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Le Pharaon et la perte du libre arbitre

Maïmonide distingue la faute individuelle du décret collectif et montre comment Dieu empêche parfois la techouva.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Connaissance divine et liberté de l'homme chez Maimonide, 44 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Dans la merveilleuse édition que vous avez, si vous avez celle-là, c'est la page Rechmen. Nous vous parlons des différentes sources qui parlent du libre arbitre et qui semblent le contredire. Entre autres, nous avons vu la promesse faite à Abraham que les Égyptiens asserviraient les Hébreux. De même, nous avons vu la promesse faite à Moshe qu'après sa mort, le peuple pratiquerait l'idolâtrie.

Alors tout cela semble contredire le libre arbitre. La réponse du Rambam est qu'il n'en est rien. En fait, il y a une différence entre le clal et le prat, entre la collectivité et l'individu. Il y a des processus qui sont déterminés pour la collectivité, mais qui ne remettent pas en question la liberté de l'individu. Vous vous rappelez de tout ça ? Bon. Maintenant, nous avons un problème: il y a également des versets qui parlent de l'abolition de la liberté d'un individu. Par exemple, le Pharaon. Si le Pharaon a été puni de sorte qu'on lui a pris son libre arbitre, cela suppose qu'il en avait un, n'est-ce pas ? Cela veut déjà dire que la Torah considère que l'homme est libre. Puisqu'on a pu priver quelqu'un de sa liberté, c'est qu'en principe l'homme est doué de liberté. Mais il faut comprendre ce que veut dire cette histoire d'abolition du libre arbitre.

Du Pharaon. Oui. Total ? Partiel ? Je n'en sais rien. Tant que je n'ai pas étudié le texte, je ne peux pas savoir ce que dit le Rambam. Donc ce que je vais devoir faire, c'est étudier le texte. Comme ça, je saurai peut-être ce que dit le Rambam. Avalomro, quand il est dit: Véchizakti et lev Paro, je renforcerai le cœur du Pharaon. Vérakach anachou véhémito.

Et après, il l'a puni et mis à mort. Alors là, ça ne va pas. C'est-à-dire qu'à la limite, on pourrait comprendre peut-être que le Pharaon a perdu son libre arbitre, mais qu'il soit puni alors qu'il n'avait pas le choix de ne pas renvoyer les enfants d'Israël ? Yéj, Boum, Hakom, Lé Daber, il y a lieu d'en parler. Ve Ya'alem, Imen, Nou, Be'aden, Nou, Shorech, Gadol. Et de là, nous ferons ressortir un grand principe.

Contemple ce que j'écris à ce propos, prête-y ton cœur, prête-y ton attention, et compare cela avec les paroles d'autres que moi, et choisis ce qui est bon. Vous avez remarqué que c'est rare chez le Rambam, qui dit: ce que je dis est une bonne idée, mais il y a d'autres idées, choisis ce qui te plaît.

Pourquoi le Rambam fait-il ça ? Parce que pour lui, ce n'est pas une chose fondamentale. Il y a des choses où le Rambam te dira: là, tu ne peux pas faire autrement que de penser comme moi. Mais il y a des choses où, même si tu penses autrement que moi, on n'a pas remis en question les fondements de la émouna. D'accord ? Donc ce qu'il dit, c'est: j'ai une idée à propos du Pharaon, mais on peut en tirer une autre. D'accord ? Bon. Véo et Sli, c'est selon moi.

Je sais pas où vais-je bientôt que Pharaon et sa bande, sa clique. Si le seul péché qu'ils avaient était de ne pas avoir renvoyé les enfants d'Israël, la chose serait encore difficile. Parce que le Saint béni soit-Il les a empêchés de les renvoyer. Ainsi qu'il est dit: Moshé neh'émar, car J'ai endurci son cœur, le cœur de ses serviteurs. Comment pouvait-Il lui demander de les renvoyer, alors qu'Il l'empêchait de les renvoyer ?

Comment les a-t-Il punis après cela, lorsqu'ils ne les ont pas renvoyés ? Cela semble être une injustice, sans aucun doute, et cela contredit tout ce que nous avons présenté jusque-là. Mais ce n'est pas comme ça. La vérité est:

Ils ont persécuté les étrangers qui étaient parmi eux, et ils se sont comportés en totale injustice, comme il est dit expressément.

Il dit à son peuple: voici un peuple, les enfants d'Israël, les Gomers, etc. Allons ruser contre lui. Cette action était de leur part, de leur plein libre choix, sans que rien ne les y oblige, si ce n'est la méchanceté de leur cœur.

C'est-à-dire que l'esclavage a été imposé aux enfants d'Israël librement. Rien ne les obligeait à être méchants envers les enfants d'Israël. Vaya onesh shemidbarach lahem alzeh. Et la punition que Dieu leur a donnée pour cela, les mon'am meha techouva, c'est de les empêcher de faire techouva. Oui. Ça veut dire quelque chose, non ? Quoi ?

On peut avoir un esclave, non ? Dans une société où l'esclavage existe, avoir des esclaves est une chose normale. Le problème, c'est de réduire quelqu'un de libre en esclavage. Ça, c'est immoral. Pourquoi lui prendre sa liberté ? Pour moi, non, mais pour le Rambam, c'est librement que Pharaon et ses associés décidaient d'asservir les enfants d'Israël, alors qu'ils ne leur avaient rien fait.

Oui, mais ça, on a déjà réglé ce problème. Il y a une différence entre l'individu et la collectivité. Pourquoi ? Le Rambam a expliqué que l'asservissement des enfants d'Israël était décrété au niveau de la collectivité, mais que chaque Égyptien qui a asservi les enfants d'Israël l'a fait librement. Ce n'est pas un décret divin; c'est une prophétie. Dieu annonce à Abraham que ses enfants seront réduits en esclavage. Peu importe, mais cela ne concerne absolument pas l'individu. D'accord ? Te rappelles-tu ce que le Rambam avait enseigné à ce propos dans Avoda Zara ? La descendance sera esclave, oui ou non ?

— Non.

C'est-à-dire que tu te bases sur un problème qui a déjà été réglé dans un des derniers cours. Tu n'étais pas au cours la semaine dernière, je suppose ? Tu y étais ? Alors c'est encore plus grave, parce que nous en avons parlé au dernier cours. Tu n'étais pas d'accord, d'accord, mais tu sais donc ce que dit le Rambam. Tu peux ne pas être d'accord, mais il faut savoir que le Rambam pense autrement que toi. Le Rambam dit qu'au niveau de la collectivité, l'esclavage était prévisible, mais que chacun, individuellement, pouvait ne pas asservir les enfants d'Israël. Tu te rappelles de ça ?

D'accord. Donc de ce point de vue-là, il n'y a pas de problème, pour le Rambam. Tu peux dire que tu n'es pas d'accord avec le Rambam, mais en tout cas, c'est certain que c'est ce que dit le Rambam. Jusqu'ici, tu es d'accord avec moi ?

— J'ai pas compris.

Oui, et alors ? C'est souvent comme ça. Ce que toi tu fais, ce que moi je fais, nous avons tous des conséquences au niveau du clal. Par exemple, quand je vote, ma voix peut changer le destin du pays. Et si Abraham n'était pas parti ? Eh bien, il ne serait pas parti, il aurait changé tout le cours. Et alors ? Si moi je décide de passer à l'autre cours, le cours va être... Et alors ? Oui, et alors ? Je ne sais que répondre à des questions. Quelle est la question ? Ça serait utile.

Cours de Machon Meir

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