire.

Est-ce que c'est vrai ou faux ? C'est un autre problème. Le Rambam affirme que c'est vrai. N'est-ce pas ? C'est vrai que je suis libre. Mais est-ce que ça contredit le fait que Dieu sait tout ce que je choisis ? Je ne peux pas le dire, parce que je ne sais pas ce que ça veut dire: Dieu sait quelque chose. D'accord ? Donc la question ne se pose même pas. C'est ça que dit le Rambam. C'est-à-dire que j'emploie un terme dont je ne comprends pas le

sens, ou bien un terme inapproprié au sujet. Oui ? Ça, c'est le problème qu'on avait déjà étudié dans le cinquième chapitre, n'est-ce pas ? Dans le cinquième chapitre, comme tu te rappelles bien, le Rambam explique que le but de la vie de l'homme, c'est la connaissance de Dieu autant que cela est possible à l'homme. D'accord ? Autant que cela est possible à l'homme. Alors, ça introduit tout un débat: ça veut dire quoi, « cela est possible à l'homme » ? En tout cas, pour le Rambam,

il est évident que les attributs de Dieu sont lui-même. Donc, si les attributs de Dieu sont lui-même, il ne peut pas y avoir de contradictions. Essayons de lire maintenant tout cela dans le texte que vous allez voir.

L'abriout. Vézek v'arit baer b'chokhmata e lohut, ressoni lo mâ mâ sheachara teva. Cette chose a été éclaircie dans la sagesse, dans la science de la divinité, que l'on appelle la métaphysique. C'est dans le livre appelé Métaphysique, le livre d'Aristote.

Cheh Hachem Id Barach, Eno Yodea Bey Mada, Ve Lohay Bey Chayim. Que l'Éternel, béni soit-il, ne connaît pas par une connaissance et ne vit pas d'une vie. Ad Shiyehu Ve Hamada, Shnedvarim, Ke Adam Vidiato. De sorte que lui et sa science seraient deux choses, comme l'homme et sa science. Cheh Ha Adam, Bilti Ha Mada, Ve Hamada, Bilti Ha Adam. Parce que l'homme n'est pas la science, et la science n'est pas l'homme.

Et donc c'est pour ça que ce sont deux choses différentes. Or, si Dieu connaissait d'une science extérieure à lui, alors ça impliquerait la multiplicité, et donc les êtres éternels seraient nombreux: l'Éternel, béni soit-il, et la science par laquelle il connaît, et la vie dont il vit, et la puissance avec laquelle il peut, et de même tous ses attributs, béni soit-il.

Donc, l'argument qu'amène ici le Rambam, j'ai demandé quelle était la preuve: il dit, c'est simple. Si Dieu connaissait par quelque chose qui est extérieur à lui, il n'y aurait pas un seul Dieu, il y aurait une multiplicité d'êtres éternels. D'accord ? Ça, c'est la preuve simple. C'est ce que dit le Rambam. Il dit: je t'ai exposé ici, en premier lieu, un argument proche et facile à comprendre et à faire comprendre à la multitude.

Parce qu'en vérité, les arguments et les preuves qui résolvent ce doute sont très forts et très logiques. D'accord ? Mais il ne va pas les exposer ici; il les expose dans le Moré Nevouchim, le Guide des égarés. Qu'est-ce qu'il dit dans le Guide des égarés ? Vous voulez que je vous explique ce qu'il dit dans le Guide des égarés ? — Oui, oui, d'accord.

Dans le Guide des égarés, le Rambam dit que chez un homme, on peut parler de deux situations. Il y a la situation dans laquelle je suis connaissant en puissance. Mais il y a une situation dans laquelle je suis connaissant en actes. Par exemple, je dois savoir qu'il y a un arbre là-bas, mais je n'ai pas encore ouvert les yeux, et donc je ne sais pas qu'il y a un arbre là-bas. Et un jour, j'ouvrirai les yeux, et je saurai qu'il y a un arbre. Tant que

je n'ai pas ouvert les yeux, la connaissance se divise en trois. Il y a moi, le connaissant; il y a la science, c'est-à-dire ma capacité; et il y a la chose à connaître. Ce sont trois choses différentes. D'accord ? Il y a moi, le connaissant. Il y a la science que je vais utiliser pour connaître. Et la chose à connaître, c'est qu'il y a un arbre. Est-ce que là, vous avez compris ? Tant que je suis connaissant potentiel, en puissance…

Mais à partir du moment où j'ai ouvert les yeux, je suis connaissant en actes. Et la chose à connaître, c'est-à-dire l'existence de l'arbre, est identique avec moi-même et avec ma science. À partir de ce moment-là, celui qui sait, la sagesse qu'il utilise et la chose à connaître sont une seule et même chose. Jusque-là, vous suivez ? C'est ce qu'a dit le Rambam: que le premier argument était facile à expliquer à la multitude, mais que le deuxième est difficile.

Je reprends. Il y a ce qu'on appelle être connaissant en puissance et être connaissant en acte. Par exemple, si je dis: cet enfant-là a toutes les capacités pour devenir un jour ingénieur. Est-ce que ça veut dire qu'il est maintenant ingénieur ? Non, il est un ingénieur en puissance, pas un ingénieur en acte. D'accord ? La différence entre en puissance et en acte est bien claire ? Bon. Potentiel, et réalisation du potentiel. D'accord ?

Cours de Machon Meir

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